Jacques Delaine : « L’excellence en permanence »

Jacques Delaine. Directeur régional d'Eiffage Construction Est. Voilà un homme qui n'est pas arrivé à son poste d'un coup de baguette magique. Mais plutôt grâce à une carrière menée tambour battant, les mains dans le charbon -ou plutôt le ciment- et l'intelligence aux aguets. Une carrière commencée en 1989 comme ingénieur d'études à Dijon, à la SN Ravetto. Son premier grand chantier avec Eiffage, ses premiers émois avec la profession, il les vivra avec la Toison d'Or où il est chargé du dossier technique et du développement du parc récréatif.

Après un tiers de siècle de bons et pugnaces services au sein d'un des leaders européens du BTP, ce boulimique de 57 ans, fonceur infatigable à la voix grave et au geste décidé, se plaît à décrire patiemment son cheminement. En 1992, à une époque où les grues se font rares dans le paysage dijonnais, il se fait remarquer pour la qualité du pilotage d'une petite agence, Côte-d'Or Travaux Services. En 2003, on lui demande de reprendre une filiale achetée par le groupe en Franche-Comté. L'entreprise Saintot, qui a compté jusqu'à 1 500 salariés, est en grande difficulté. Il ne faut que quelques mois pour qu'elle se redresse et devienne Eiffage Franche-Comté. Jacques Delaine apporte la preuve qu'il sait conjuguer talent et efficacité. Il y restera 7 années au bout desquelles le Groupe lui demande de diriger Eiffage Construction Bourgogne, peu de temps avant la fusion avec la Franche-Comté. Ambition, excellence, volonté sont des vertus qu'il développe avec la ténacité et la ferveur que partageaient autrefois les compagnons qui ont construit les cathédrales...

Double casquette

La partie Est de la France semble s'assoupir. Qu'à cela ne tienne : on y envoie Jacques Delaine réveiller les équipes et les esprits. Installé à Nancy, il dirige Eiffage Construction Grand Est. Et là, il commence à changer de métier et porter une double casquette : patron de la construction mais aussi de l'immobilier. Les problématiques sont différentes, s'opposent même parfois. Il traite de grands projets comme l'université et le Centre des congrès de Metz, un centre commercial à la frontière franco-allemande, la plus grande clinique à l'époque de France à Reims... On est en 2014. L'année où la municipalité de Dijon retient Eiffage, pour concevoir, réaliser et financer la Cité internationale de la Gastronomie et du Vin.

La Cité ! Jacques Delaine est capable d'en parler des heures. Avec son sens aigu de la formule, il s'énerve, dénonce, s'enflamme... pour finalement se positionner en arbitre et en conciliateur. Et en éternel optimiste, c'est même avec le sourire qu'il évoque ce dossier pour le moins compliqué qui a avancé, reculé... avancé, reculé... face aux recours et à la pandémie. L'enchaînement des problèmes l'amène à revenir s'installer sur Dijon. Histoire de rassurer tous les acteurs du projets, notamment les investisseurs qui ont fait preuve d'une grande patience et qui ont toujours maintenu leur confiance. Il est vrai qu'Eiffage a toujours été au rendez-vous des grands équipements. Au rendez-vous pour accompagner Dijon et la Métropole dans leur développement. Eiffage, c'est la Toison d'Or, l'hôtel de La Cloche, les facultés, la gare, le Palais des Sports, le Centre des Congrès, l'Auditorium, le CHU, le tramway...

« Deux choses essentielles ont permis de mener à bien ce chantier de la Cité internationale de la Gastronomie et du Vin » remarque Jacques Delaine. « D'abord, cette opération complexe a été portée par une entreprise qui s'auto-finance. C'est parce que nous sommes constructeur-promoteur-aménageur que nous avons pu faire instantanément les arbitrages qui s'imposaient. Ensuite, il est essentiel de mettre en exergue la relation de confiance, d'honnêteté et de transparence que nous avons eue avec François Rebsamen qui a pris toute sa part dans le bon déroulement de ce dossier. Nous avons fonctionné à livre ouvert ! La Cité, c'est un projet 100 % privé mais tellement public... »

Et puis pour Jacques Delaine, c'est aussi une immense satisfaction personnelle. Il aura eu cette chance d'avoir été le constructeur et le promoteur de tout un quartier dans sa ville qui l'a vu naître en 1965, à la maternité située à l'époque aux allées du Parc. La Cité, c'est un beau cadeau de la vie et aussi une récompense du métier qu'il a choisi.

Jean-Louis Pierre