Parc des Expositions : Un chantier pantagruelesque

Tout comme le musée des Beaux-Arts, la métamorphose du Parc des Expositions et des Congrès, dont les locaux obsolètes ne sont plus adaptés aux événements d’aujourd’hui, s’impose. Et la maire de Dijon, Nathalie Koenders, vient de présenter le projet d’envergure qui pourrait aboutir en 2030.

S’il y a bien un chantier que l’on peut qualifier de pantagruelesque, c’est bien celui du Parc des Expositions et des Congrès qui vient d’être dévoilé par la maire de Dijon. Il faut dire que cet équipement (enfin son célèbre Hall 1 dessiné par l’architecte Roger Martin Barade qui constituait alors le plus grand bâtiment d’Europe sans pilier) avait vu le jour en 1956 pour accueillir la Foire de Dijon. Une Foire qui avait, à son origine, fait du char de Gargantua circulant dans les rues de Dijon sa marque de fabrique…

Mais, laissons François Rabelais de côté, et revenons au menu annoncé par Nathalie Koenders : « Ce sera l’un des projets les plus importants de notre Ville et de notre Métropole dans les prochaines années, avec un investissement (62 M) comparable à celui de la métamorphose du musée des Beaux-Arts. Nous faisons le choix de ne pas démolir ce Hall emblématique, mais de le restaurer en respectant son patrimoine architectural unique », insiste Nathalie Koenders, non sans préciser : « Son positionnement au cœur du centre-ville représente un atout considérable que nous avons la volonté de maintenir pour l’éco-système local, notamment les commerces, les restaurants et les hôteliers du centre-ville. Nous l’adapterons aux enjeux modernes tout en respectant l’histoire et l’identité de notre ville ».

Une infrastructure modernisée

Sa signature architecturale, le Hall 1 sera ainsi rénové afin de répondre aux nouvelles normes énergétiques et d’accueillir une salle plénière modulable de 2 500 places au sein de laquelle des concerts pourront être organisés. Les panneaux transparents de la toiture en métal, arrivés en fin de vie, seront remplacés et des panneaux photovoltaïques seront ajoutés. Une nouvelle entrée principale connectée directement au tramway, par le biais d’une esplanade spacieuse, sera créée facilitant ainsi l’accès au site et renforçant son intégration dans le tissu urbain.

Les connexions entre le palais des Congrès et le parc des Expositions seront améliorées, grâce à de nouveaux accès et une meilleure lisibilité des parcours pour les visiteurs. Le Hall 2 sera réorganisé, afin de corriger les dysfonctionnements actuels liés à sa structure, à sa couverture et aux équipements techniques, à l’instar des escalators

Un équipement 3 étoiles

Cet équipement 3 étoiles, conjuguant tradition patrimoniale et innovation, devrait faire oublier les locaux devenus obsolètes et ses problèmes d’étanchéité dont beaucoup se souviennent. La consultation du marché de conception réalisation débutera en avril et le projet lauréat sera sélectionné fin 2026. Le démarrage des travaux est programmé en 2027 pour une livraison en 2030. Et les travaux devront permettre aux événements majeurs de pouvoir toujours se dérouler sur le site (seule une Foire devrait être impactée au moment du chantier proprement dit du Hall 1).

Tel est le menu qui a été présenté le 18 mars par la maire de Dijon sur la célèbre galerie de cet équipement qui est, rappelons-le, géré par Dijon Bourgogne Events et dont le directeur général n’est autre que Jacques Delaine. L’ancien directeur régional d’Eiffage Construction Est qui a piloté le chantier de la Cité Internationale de la Gastronomie et du Vin…

Dans ce menu haut de gamme, un ingrédient fait tout de même encore figure d’inconnue : les élections municipales de 2026. Mais une chose est sûre : la Foire internationale et Gastronomique de Dijon, l’événement majeur de la cité des Ducs depuis 1921, se doit de disposer d’un nouvel écrin. Et c’est la quintessence (un des nombreux mots inventés par François Rabelais !) de ce projet d’envergure… 

Xavier Grizot