Annie Virot : « Être utile à la société »

De son arrivée au conseil d’administration à sa présidence du district Bourgogne-Champagne, Annie Virot retrace un engagement de longue date au sein du Crédit Mutuel. À l’heure de passer le flambeau, elle revient sur les moments clés de son mandat, les projets emblématiques portés par le réseau et sa conviction profonde d’une banque fondée sur la solidarité et l’utilité sociale.

Dans quel état d’esprit êtes-vous à la veille de transmettre la présidence du district du Crédit Mutuel Bourgogne-Champagne ?

« Sereine. Totalement sereine car j’ai préparé ma succession. Que ce soit au niveau de ma caisse locale, Dijon Darcy, et au niveau de la présidence du district Bourgogne-Champagne ».

On peut connaître le nom de vos successeurs ?

« Sous réserve bien sûr de leur élection, ce devrait être Pierre-Yves Thivent pour la présidence de la caisse Dijon Darcy, et Sylvie Monot pour la présidence du district Bourgogne-Champagne. C’est ma vice-présidente déléguée. Elle est appelée à me succéder dès le 23 mai dans la mesure où tous mes mandats s’arrêteront après l’assemblée générale de ma caisse locale. Elle fera fonction de présidente de district jusqu’aux élections du mois d’octobre où elle sera candidate. En attendant, elle assurera donc l’intérim ».

Quels auront été les moments forts de votre présidence qui a débuté en 2019 ?

« Le premier moment fort, celui que j’ai peut-être le plus intensément vécu, est survenu tout juste après mon élection. C’est à ce moment que nous avons lancé un plan stratégique. La présentation a été faite au Zénith, à Dijon. On peut dire que j’ai été tout de suite dans le bain… ».

Votre implication au sein du Crédit Mutuel n’est pas récente. Elle a commencé en 2001…

« C’est vrai. C’est Jean-Charles Tuan, alors directeur de la caisse Dijon Darcy, qui m’a proposé de me porter candidate au conseil d’administration. Je lui ai rétorqué que je ne connaissais rien à la banque mais il m’a expliqué que notre rôle n’était pas de devenir des techniciens mais de représenter les sociétaires. Par contre, après avoir été élue, j’ai bénéficié d’une formation proposée par le Crédit Mutuel d’une excellente qualité. C’est ainsi que j’ai obtenu le diplôme universitaire d’administrateur bancaire mutualiste, en partenariat avec l’université de Strasbourg. Cela a été pour moi une formidable montée en compétences ».

Une formalité pour une ancienne professeur de mathématiques ?

« Pas du tout. Ce diplôme m’a demandé beaucoup d’investissement, beaucoup de travail ».

Finalement, peut-on dire que le Crédit Mutuel aura été la banque de votre vie ?

« Pas complètement parce qu’au départ j’étais multibancarisée. Et c’est à l’occasion d’un moment de vie difficile, comme on peut quelquefois en traverser, que j’ai fait la différence. J’ai vu que le Crédit Mutuel, non seulement accompagne les projets quand tout va bien, mais sait être présent aussi dans les moments plus compliqués. C’est là que j’ai découvert que cette banque était authentiquement mutualiste. C’est aussi pour cela que j’ai répondu favorablement à Jean-Charles Tuan. J’ai vu là une façon de remercier, de rendre à ma façon, ce que la banque avait fait pour moi. Une manière de la remercier pour le soutien qu’elle avait su m’apporter.

Vous me permettrez d’insister sur ce terme « authentiquement mutualiste ». Il y a beaucoup d’entreprises qui surfent sur cette notion. On va dire pudiquement sur ce créneau. Derrière la communication, il n’y a pas forcément ces valeurs que je constate au jour le jour au sein du Crédit Mutuel. Chez nous, ce n’est pas de la com… C’est vraiment réel ».

Qu’est-ce qui distingue tout particulièrement le Crédit Mutuel des autres établissements bancaires ?

« J’ai déjà, en partie, répondu à cette question. Je mettrais volontiers en avant le dividende sociétal. Avec le dividende sociétal, nous sommes les premiers et, aujourd’hui encore, les seuls à consacrer de manière pérenne 15 % de notre résultat net chaque année au partage de la valeur. La volonté du Crédit Mutuel, c’est d’être utile à la société ».

Combien le district Bourgogne – Champagne compte-t-il de caisses locales, de collaborateurs et d’élus engagés au service des sociétaires et des clients du territoire ?

« Il y a 49 caisses locales et 84 points de vente répartis sur 6 départements. Le district compte 609 salariés et 613 élus ».

Parlons aussi sociétaires et chiffres d’affaires. Les résultats sont-ils de nature à vous satisfaire ?

« Les résultats sont bons. Ils ont bien progressé en 2025 par rapport à 2024. Franck Provost, le nouveau directeur régional les a présentés dans le détail lors de l’assemblée plénière le 5 mars. Je peux ajouter qu’il y a une belle dynamique qui me rend particulièrement optimiste ».

Au-delà de son activité bancaire, le district se distingue par son engagement sociétal et territorial. Soutien au tissu associatif, accompagnement des initiatives locales, financement de projets solidaires ou environnementaux. Si vous deviez illustrer cette démarche par quelques exemples…

« Je vais évoquer le pacte de performances qui nous permet d’être aux côtés de sportifs prometteurs. Nous avons signé, par exemple, une convention avec Camille Moutard qui est une spécialiste de la marche athlétique. En 2024, elle a terminé 5e des 20 km aux championnats d’Europe, à Rome, et 25e aux Jeux Olympiques sur la même distance.

Un autre exemple avec l’association Coup de Pouce, créée en 2001 et qui a pour but d’aider les enfants atteints d’un cancer en Bourgogne. Cette association cherche à améliorer les conditions de vie des enfants malades à l’hôpital et à domicile, d’apporter un soutien moral, matériel et financier aux familles d’enfants malades, de représenter les familles face aux différents organismes, mais aussi d’aider la recherche médicale. Toutes nos caisses locales, sans exception, ont répondu favorablement, avec enthousiasme, à ce souhait de donner un coup de pouce… à Coup de Pouce dont l’utilité n’est plus à démontrer.

Nous soutenons également la musique et, plus généralement, tout ce qui fait vivre le territoire ».

S’il fallait retenir un moment particulier de ces années de présidence, quel serait-il ?

« Incontestablement la décision que nous avons prise de supprimer le questionnaire de santé pour nos clients fidèles. On peut même parler de moments émouvants car j’ai eu des témoignages particulièrement forts. Je pense à celui de cette femme qui avait été traitée pour un cancer du sein et qui était en rémission. Elle m’a affirmé à quel point, dans sa demande de prêt bancaire, c’était un soulagement de voir qu’elle n’était pas stigmatisée par sa maladie qui datait de plusieurs années.

Et notre grande fierté, c’est que cette initiative a été reprise par le gouvernement qui a fait voter la loi allant dans le même sens de la décision que nous avions prise. Pour nous, cette étape a été, vous l’imaginez, très importante. Aujourd’hui, nous le faisons pour les professionnels qui ne manquent pas de nous manifester, eux aussi, leur reconnaissance.

J’ajouterai aussi le vote pour devenir entreprise à mission et pour le dividende sociétal grâce auquel nous investissons chaque année 15 % de notre résultat net dans des projets à impacts positifs. Nous mettons notre performance financière au service de l’utilité collective, en allant au bout de l’entreprise à mission ».

Propos recueillis par Jean-Louis Pierre