Près de 22 800 élèves ont retrouvé cette année les bancs des 54 collèges publics et privés de Côte-d’Or. À l’occasion de la rentrée, François Sauvadet, président du Conseil départemental, s’est rendu dans plusieurs collèges de Côte-d’Or, dont le collège Champollion à Dijon, victime d’un incendie criminel en décembre dernier. Budget, restauration scolaire, travaux, sécurité, environnement, démocratie participative : François Sauvadet fait le point sur les priorités de la collectivité.
Quel est le principal enjeu de cette rentrée 2026 pour le Département ?
Notre priorité reste très concrète : permettre à chaque collégien de Côte-d’Or d’étudier dans les meilleures conditions possibles, quel que soit son lieu de résidence. Cette année, près de 22 800 élèves ont fait leur rentrée dans les 54 collèges publics et privés du département.
Pour les accompagner, le Département consacre près de 45 millions d’euros cette année. Cela concerne l’entretien et la rénovation des bâtiments, la restauration scolaire, l’équipement et le mobilier, mais aussi les dépenses d’énergie. Nous assumons pleinement cette responsabilité parce que les conditions matérielles d’accueil participent directement à la réussite des élèves.
Cette politique repose aussi sur un dialogue permanent et un partenariat étroit avec les équipes des établissements et l’Éducation nationale. Les représentants de l’Éducation nationale soulignent d’ailleurs régulièrement la qualité du dialogue et l’écoute dont font preuve les équipes départementales.
La restauration scolaire constitue justement l’un des marqueurs forts de votre politique. Où en êtes-vous ?
Nous avons engagé depuis plus de dix ans un véritable changement de modèle. Près de deux millions de repas sont servis chaque année dans les collèges et nous voulons conjuguer qualité nutritionnelle, produits locaux et soutien à nos agriculteurs.
Le travail réalisé est aujourd’hui reconnu : dans son rapport de juin 2026, la Chambre régionale des comptes a salué la qualité, la cohérence et l’efficacité de la politique départementale de restauration scolaire.
En 2024, nous avions atteint pour la première fois les 50 % de produits durables et de qualité prévus par la loi EGAlim. La moyenne départementale est désormais de 56 %. Nous voulons maintenant aller plus loin, avec un objectif de 80 % de produits locaux et de qualité dans les prochaines années. Le Plan Alimentaire départemental, le pôle maraîcher de Perrigny et la légumerie départementale d’Auxonne doivent nous permettre de renforcer les circuits courts et les débouchés pour les producteurs côte-d’oriens. Il s’agit à la fois de mieux nourrir nos collégiens et de faire vivre nos filières locales.
Vous avez également engagé plusieurs actions pour faire face au changement climatique. Quel bilan en tirez-vous ?
Nous avons voulu transformer les cours de récréation pour les rendre plus végétales et mieux adaptées au changement climatique. Le Plan 1 000 Arbres est désormais achevé, avec plus de 1 300 arbres plantés dans les cours de 47 collèges et 12 000 m² de surfaces désimperméabilisées. L’enjeu est évidemment de créer davantage d’ombre et de fraîcheur, mais aussi de redonner une place à la nature dans les établissements et de sensibiliser les jeunes aux enjeux environnementaux.
Nous allons poursuivre cette adaptation avec le Plan Préaux, qui sera finalisé d’ici la prochaine rentrée. Les préaux sont devenus essentiels pour faire face aux épisodes de fortes chaleurs comme aux intempéries.
Nous travaillons également sur les consommations d’eau et d’énergie. Le dispositif de détection des fuites On’Connect a permis d’économiser 10 000 m³ d’eau par an. Par ailleurs, le Plan de rénovation et le retrait du fioul ont contribué à une baisse de 14 % des consommations d’énergie.
Nous engageons enfin une analyse objective des températures dans les établissements afin d’apporter, lorsque c’est nécessaire, des réponses bâtimentaires adaptées aux fortes chaleurs estivales.
La sécurité des collèges reste une préoccupation forte des familles. Quelles sont les nouvelles mesures ?
