Protéger son épargne en période d’inflation

Ces derniers mois, les prix du pétrole, des matières premières, des denrées alimentaires ont bondi. Les événements en Ukraine accentuent cette tendance. Les Banques centrales ont pour le moment adopté un statu quo concernant le relèvement des taux d’intérêt et envisagent des remontées de taux très progressives et limitées.

Cette situation n’est pas vraiment une bonne nouvelle pour les épargnants. Il semble toutefois possible de se protéger contre l’inflation ou de mettre l’accent sur des placements capables de surfer sur cette vague.

Le premier placement auquel on pense est l’immobilier locatif. Pour ceux qui disposent de biens loués, le bail signé entre les locataires et les propriétaires inclut une indexation des loyers selon un indice de référence.

L’autre atout de ce placement est de pouvoir l’acheter à crédit. Dans la majorité des cas l’emprunt est à taux fixe. Les loyers évoluent avec l’inflation. Les mensualités de prêt restent les mêmes. Il faut bien être conscient que les conditions d’octroi de prêt sont devenues très strictes.

Pour profiter de ce contexte, une stratégie peut être d’investir dans un logement neuf répondant aux normes environnementales actuelles et de profiter d’une réduction d’impôts dans le cadre de la Loi PINEL.

L’alternative est d’investir dans des parts de SCPI PINEL. La valeur de la part est de l’ordre de 3 000 à 5 000 € . En fonction de ses capacités d’épargne et de remboursement, il est donc possible d’acquérir 3 voire 5, 10 parts ou plus .

La rentabilité est sensiblement la même que pour un bien acquis en direct.

Depuis quelques années, les supports financiers assimilés à des SICAV ont vu le jour. La valeur de la part est de l’ordre de 100 €. Il est possible d’en acquérir dans le cadre d’un contrat d’Assurance Vie.

Le grand avantage est la liquidité (on peut récupérer ses fonds à n’importe quel moment) et la diversification.

Les investissements de ces supports sont en effet très diversifiés : dans des immeubles de bureaux, des plateformes logistiques, des cliniques, des immeubles de bureaux transformés en résidences principales de locataires individuels….

L’immobilier n’est pas le seul moyen de se prémunir face à l’inflation. Les obligations indexées sur l’inflation sont un excellent outil pour surfer sur la hausse des prix afin de capter du rendement. En clair, le rendement prévu à l’échéance est protégé de l’inflation.

La seule contrainte est que ces supports sont orientés vers le moyen terme (entre 3 et 5 ans) Reste à savoir si l’inflation sera conjoncturelle ou structurelle ?

Dernière possibilité : les actions.

Les sociétés cotées qui tirent le mieux leur épingle du jeu dans une conjoncture inflationniste sont celles qui peuvent répercuter la hausse des coûts de fabrication sur leurs prix de vente. Elle conservent leurs marges, les résultats financiers ne sont pas impactés.

En priorité, on pense aux secteur du luxe et certaines sociétés de technologie américaines. Un point à observer avec une extrême vigilance : l’endettement de ces entreprises. Il ne faut pas que la dette soit en grande majorité à taux variable et sur des durées longues. Les charges de la dette augmentées peuvent amputer considérablement la rentabilité de la société, en conséquence sa valeur boursière.

Dans ce contexte inflationniste et géopolitique très incertain la prudence est certainement le maître mot. Il faut rester très diversifié dans ses investissements et positionné sur les secteurs susceptibles de sortir vainqueurs de ces crises comme l’immobilier, les énergies renouvelables ou la santé.