Serait-il encore possible de renégocier les conditions de son prêt immobilier ?

Depuis quelques mois, nous venons de constater encore une baisse des taux d’intérêt, une suppression de l’obligation de domicilier ses revenus chez le banquier et la possibilité de choisir son assurance de prêt. Tous les facteurs réunis vont permettre à l’emprunteur de gagner sur ses mensualités ou d’acheter un bien immobilier plus grand…

Les conditions proposées en ce moment sont retombées à des plus bas historiques comme nous l’avions connu en octobre 2016. Pour certains profils, il est possible d’obtenir 0,70% sur 20 ans voir 0,80% sur 25 ans.

Dans ces conditions, c’est le moment idéal pour renégocier à la baisse son crédit. Grâce à cette baisse, il sera possible soit de diminuer la mensualité soit de réduire la durée. Dans certains cas, les deux possibilités seront possibles.

Les personnes qui ont contracté un prêt avant 2016 n’ont pas eu l’occasion de le renégocier.

Dans cette configuration, la première démarche est bien évidement de solliciter l’établissement qui a financé le bien. La banque n’est pas obligée de renégocier le prêt.

Elle va certainement évaluer le « potentiel client » en fonction de ses propres critères, faire ou non une nouvelle proposition de taux.

Il faut tout de même être vigilant sur les nouvelles conditions et bien étudier l’ensemble des frais facturés. Ces frais doivent être clairement mentionnés sur la proposition de renégociation.

L’autre solution est de demander à une autre banque de sa propre initiative ou par l’intermédiaire d’un courtier en prêts. Dans cette alternative, les éléments a prendre en compte sont :

- Ne pas dépasser le premier tiers de la durée de vie du crédit.

- Disposer d’un capital restant du d’au moins 100 000 €.

- Constater un écart de taux de 0,70% voir 1 %.

Dans certains cas, compte tenu des frais et indemnités de remboursement anticipé demandées et les demandes de nouvelles garanties sur le bien, l’opération de rachat ne sera pas rentable.

Depuis le 27 mars 2019, grâce à la Loi PACTE, changer de banque pour le nouveau crédit est d’autant plus facile que l’obligation de domicilier ses revenus pendant une certaine période (pouvant aller jusqu’à 10 ans) a été supprimée.

Prochainement applicable, le décret n’a pas encore été publié mais il semblerait que cette mesure efface l’ordonnance en vigueur depuis le 1er janvier 2018.

Pour les personnes qui auraient signé de tels engagements au cours des quinze derniers mois, il ne serait pas possible de se « délier » de cette mesure . Il semblerait que la récente disposition ne soit pas rétroactive. Lorsque le décret sera publié, les choses seront plus claires .

Dernière source de gain : l’assurance de prêt. Là aussi, il existe des gains potentiels. Il est indispensable de bien examiner les conditions des garanties en cas décès et d’invalidité.

D’autre part , depuis l’amendement Bourquin (sénatrice du Doubs), il est possible de résilier chaque année l’assurance-emprunteur mais les banques tentent de bloquer les résiliations en invoquant que l’assuré n’a pas déclaré, soit à la bonne date, soit dans les bons délais, soit il fallait le faire à la date de signature de l’offre de prêt ou à la date de déblocage des fonds ou de signature de l’acte authentique de l’achat du bien .

Un projet de loi est en préparation pour mieux préciser les cas possibles de résiliation de l’assurance-emprunteur.

Compte tenu de tous ces éléments, êtes vous prêt pour un nouveau prêt ?