Pierre Guez : « Faire pousser des start-up ! »

Pierre Guez fut présent dès les prémices de l’aventure de la Cité internationale de la Gastronomie et du Vin. Et le pôle de compétitivité Vitagora, à la tête duquel il vient d’être réélu pour 3 ans, ainsi que la Foodtech avec lequel celui-ci a fusionné, ont pris leur quartier dans le Village by CA derrière la monumentale porte de l’école de médecine sur la Cité. Et ce, afin d’y faire pousser des start-up dans le domaine de l’agroalimentaire. L’ancien directeur emblématique de Dijon Céréales, dont le nom est synonyme de réussite « de la fourche à la fourchette », nous en dit plus sur ce Village pas comme autres…

Dijon l’Hebdo : Que de chemin parcouru depuis les premiers pas du projet de la Cité …

Pierre Guez : « Personnellement, j’ai, en effet participé à la délégation pilotée par François Rebsamen qui a présenté en juin 2013 le dossier dijonnais à la commission du ministère de la Culture présidée par Jean-Robert Pitte Il faut se souvenir qu’à cette époque les candidats étaient nombreux. A l’échelle nationale mais aussi en Côte-d’Or, puisque Beaune était aussi sur les rangs… Et c’est le projet dijonnais, avec la cohérence née, entre autres, de la volonté de la métropole d’associer les entreprises de Bourgogne Franche-Comté pour apporter de la valeur ajoutée, qui l’a emporté ».

DLH : Comment vous est venue l’idée d’investir les locaux du Village by CA sur la Cité ?

P. G : De par ses origines, le Crédit agricole est une banque qui veut défendre l’agriculture et l’agroalimentaire. Il a ainsi bâti un concept des Villages by Ca, dont le premier a vu le jour rue de la Boétie à Paris. Vitagora a passé un contrat avec celui-ci de manière à être présent à Paris afin d’avoir une antenne pour accueillir les sociétés internationales qui venaient en France. Cela nous a permis de nous rôder avec ce concept intéressant. C’est un village, un amphithéâtre avec une gouvernance portée par un maire, une place de village… Cela crée une ambiance sympathique pour accueillir des entreprises. Notre objectif est de sélectionner des start-up et de les faire progresser en liaison avec l’incubateur ToarsterLAB de Vitagora, véritable programme d’accélération 100% agri-food à destination des structures les plus prometteuses. Tout cela crée un terreau favorable pour faire pousser des start-up qui seront des entreprises leader demain ! »

DLH : Et vous allez aussi profiter du rayonnement à l’international de la Cité pour œuvrer au développement à l’export de vos entreprises adhérentes ?

P. G : « Nous sommes un pôle de compétitivité, participant à la R & D, mais notre objectif est aussi de créer des emplois sur le territoire et de favoriser, en effet, l’export de l’agriculture et des produits agroalimentaires de la région. Et le développement à l’international représente notre axe fort dans les 3 ans qui viennent. Après avoir créé un bureau au Japon et à Kigali, nous étions en train d’en ouvrir un autre à Kiev… Nous allons continuer de développer des partenariats et des antennes en Asie, aux États-Unis, en Amérique du Sud et en Afrique, le continent important de demain. Avec des structures comme l’INRAE, la nouvelle école d’ingénieurs Institut Agro, les deux Universités de Bourgogne et de Franche-Comté ainsi que l’ANIA qui nous accompagnent, le soutien de la filière blé/farine/pain, de la filière laitière (Savencia, Lactalis, Bel, Agrial) des grands groupes comme InVivo, Axereal, Dijon Céréales, mais aussi avec la filière Comté, l’Epoisses… nous avons aujourd’hui beaucoup de points forts ».

DLH : Et Vitagora représente un acteur majeur pour une meilleure alimentation pour tous…

P. G : « Notre objectif est de rechercher la meilleure alimentation durable en lien avec la transition énergétique pour nos concitoyens. L’écosystème que l’on a construit avec Vitagora qui représente un modèle relativement unique en France y participe pleinement. A l’origine, nous n’avions évidemment pas forcément prévu l’ouverture de cette Cité internationale de la Gastronomie et du Vin et nous sommes aujourd’hui dans une phase on ne peut plus intéressante. Vitagora ne pouvait qu’apporter sa pierre à cette réalisation. Et cela rejoint la FoodTech qui fait partie du concept French Tech avec la Ferme digitale. Nous avons un écosystème important domicilié depuis le mois de septembre dans ce lieu historique et tourné vers l’international. Je peux dire que, 17 ans après la naissance de Vitagora, nous avons bouclé la boucle avec ce cercle vertueux pour défendre et améliorer l’alimentation des Français. Nous sommes très heureux de collaborer avec la métropole qui est leader sur le dossier du living lab et sur le développement de l’agriculture périurbaine ! »

Propos recueillis par Camille Gablo