On les croyait définitivement dispersés. Un projet de film en péril et un SOS désespéré auront suffi à réunir les héros de Dix pour cent pour un ultime tour de piste. Entre satire jubilatoire du cinéma français et hommage aux coulisses du septième art, le pari est-il réussi ?
On les avait quittés au bord du gouffre, les yeux humides et les carnets d’adresses en friche. La fermeture de l’agence ASK à la fin de la saison 4 laissait un goût d’inachevé dans le cœur de millions de spectateurs. Devenue un phénomène international, la création de Fanny Herrero ne pouvait pas s’éteindre sur une note d’amertume. Et si chacun a poursuivi sa route, les retrouvailles étaient visiblement trop tentantes.
Cette fois, pourtant, Andréa n’est plus simplement chargée de défendre les intérêts des autres. Elle s’apprête à réaliser son premier long-métrage. Un nouveau départ qui aurait pu être synonyme de liberté… si son acteur principal n’avait pas décidé de lui compliquer la tâche. À quelques jours du tournage, il claque la porte. Dos au mur, Andréa lance un appel au secours à ceux qui ont partagé ses plus beaux mensonges et ses pires galères, ses anciens collègues.
En un claquement de doigts, le film nous embarque dans des retrouvailles jouissives où l’on découvre ce que le temps a fait de nos héros. Mathias, toujours agent, sent le vent tourner face à une jeune garde qui pourrait bien lui faire de l’ombre. Noémie a quitté son statut d’assistante dépassée pour enfiler le costume de productrice. Gabriel, fidèle à lui-même, navigue entre ses idéaux artistiques et ses choix de carrière. Quant à Hervé et Arlette, ils insufflent cette touche d’ironie et de rébellion sans laquelle la magie n’opère pas.
Voir ces trajectoires aujourd’hui opposées se télescoper à nouveau sur un plateau de cinéma offre un plaisir pur de comédie. Les rivalités d’hier se muent en une solidarité collective. Pour que le film d’Andréa existe, chacun va devoir faire ce qu’il fait de mieux, c’est-à-dire improviser au milieu du chaos.
Comme si on ne s’était jamais quittés
Camille Cottin, Thibault de Montalembert, Nicolas Maury, Laure Calamy, Grégory Montel… une équipe à la complicité évidente, portée par un concept irrésistible, des acteurs célèbres jouant leur propre rôle, tour à tour charmants, capricieux et humains. Aux côtés de Laetitia Casta, Vincent Macaigne et Laurent Lafitte, le film accueille deux guests de dimension hollywoodienne : Eva Longoria et George Clooney.
Si réunir une distribution aussi dense dans un format de deux heures relevait du casse-tête logistique et narratif, le film transforme ce défi en un tour de force. Car il évite le piège du simple catalogue de souvenirs. En réunissant la bande autour d’un défi concret, le scénario retrouve ce sens du dialogue cinglant et cette tendresse vacharde qui faisaient le sel des premières saisons. Dix pour cent tire sa révérence sur une note joyeuse, preuve que même éparpillée, la troupe n’a rien perdu de son sens de l’urgence ni de son génie de l’improvisation.
Jeanne Pierre
Dix pour cent, le film
Disponible sur Netflix
© Netflix