La sécurité est une condition indispensable à la sérénité des élèves et des personnels. Depuis dix ans, le Département a déjà consacré 1,4 million d’euros à la sécurisation des établissements : clôtures, contrôle des accès, alarmes anti-intrusion ou encore vidéoprotection.
Mais nous devons continuer à adapter nos dispositifs face à la montée des violences. Le groupe de travail conjoint entre le Département et l’Éducation nationale poursuit donc sa feuille de route. Dès 2026, nous allons généraliser les messages vocaux sur les alarmes anti-intrusion. Nous lançons également la démarche « Génération Sécurité civile – Côte-d’Or », avec des actions de sensibilisation, la mise en place de Cadets de la Sécurité civile et une formation aux gestes qui sauvent dans quatre collèges pilotes.
Les effectifs des collèges diminuent. Comment le Département se prépare-t-il à cette évolution ?
Nous constatons dès cette rentrée une baisse de 4,08 % des entrées en sixième. C’est une évolution démographique que nous devons regarder en face.
Rien n’est plus prévisible que la démographie. C’est pourquoi, avec l’Éducation nationale, nous avons lancé une étude d’impact à l’horizon 2035, menée par l’INSEE. Elle doit nous permettre d’anticiper les évolutions d’effectifs et d’adapter nos politiques publiques.
Mais je veux être très clair : je souhaite maintenir une offre éducative équilibrée sur l’ensemble de la Côte-d’Or. Aucun collège ne sera fermé tant que les conditions pédagogiques ne l’exigent pas.
Le Conseil départemental des jeunes va renouveler ses représentants. Quelle place accordez-vous à cette instance ?
Elle est essentielle parce qu’elle permet de donner la parole à nos jeunes. La nouvelle mandature sera élue le 9 octobre prochain et réunira 54 jeunes, chacun représentant son collège.
La précédente mandature avait commencé par une grande enquête auprès des collégiens, qui avait permis de faire émerger leurs préoccupations et leurs propositions. Les jeunes élus avaient ensuite défini 21 actions prioritaires, notamment autour de l’environnement, de la citoyenneté, de la culture, du sport ou encore du vivre-ensemble.
Plusieurs de ces actions continuent aujourd’hui à vivre. Je pense notamment au travail autour de l’information et des fake news ou encore aux initiatives de prévention des violences dans le sport. Encourager les jeunes à s’investir dans la vie de leur collège, c’est leur permettre de faire entendre leur voix, de construire des projets pour leurs camarades et de découvrir concrètement ce qu’est l’engagement citoyen. C’est une expérience démocratique très concrète que nous voulons continuer à encourager.
Collège Champollion : Huit mois pour renaître de ses cendres
Touché par un incendie criminel en décembre 2025, le collège Champollion de Dijon a rouvert à la rentrée dans sa confirmation normale, comme s’y était engagé François Sauvadet. Huit mois seulement auront été nécessaires pour remettre en état l’établissement et permettre aux élèves et aux personnels de reprendre possession de leurs locaux.
Dès janvier, le Département avait organisé la continuité de l’accueil grâce à des bâtiments modulaires et à la sécurisation des espaces qui n’avaient pas été directement touchés par le sinistre. Le Président Sauvadet avait alors pris l’engagement auprès des collégiens, de leurs familles et des personnels de l’établissement de rouvrir le collège en septembre 2026. Engagement tenu !
Les travaux ont été conduits à un rythme exceptionnel. D’un montant de 1,4 million d’euros, ils ont porté sur les murs et les cloisons, les installations électriques et les équipements techniques. Le Département en a également profité pour moderniser l’espace réservé aux personnels. La sécurité a fait l’objet d’une attention particulière avec le renforcement des clôtures, de l’éclairage, de la détection et des dispositifs de vidéoprotection.
Cette réouverture constitue ainsi un symbole de la capacité du Département à intervenir rapidement lorsqu’un établissement est confronté à une situation exceptionnelle. Malgré l’ampleur des dégâts et les contraintes du chantier, le collège a pu rester ouvert et assurer la continuité du service public d’éducation. Aujourd’hui, toutes les conditions sont réunies pour que la vie scolaire reprenne normalement dans ce collège.
© CD21/Ph.Bruchot






