221 B Baker Street : « Thriller live »

Pendant quelques instants, le cambrioleur et ses complices tentèrent de se remémorer les étapes de ce fabuleux larcin, et de songer aux éventuels indices qu’ils auraient pu laisser. Puis le diable se présenta à eux sous la forme d’un policier-justicier enveloppé par l’odeur de chiens …

Le suspens commence ici pour vous, lecteur, tout comme pour la bande de malfrats. Attention ! Vous voilà pris dans le huis-clos d’une intrigue à démêler sur fond musical ; vous ne pourrez plus vous sortir des griffes d’un Dijon victorien by night, sans avoir eu à jongler avec vos neurones. Ce vol des bijoux de la Reine a lieu moult fois dans la semaine dans deux game rooms de l’établissement sis au 20 de la rue Monge, alias au 221 B Baker Street… A vos marques, prêts ? Pour ce très intelligent et terriblement flippant parcours imaginé par Valentin Voinson, le responsable de ce bar so smart, so british.

Que ceux qui aiment Sherlock Holmes et Sir Arthur Conan Doyle viennent les suivre dans des enquêtes criminelles d’un Londres victorien, mystérieux, brumeux, où le danger peut se dissimuler à maints endroits. On se posera la question : « What's going on here ? » avant d’embarquer pour plusieurs heures dans un vol ou un crime à résoudre, en famille, entre amis ou même collègues de bureau. Le coût pour ce suspens ? A partir d’une vingtaine d’euros. Brrr… une fois par mois, ainsi que pour un anniversaire ou bien un enterrement de vie de garçon, joueuses et joueurs ont également le loisir de s’atteler à une murder party inédite et due à l’imagination de Valentin et de Rémi, l’un des comparses du B Baker Street. Vous n’êtes pas lâché comme ça dans l’arène du crime, vous êtes guidé depuis une régie-son par un maître de jeu. En raison du succès de ces séances spécifiques, inutile d’être fin limier pour comprendre qu’il est recommandé de s’inscrire à l’avance (facebook.com/221b.escaperoom ou contact@221b-dijon.com).

Avant de traquer les hors-la-loi dans ces deux salles dédiées aux univers baroques et fantastiques des méchants de l’ère victorienne, avant d’infiltrer le cerveau hyper connecté de Sherlock Homes, nul doute que le docteur Watson vous eût conseillé un drink au comptoir de ce bar si cosy et intime ou une partie de billard en sous-sol… Valentin Voinson propose une carte de consommations digne d’un pub privé de la gentry londonienne: « Atmosphère oblige, explique-t-il, nous proposons de petits encas et, bien sûr, un très large choix de whisky et de bières. Tous nos cocktails sont faits maison, selon les recettes de notre barman ». Les femmes, fréquemment déguisées en costume d’époque, ne sont pas les dernières à apprécier, ce qui ne les empêchent pas d’exceller dans l’art de mener l’enquête.

Valentin n’entend pas s’endormir sur les lauriers de Conan Doyle : il réfléchit à la création d’autres game rooms, dédiées à l’Egypte ancienne. Aux futurs joueurs et joueuses de jouer les Champollion, ou les Hercule Poirot pour décrypter les polars pharaoniques à venir. Avouez qu’envoyer autopsier le médecin légiste dans une salle de sarcophages, c’est autrement plus surréaliste que dans une simple morgue réfrigérée. De quoi renvoyer aux oubliettes Marcel Duhamel, Jacques Prévert, Yves Tanguy et André Breton et leurs … « cadavres exquis » !

Marie-France Poirier

 

Un Hercule Poirot en herbe

Pierre Hale est collégien ; l’une de ses camarades de classe l’avait invité avec une dizaine d’autres adolescents au B B221 Baker Street pour fêter son anniversaire. Il a absolument « adoré » selon ses propres termes. Pourquoi ? Enthousiaste, il explique : « En général, j’aime lire les livres d’aventure, mais je trouve fascinant de résoudre des énigmes, car nos talents de déduction sont mis à rude épreuve, ce que l’école ne permet pas toujours de faire. Enfin, j’ai apprécié ce qui est une sorte de « travail » d’équipe : à chacun d’entre nous de fournir sa part de raisonnement, de s’entraider dans la résolution de l’énigme avec, ici, un indice qui a échappé aux autres camarades ou, là, une intuition qui surgit brusquement. J’ai pris conscience également de ce que peut être la solidarité. Solidarité payante d’ailleurs dans la mesure où notre petite équipe est parvenue à retrouver la plus grande partie des bijoux dérobés ». On l’a compris : Pierre est prêt à renouveler l’expérience qu’il qualifie d’« intelligente et ludique ».