Assistante dans un cabinet d’architecte, maman de deux jeunes enfants et pompier volontaire, Janie Bouvet conjugue gaillardement vie professionnelle, vie familiale et engagement citoyen. Un parcours singulier guidé par la volonté d’être utile aux autres.
Rien ne destinait cette jeune femme à enfiler l’uniforme de sapeur-pompier. Diplômée en biotechnologie, elle a d’abord géré une société de biostimulants pour les plantes. Mais un besoin de changement s’est imposé sans qu’elle sache précisément quelle direction prendre. Une aspiration ancienne demeurait pourtant… celle des métiers du soin et de l’aide.
Le hasard a parfois le sens de l’opportunité. Il y a environ trois ans, une amie pompier volontaire lui ouvre les portes de la caserne de Fleurey-sur-Ouche. Elle s’engage et y trouve comment mettre son dynamisme au service des autres. Elle y rencontre aussi Leslie David, pompier volontaire et architecte, alors à la recherche d’une assistante administrative pour son cabinet. Une rencontre qui donnera naissance à une collaboration professionnelle cette fois, fondée sur une confiance nourrie par leur même engagement.
Garder son sang-froid avant tout
Devenir pompier ne s’improvise pas. Après cinq semaines de formation initiale intensive, Janie se perfectionne régulièrement pour s’adapter aux nouveaux matériels, aux nouvelles techniques et affermir sa maîtrise de soi. Secours à la personne, situations d’urgence… outre des compétences techniques, chaque intervention exige de garder la tête froide, surtout face aux émotions des victimes et de leurs proches qui éprouvent sa sensibilité.
Elle se souvient notamment d’un arrêt cardiaque chez une personne jeune qui n’a pas pu être sauvée. Savoir prendre du recul sans jamais perdre son humanité lui est essentiel. La longue expérience de Leslie David lui offre, à cet égard, un espace d’échange salutaire entre personnes qui savent ce que signifie intervenir, mais aussi revenir à la vie ordinaire après des moments éprouvants.
Trois vies, un même engagement
Entre son travail au cabinet d’architecture, les interventions de terrain et ses jeunes enfants, l’organisation est rigoureuse. Son mari dont le soutien lui est précieux, contribue à rendre cet équilibre possible. Outre son emploi du temps exigeant, Janie a surtout appris à cloisonner pour préserver sa famille et rester pleinement disponible dans chaque rôle.
La question de la différence entre hommes et femmes ne lui semble pas déterminante. Pas plus sur le terrain d’ailleurs, où les femmes répondent à la différence physique par la technique et des ressources mentales différentes. Pour elle, l’essentiel réside dans la cohésion d’une équipe où les individualités doivent agir ensemble.
Chaleureuse et enthousiaste, Janie Bouvet ne donne pas le sentiment de rechercher les honneurs. Son engagement révèle une autre motivation : celle de l’attention portée aux autres que l’on nomme banalement altruisme.
Au-delà de l’uniforme et des interventions, elle a trouvé une place où conjuguer sensibilité et raison, compétences et solidarité. Une manière de donner du sens à l’énergie qui l’anime fondamentalement. Celle du cœur.
Astrid Launais





