L’Union européenne déguste Dijon

Selon le ministre français, Jean-Baptiste Lemoyne, les membres des délégations accueillies lors de la conférence informelle des ministres européens chargés du tourisme sont devenus « des ambassadeurs de Dijon ». Il a même ajouté qu’ils « avaient des étoiles plein les yeux ». Et n’était-ce pas le principal : que Dijon obtienne une étoile de plus comme destination internationale!

Pour marquer « le nouveau départ du tourisme », comme le ministre Jean-Baptiste Lemoyne l’a qualifié, l’Union européenne a choisi Dijon. Les 17 et 18 mars s’est en effet tenue dans la capitale régionale la conférence informelle des ministres européens chargés du tourisme présidée par le représentant français du gouvernement, aux côtés du commissaire européen Thierry Breton. Sur la photo de famille organisée place de la Libération, autrement dit, comme il se doit, devant le palais des Ducs, figuraient, entre autres, les ministres espagnol, portugais, croate, slovène, belge, tchèque, suédois… et la liste est loin d’être exhaustive.
Ce rendez-vous avait pour objet de travailler à la reprise de la croissance dans un secteur fortement impacté par la crise sanitaire. Deux thèmes étaient au menu : le tourisme domestique au sein de l’UE et la transition vers un modèle touristique plus durable. C’est donc à Dijon que l’Europe devait rebâtir les fondations d’une industrie touristique résiliente et durable… après deux ans de pandémie de Covid-19.

Naturellement la guerre en Ukraine – qui, au demeurant, fait à nouveau peser des incertitudes sur la planète touristique – s’est invitée à la table des discussions. Tout en soulignant que « l’Europe avait été au rendez-vous de l’action, de façon ferme, unie et rapide », Jean-Baptiste Lemoyne a annoncé « des contreparties financières pour les acteurs du tourisme qui se mobilisaient, avec la mise à disposition de lits par exemple, en faveur des réfugiés ukrainiens ».

Sans l’écho des bombes dans le pays de Volodymyr Zelensky, la fête aurait été plus belle pour le tourisme mais aussi pour Dijon qui s’imposait un peu plus sur la scène internationale comme une destination incontournable. Cette conférence européenne intervenant moins de trois mois, rappelons-le, après que CNN a classé la Cité des Ducs parmi les 10 sites incontournables à visiter au cours de cette année 2022…

« Main dans la main »

Comme devait le glisser le ministre français : « J’ai fait le choix de Dijon parce que c’est au cœur de la Bourgogne, une région qui est une marque internationale et qui se réinvente aussi ». Non sans glisser un mot à l’adresse du maire et président de Dijon métropole : « Avec François Rebsamen, nous avons travaillé main dans la main pour l’ancrage international de Dijon ».

Cette œuvre commune s’est vue durant cet événement à l’échelle européenne, mais elle était déjà apparue au grand jour, cinq mois plus tôt, lors de l’obtention du siège de l’Organisation internationale de la Vigne et du Vin. Au moment du vote entérinant l’arrivée de l’OIV au sein de l’hôtel Bouchu d’Esterno, les deux édiles étaient, en effet, côte à côte salle des États… Une façon de montrer que l’État était pleinement en soutien de la Ville de Dijon dans cette quête du Graal pour laquelle la concurrence avait été féroce.

Durant ces deux jours où les projecteurs ont été braqués sur la métropole, le maire et président François Rebsamen n’a pas manqué de qualifier « Dijon comme un territoire d’opportunités touristiques ». Non sans se tourner vers le futur (proche): « Le 6 mai 2022 restera une date marquante pour l’histoire de Dijon. Elle sera la date anniversaire de l’inauguration d’un projet superbe, innovant, qui rend à tous les Dijonnais un espace existant depuis l’an 1204. La Cité Internationale de la Gastronomie et du Vin va devenir réalité et apportera nécessairement une dimension internationale encore plus forte à notre ville, à sa métropole et à la région ». Avec la CIGV, Dijon devrait, en effet, être encore plus dégustée à l’échelle européenne… mais pas seulement !

Camille Gablo