Skima : Mine de rien, quel talent !

On ne s’attend pas forcément à tomber sur ça dans un centre commercial. Mais Skima est de ces artistes qui déplacent le regard et l’exposition qu’il installe ce mois-ci à la Toison d’Or mérite qu’on s’y arrête.

Il aurait pu faire autre chose. Il a préféré ça. Non pas comme une reconversion, mais comme un aveu. Celui d’un homme qui savait depuis longtemps où était sa place. Il y a quelque chose d’un peu vertigineux dans les dessins de cet artiste. On s’approche, on cherche le coup de crayon, on ne le trouve pas. Ou plutôt, on finit par le trouver, infime, multiplié des milliers de fois et c’est là qu’on comprend que rien n’est dû au hasard. L’hyperréalisme, c’est sa signature. La pierre noire, le crayon et une maîtrise des contrastes. Rien d’autre.

Pas de peinture, pas de numérique, pas de raccourci. Juste ce geste millénaire que Picasso, Delacroix ou Degas avaient en commun et que lui a fait sien, jusqu’au bout des doigts. Il faut parfois se pencher très près pour comprendre. Puis reculer. Douter. Et finalement accepter. Non, ce n’est pas une photographie. Avec Skima, le regard se fait piéger.

Animaux capturés dans toute leur puissance, regards habités, carrosseries aux lignes impeccables ou encore clins d’œil à la Bourgogne… mais ce qu’il cherche, au-delà du réalisme, c’est l’exacte quantité d’émotion nécessaire pour qu’une image devienne inoubliable. Tout cela se retrouve réuni dans une exposition ouverte à tous pendant un mois, au centre commercial la Toison d’Or. Du 2 au 30 avril, cet univers monochrome prend ses quartiers sur 70 m² avec quarante œuvres dont quinze originales. C’est bluffant, c’est gratuit, et c’est surtout une excellente occasion de se rappeler que le talent n’a parfois besoin que d’un simple crayon pour nous couper le souffle.

Jeanne Pierre

 

Exposition du 2 au 30 avril

Centre commercial la Toison d’Or