Elle est tombée dans le logement social alors qu’elle effectuait ses études à Sciences-Po Grenoble. Et ce, par le biais d’un mémoire portant sur le relogement des immigrés au centre-ville de la capitale de l’Isère. Et Catherine Dersel-Alazard est devenue depuis l’une des pierres essentielles du plus grand bailleur du département, Orvitis, dont elle est la directrice générale adjointe.
Une femme de l’ombre qui mérite véritablement la lumière tellement, depuis 37 ans dans cette structure, elle a accompagné et initié nombre d’évolutions, voire de révolutions. Au premier rang desquelles la décentralisation, avec la création des agences sur le territoire, et l’avènement d’un véritable esprit d’entreprise tout en conservant un statut d’établissement public.
Ayant débuté à la gestion locative à seulement 24 ans, un poste où elle s’est familiarisée avec la réglementation on ne peut plus complexe du logement social, elle a multiplié les expériences avant de devenir co-pilote aux côtés du directeur général Christophe Bérion, avec qui elle travaille dans une belle complémentarité. Un duo qui n’a de cesse d’innover et de faire aboutir des projets qui font référence à l’échelle nationale. A l’image, par exemple, du label Sérénitis by Orvitis, qui a révolutionné les résidences adaptées aux personnes de plus de 65 ans : « Pour finaliser ce dossier, dans un univers hyper-réglementé, nous avons dû bouleverser la donne. Il a fallu parfois pousser un peu les murs », souligne-t-elle avec un sens aiguisé de la formule.
« Extrêmement attachée à cette maison et au travail en équipes », elle se félicite du dynamisme d’Orvitis indispensable pour réussir toutes les transitions attendues : les réponses adaptées aux nouveaux besoins de la société, à l’instar du vieillissement de la population, la diversification des activités, le tournant environnemental…
Avec une véritable « mentalité de généraliste », elle n’apprécie rien de moins qu’œuvrer sur un métier transversal : « Le bailleur social intervient sur la politique de la Ville, l’architecture, le bâti mais il se doit aussi de répondre à des enjeux écologiques, sociétaux… » « Nous allons bien au-delà de notre rôle d’aménageur du territoire avec notre soutien aux collectivités locales. Nous sommes également un acteur économique très important à l’échelle de la Côte-d’Or, nous sommes un partenaire majeur des entreprises… », détaille Catherine Dersel-Alazard, non sans glisser : « Il nous faut sans cesse innover, bouger ! »
Elaborant actuellement la deuxième Convention d’utilité sociale (elle a aussi rédigé la première), le document référence contractualisant avec l’Etat et les collectivités locales les grandes orientations du bailleur, elle écrit encore à la fois le présent et l’avenir d’Orvitis. Un organisme où le rapport en matière de personnel entre les femmes et les hommes est de 50/50. Une belle parité, que l’on retrouve notamment dans les cadres, dont, vous vous en doutez, elle se félicite.
Arrivée en 1984 à Dijon, Catherine Dersel-Alazard est originaire de Saint-Benoît-sur-Loire dans le Loiret. Aujourd’hui, nous pouvons sans conteste préciser qu’elle est aussi côte-d’orienne. Un département qu’elle n’a de cesse de façonner de la plus belle des façons…
Camille Gablo





