Des moteurs qui rugissent, des rivalités qui s’écrivent à 300 km/h et Hollywood qui s’invite dans les paddocks. Avec F1 Le Film, le cinéma retrouve le goût du bitume et signe un blockbuster taillé pour les amoureux de belles mécaniques…
Depuis quelques années, la Formule 1 ne se résume plus à un sport réservé aux initiés. L’arrivée de la série Formula 1 : Pilotes de leur destin sur Netflix a changé la donne. En ouvrant les portes des écuries, en mettant en scène les tensions, les egos, les alliances et les chutes, elle a offert au championnat une dimension presque romanesque. Le glamour, l’adrénaline, les héros… tout était déjà là. Il ne manquait plus qu’un film capable de transformer cet univers en fresque populaire, accessible à tous.
Années 90. Sonny Hayes (Brad Pitt) est le prodige de la Formule 1, « le plus grand que le monde n’ait jamais vu ». Jusqu’à ce Grand Prix d’Espagne qui brise tout net une carrière prometteuse. Trente ans plus tard, Sonny erre de circuit en circuit, pilote indépendant sans attache, survivant plutôt que vivant. C’est alors que Ruben Cervantes (Javier Bardem), son ancien coéquipier devenu patron de l’écurie APX GP – au bord du gouffre, zéro point en trois saisons – le convainc de rechausser le casque une dernière fois. Mission : sauver l’équipe, coacher le jeune Joshua Pearce (Damson Idris), diamant brut au talent fou mais à l’ego volcanique… et peut-être, enfin, se réconcilier avec lui-même.
Une immersion à pleine vitesse
Même réalisateur, même goût pour l’immersion, même obsession du mouvement et du danger… Impossible de ne pas penser à Top Gun : Maverick tant la mécanique est similaire ! Un vétéran chevronné face à une jeune garde pressée de reléguer les légendes au rang de souvenirs. Deux générations qui se frottent, s’affrontent et finissent par se comprendre. Un classique ? Oui. Mais un classique qui fonctionne. Et pour cause, le film tient toutes ses promesses. L’adrénaline des courses, la chaleur des relations humaines et ce vertige particulier que procure la rédemption d’un homme qui n’avait plus rien à perdre… et qui repart tout gagner.
Durant 2h30 – soit approximativement la durée d’un Grand Prix –, l’histoire épouse cette tentation du dépassement absolu. Sonny Hayes roule comme on répond à un appel du vide, incapable de résister à ce que la vitesse exige de lui. Grâce aux caméras embarquées, on se glisse dans le baquet comme si on observait la piste à travers la visière des pilotes. Le film transmet une fièvre contagieuse, nourrie par le choix du réalisateur Joseph Kosinski de filmer la Formule 1 au plus près de sa vérité.
Parmi les prétendants à surveiller lors de la cérémonie des Oscars le 15 mars prochain, F1 Le Film fait office d’outsider redoutable. Décidément, Brad Pitt n’a pas fini de viser la pole position. Alors, comme dirait Julien Fébreau, célèbre commentateur : montez le volume… et rendez-vous au premier virage !
Jeanne Pierre
F1 Le Film, disponible sur Canal+ et Apple TV+
Photo : © Apple Inc.





