France Victimes 21 : 1 500 nouveaux dossiers traités cette année

Jean-Dominique Caseau préside une association départementale qui est, dans son secteur, une des plus anciennes de France. France Victimes qui a succédé à l'ADAVIP (association dijonnaise d'aide aux victimes d'infractions pénales) fête cette année son 35e anniversaire. En Côte-d'Or, ce sont environ 45 000 dossiers qui ont été traités depuis sa création.

Dijon l'Hebdo : L’assemblée générale de France Victimes 21 vient de se tenir. Quels auront été les faits marquants de cette année 2021 ?

Jean-Dominique Caseau : « Je retiendrai trois faits marquants. Tout d'abord la mise en œuvre du bracelet anti-rapprochement (BAR), un système qui vise à contrôler, par un dispositif de surveillance électronique mobile, l'interdiction qui est faite à une personne surveillée de se rapprocher d'une autre personne afin d'éviter la réitération de violences conjugales. Cela s'inscrit dans la politique contre les violences faites aux femmes dont on peut constater une hausse qui est vraisemblablement liée à la crise sanitaire. On a constaté en France, tout comme dans notre région, que le confinement aura été un facteur d'aggravation des violences.
Deuxième fait marquant, c'est la mise en place, dans le cadre de la loi du 18 avril 2021 améliorant l'efficacité de la justice de proximité
et de la réponse pénale d'une contribution dite citoyenne à une association agréée d’aide aux victimes. Cette contribution financière décidée par le Parquet et plafonnée à 3 000 euros, qui n'est pas une amende pénale, doit apporter une sanction adaptée aux incivilités commises en substitution d'une procédure judiciaire . Une telle disposition répond à plusieurs objectifs : amener les infracteurs à prendre conscience des conséquences de leurs agissements et de leurs comportements sur les victimes, responsabiliser ces infracteurs sur les conséquences financières portées par les collectivités, et, enfin, de contribuer au financement de l'association et ainsi participer financièrement à la prise en charge des victimes dans le ressort du tribunal de Dijon.

Le dernier point, c'est la poursuite d'une initiative lancée en 2020 par notre association : un espace d'accueil et d'écoute spécifique des enfants en souffrance. Il faut savoir que 80 % des femmes victimes de violence ont des enfants qui, on l'imagine bien, subissent, eux aussi, des traumatismes psychologiques au travers de ces événements familiaux dramatiques ».

DLH : Concrètement, qu’est-ce que vous êtes en mesure de faire quand une victime se présente ?

J-D. C : « Accueil, écoute et orientation sont les trois piliers qui soutiennent la démarche depuis 35 ans de l'association. Toutes les personnes victimes d'une infraction ou d'une catastrophe, victimes directes ou qui en subissent les conséquences matérielles ou morales, ont la possibilité de faire valoir leurs droits, de bénéficier d'un accompagnement et d'un soutien dans l'itinéraire pénal et judiciaire pour reprendre le fil normal de leurs vies. Concrètement, nous allons accompagner la victime dans les audiences, auprès des avocats, des huissiers d'audience... C'est une spécificité de l'association avec son Bureau d'aide aux victimes qui permet un accompagnement à la fois physique et technique ».

DLH : Combien de personnes victimes d’infractions pénales avez-vous soutenu depuis le début de l’année ?

J-D. C : « Cette année, nous allons ouvrir environ 1 500 nouveaux dossiers qui correspondent à 2 500 / 2 600 entretiens d'écoute et de soutien à dominantes juridiques, psychologiques et sociales. On constate une légère progression par rapport à l'année précédente qui a subi, rappelons-le, les effets du confinement. Chaque année, ce sont en moyenne 1 500 nouveaux dossiers qui sont traités. Cela correspond à une activité semblable à celle des associations de cette nature en France ».

DLH : Quels sont les types d’agressions ou de violences qui sont les plus fréquents ?

J-D. C : « Environ 70 % sont des atteintes aux personnes dont 12 % sont des infractions à caractère sexuel, 7 à 8 % sont des victimes d'accidents de la circulation. Le reste, ce sont des atteintes aux biens. Ce sont des statistiques qui sont sensiblement les mêmes d'une année sur l'autre ».

Propos recueillis par Jean-Louis Pierre

Depuis 30 Ans, France Victimes est la fédération française regroupant 130 associations professionnelles, spécialisées dans l'aide aux victimes. Ces associations interviennent à titre gratuit, dans un cadre confidentiel et officiel sur mandat du ministère de la Justice pour apporter aide et soutien aux victimes d’infractions, sur le fondement de l’article 41 du code de procédure pénale. Elles peuvent également intervenir sur saisine directe des personnes victimes, dans le cadre d’une procédure ou en dehors de celle-ci.

 

France Victimes 21

03 80 70 45 81

francevictimes21@gmail.com