L’écureuil sait (très bien) nager…

Afin d’illustrer la montée en puissance de la digitalisation (« au même niveau que les pure players ») sans, pour autant, perdre le lien précieux de proximité avec ses 900 000 clients, la Caisse d’épargne de Bourgogne Franche-Comté a choisi de présenter son « solide bilan 2020 » au sein de sa nouvelle agence Victor-Hugo. Montée à bord d’une banque « utile… »

Tel un avant-goût de l’inauguration de son futur vaisseau amiral, avec sa coque toute de bois vêtue, qui est actuellement en cours de finalisation à Valmy, la Caisse d’Epargne de Bourgogne Franche-Comté a choisi son agence rénovée Victor-Hugo afin de dévoiler ses résultats 2020. Et, avant même de projeter la traditionnelle bouteille de champagne sur son futur paquebot – la plus importante opération immobilière mixte en bois de l’Hexagone –, histoire de le baptiser dans les règles de l’art maritime, elle aurait pu déguster quelques bulles. Tellement le bilan présenté par le président du directoire, Jean-Pierre Deramecourt, est encore au beau-fixe, malgré la tempête provoquée par la crise sanitaire : « Nous envisagions, au mois d’avril dernier, une chute de 15% de notre Produit net bancaire. Ce n’est pas le cas du tout puisque celui-ci n’est en baisse que de 2%. Et, avec la baisse des charges, nous avons réussi à obtenir un résultat net pratiquement identique à celui de l’année précédente (65,5 M€) ».

Aussi les deux termes inscrits tout en haut du carnet de bord du capitaine de la CEFC ont-ils été la solidité et l’utilité : « Nous avons renforcé notre solidité financière et c’est comme cela que nous avons pu être utiles en conservant la confiance de nos clients et que nous pouvons anticiper les difficultés antérieures : « Nous avons réagi très rapidement pour mettre en place les PGE (2 645 prêts garantis par l’Etat pour un montant total de 310 M€) et effectuer les reports d’échéances (6 500 prêts concernés) ». Rappelons que le 1er PGE a tout de même été versé dans les 72 heures suivant les annonces gouvernementales.

Le cap d’un soutien « sur-mesure »

Jean-Pierre Deramecourt a également fixé le cap pour franchir la prochaine période qui s’annonce encore turbulente économiquement parlant : « Nous avons encore un manque de visibilité sur la façon dont la relance va intervenir. Mais nous allons quitter le soutien massif et industriel pour une approche sur-mesure en analysant les besoins de chacun de nos clients. Nous sommes contents de cette année 2020 mais nous savons que c’est maintenant que tout se joue pour les entreprises comme pour les particuliers, en ce qui concerne leur emploi ».
Pour les jeunes, particulièrement fragilisés par la crise sanitaire, la CEBFC a d’ores et déjà fait beaucoup : « Nous avons mis en place les micro-crédits d’urgence (1 000 d’entre eux ont bénéficié de cette offre allant jusqu’à 3 000 € à 0%) parce que beaucoup n’arrivaient plus à subvenir aux courses alimentaires ou à leur loyer eu égard à la perte de leur job. Nous avons également accentué nos dispositifs extrêmement sociaux vis-à-vis des étudiants », a détaillé Cédric Mignon (Pôle Banque de détail), non sans insister sur « l’aide accordée à 5 500 professionnels afin qu’ils réussissent à prendre le tournant digital ».

Isabelle Brouté (Pôle Banque du développement régional) a évoqué les projets structurels, tels que l’équipement de 80 % du territoire au très haut débit d’ici 2022. Le « green » (150 M€ investis en Bourgogne Franche-Comté) s’est également invité dans les discussions avec l’hydrogène vert ou encore Odivea, « le service d’eau potable innovant et plus écologique » de la métropole. Tout cela grâce à « une gouvernance solide », comme l’a qualifiée Eric Fougère, président du Conseil d’orientation et de surveillance : « Nos 138 administrateurs viennent d’être renouvelés, avec autant d’hommes que de femmes. Il existe une vraie adhésion aux valeurs que l’on véhicule et notre caisse a su être au rendez-vous de tous les défis ! »

Une chose est sûre, dans l’océan agité par le Covid-19, le célèbre écureuil a su (très bien) nager…

Camille Gablo