Nicolas Marin : « Les espaces naturels doivent être sanctuarisés »

Nicolas Marin est Adjoint au Maire en charge de la Transition écologique et des affaires générales depuis Mai 2020. Membre de la République en Marche, ce quadragénaire entend développer et incarner une nouvelle vision de l’écologie positive à Talant. Les défis à réaliser sont nombreux. Entretien...

Dijon l’Hebdo : La qualité de l’environnement s’impose comme un idéal à poursuivre dans les villes et les intercommunalités. Quels sont les défis que la ville de Talant entend relever dans ce domaine ?

Nicolas Marin : « La ville de Talant est à la fois urbaine et très verte avec de nombreux espaces naturels. Ces espaces se doivent d’être sanctuarisés. Ils seront des atouts face au réchauffement climatique en créant notamment des îlots de fraîcheur. La gestion de l’eau, la rénovation énergétique seront pris en compte lors des rénovations des espaces verts ou des bâtiments municipaux ».

 

DLH : La campagne des élections municipales est encore récente. Quels sont les principaux souhaits touchant à l'environnement qui vous ont été remontés par la population ?

N. M : « Il y en a plusieurs. D’abord, les Talantais sont globalement très fiers des différents labels, comme « commune nature », « villes et villages fleuris », « APIcité » obtenus par la ville et nous encouragent à continuer cette démarche de valorisation. Si les espaces verts sont globalement bien entretenus à Talant, des dépôts sauvages d’ordures ménagères ou d’encombrants nous sont parfois signalés. Nous devons être plus réactifs dans l’enlèvement de ces encombrants.

Ensuite, concernant les mobilités douces, il y a une forte attente pour le développement du réseau cyclable de Talant. Il faudra également, en concertation avec les acteurs, repenser les fréquences et les dessertes du réseau de transport collectif. 

Enfin, en terme de stationnement, nous devons traiter la problématique des voitures ventouses qui polluent et diminuent l’offre des places de parking devant les commerces et dans les quartiers résidentiels ». 

 

DLH : Talant a intégré de larges espaces naturels dans l’enveloppe urbaine. Comment entendez-vous poursuivre la valorisation et la préservation de ce capital ?

N. M : « C’est un en effet un équilibre sensible. Les espaces naturels sont et seront protégés. Des aménagements pour retenir les eaux de pluie et ainsi permettre leurs infiltrations plutôt que leurs ruissellements seront réalisés.

Nous avons également un programme ambitieux de plantation de 1 000 arbres sur l’ensemble de la commune. Nous souhaitons travailler avec des associations tels que la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO), dont le siège régional se trouve d’ailleurs à Talant, afin de favoriser la biodiversité ».

 

DLH : Talant ne dispose quasiment plus de réserves foncières. Aussi peut-on imaginer que les espaces situés au-delà de la LINO puissent être amenés à recevoir un développement urbain ?

N. M : « Le PLUI-HD prévoit la construction de 290 logements d’ici 2030. L’espace situé au delà de la Lino est soit en zone agricole, soit en zone naturel et forestière et il n’est pour le moment pas prévu de les reclasser. Les solutions de développement semblent s’articuler dans les espaces déjà urbanisés ou dans le cadre de rénovations urbaines, je pense, par exemple, à l’ancien foyer Grandjean dans le quartier du Belvédère. En ce qui concerne l’urbanisme, en accord avec Fabian Ruinet, maire de Talant, nous serons cependant extrêmement vigilants afin d’éviter les phénomènes de bétonisation ».

 

DLH : Le territoire de la métropole dijonnaise a été façonné par une longue et prestigieuse histoire viticole, en partie héritée des ducs de Bourgogne. Talant porte un peu cet héritage ?

N. M : « Même beaucoup ! Talant est très fière de cet héritage ! La commune a renoué avec son histoire viticole puisqu’une parcelle a été planté en Chardonnay dès 1993. La ville produit même un Bourgogne blanc AOC « Coteau de la Fontaine-aux-Fées ». Fort de ce succès, de nouvelles parcelles ont été plantées, vendangées et d’ici quelques mois il sera même possible de déguster les premières bouteilles de crémant. Une belle réussite que nous avons à coeur de préserver ».

 

DLH : Envisagez-vous de replanter de la vigne dans les années qui viennent ? 

N. M : « La réflexion est ouverte. Une attention particulière est systématiquement portée lorsque des terrains sont vendusLa ville et la Société d’Aménagement Foncier et d’Etablissement Rural (Safer) étudieront toutes les opportunités dans le futur. Une extension raisonnée de l’espace viticole reste tout à fait possible ».

 

DLH : Où en est le projet de centrale solaire photovoltaïque sur une surface de 13 hectares, le long de la route de Troyes ?

N. M : « Le projet suit son cours. L’opérateur a été sélectionné, la volonté de la municipalité de voir ce projet aboutir est intacte. C’était une promesse de campagne. Dans les prochaines semaines, nous reprendrons contact avec nos partenaires de la Métropole afin de faire requalifier cette ancienne décharge en zone naturel à énergies renouvelables ».

 

Mais les élus sont avant tout responsables des deniers communaux... La transition écologique est-elle toujours une priorité en cette période de crise ?

N. M : « La transition écologique fait partie des réponses à la crise. Chacun durant le confinement a pu réfléchir à sa manière de consommer, se déplacer. Bien qu’une attention toute particulière soit portée par les élus pour maîtriser le budget de la ville, cela n'empêche en rien à la transition écologique d’être présente de manière transversale lorsqu’il y a des travaux ou des choix stratégiques à faire. Cette transition écologique doit en réalité toucher toutes les délégations - affaires scolaires, vie citoyenne et de quartier, affaires internes...

La collectivité souhaite d’ailleurs mieux accompagner les habitants en les sensibilisant davantage afin de réduire leur consommation d'énergie ou encore en augmentant la présence des acteurs locaux sur le marché ».

 

DLH : Restons dans le domaine de l'environnement pour conclure, mais politique cette fois. Vous êtes adhérent de La République en Marche. Quelles sont vos relations avec la majorité municipale à forte résonance « Les Républicains » ? Les aléas de l'actualité nationale ne sont-ils pas de nature à les altérer ?

N. M : « Les majorités successives à Talant ont toujours été plurielles (RPR-UDF, UMP-Modem par le passé, LR-Agir-Modem-LREM aujourd’hui). Notre majorité est le fruit d'un rassemblement construit autour de valeurs et d’un projet collectif fort. Je m’entends très bien avec mes collègues encartés « Les Républicains ». En réalité, les étiquettes comptent peu (beaucoup d’élus de la majorité sont d’ailleurs sans étiquettes). Si il est évident que cette majorité reste fidèle à la droite et au centre, elle reste surtout fidèle à Talant et aux Talantais ».

Propos recueillis par Jean-Louis Pierre