Il y a trente ans, ils étaient trois et avaient la conviction d’avoir trouvé une idée nouvelle. Trente ans plus tard, Immolys est devenue un acteur régional majeur de l’immobilier, avec plus de 10 000 lots de copropriété gérés. Entre les deux, il y a eu des réussites, des moments de doute, des départs, des rencontres décisives et surtout beaucoup de fidélités. Une histoire que Laurent Dubost, l’un des fondateurs de l’entreprise, raconte avec autant de franchise que de reconnaissance.
Juin 1996. Dans une agence de la rue Lamonnoye, à Dijon, Laurent Dubost, Yolande Chardonnet et Anne-Sophie Chalut-Natal se lancent dans l’aventure entrepreneuriale. Leur ambition ? Inventer, pensent-ils, un nouveau concept immobilier : « La liste immobilière ». L’idée ne fera pas long feu. Le concept existe déjà et, surtout, il ne correspond pas aux valeurs des trois associés. Leur slogan de l’époque, « Nous avons vu pour vous », ne colle guère à leur conception du métier. Ils décident donc, après quelques semaines seulement, de revenir aux fondamentaux : une agence immobilière traditionnelle, fondée sur la transaction et le contact direct avec les clients.
La suite va s’écrire à force de travail. Laurent Dubost et Yolande Chardonnet sillonnent le terrain, prospectent et construisent l’organisation de l’entreprise. Anne-Sophie Chalut-Natal, qui travaille encore à l’époque, apporte son concours le soir et le week-end avant de rejoindre l’équipe à plein temps.
Des rencontres qui changent une trajectoire
Très vite, Immolys se sent à l’étroit. En 1998, l’entreprise déménage place du Théâtre et franchit une nouvelle étape en se lançant dans l’administration de biens. Une évolution qui doit beaucoup aux rencontres. Un propriétaire pousse ainsi Laurent Dubost à se lancer dans la gestion locative en lui confiant son parc de logements. Puis le promoteur dijonnais Bruno Ghitti l’encourage à se lancer dans le syndic et lui confie plusieurs de ses copropriétés.
Même le financement des nouveaux locaux relève alors de l’aventure. La jeune société présente des bilans encore « mitigés », mais son banquier de la Société Générale accepte de prendre des risques pour accompagner le projet.
Avec le recul, Laurent Dubost raconte cet épisode avec une pointe d’humour : sa banque, à cette époque, l’appelait « tous les deux jours, voire tous les jours ». Mais elle a continué à le suivre.
Grandir, parfois séparément
La croissance n’empêche pas les turbulences. L’année 2000 est difficile dans les relations entre associés. Yolande Chardonnet quitte finalement l’aventure dijonnaise pour ouvrir l’agence de Beaune en 2001. Un an plus tard, Anne-Sophie Chalut-Natal part à son tour tenter l’aventure à Chalon-sur-Saône. Paradoxalement, ces départs vont contribuer à dessiner la géographie future d’Immolys.
L’agence de Seurre ouvre en 2003. Le syndic poursuit son développement à Dijon et, lorsque les locaux de la place du Théâtre deviennent à leur tour trop étroits, le pôle administratif prend ses quartiers rue Jeannin en 2011.
Puis vient Tournus. Et en 2022, Immolys franchit une nouvelle étape avec sa première véritable opération de croissance externe : Laurent Dubost reprend la structure Reynaud Immobilier Services, à Besançon. Une transmission que le dirigeant décrit comme ayant été menée « de la manière la plus constructive possible ».
Plus de 10 000 lots de copropriété
Trente ans après ses débuts, les chiffres donnent une idée du chemin parcouru. Immolys gère aujourd’hui 7 300 lots de copropriété à Dijon, répartis sur 350 immeubles, auxquels s’ajoutent 1 060 lots à Beaune, Seurre et Nuits-Saint-Georges, 1 200 à Besançon et 800 à Chalon-sur-Saône et Tournus.
Au total, ce sont ainsi 10 310 lots de copropriété et 645 immeubles qui sont gérés à l’échelle régionale. En matière de gestion locative, Immolys compte également plusieurs centaines de logements administrés sur ses différents territoires. Derrière ces chiffres, Laurent Dubost insiste surtout sur ceux que l’on ne voit pas dans les bilans : les clients, les collaborateurs, les partenaires et les artisans.
Et maintenant, accélérer
À 30 ans, Immolys n’entend évidemment pas s’arrêter là. L’objectif affiché est ambitieux. Devenir, dans les trois ans, le premier syndic indépendant dijonnais, tout en accélérant le développement des implantations de Besançon, Chalon-sur-Saône et Tournus. La croissance externe fait également partie de la feuille de route, avec la volonté de renforcer encore la présence régionale du groupe.
Une stratégie que Laurent Dubost justifie aussi par les mutations profondes du métier. À ses yeux, les petites structures d’administration de biens sont confrontées à un empilement croissant de contraintes réglementaires et juridiques. Pour y répondre, il faut pouvoir investir dans les compétences, spécialiser les équipes et absorber des coûts toujours plus importants.
Autrement dit, dans l’immobilier comme ailleurs, il faut aujourd’hui avoir les épaules suffisamment larges pour continuer à être proche de ses clients. C’est sans doute le principal défi des prochaines années pour Immolys… grandir sans perdre ce qui a fait son identité.
J-L. P





