FORMAPI : 30 ans de victoires pour Bernard Depierre

Le hasard fait parfois bien les choses. L’histoire retiendra que c’est en cette belle année olympique pour le sport français que FORMAPI a fêté ses 30 ans. L’organisme de formation en alternance spécialisé dans le sport, qui est leader dans le domaine en France, a soufflé sa 30e bougie le 10 octobre dernier lors d’une soirée unique à plus d’un titre. Son président emblématique, l’ancien député et élu dijonnais, Bernard Depierre, ouvre son livre à souvenirs et revient sur le coup d’envoi et les victoires successives de ce CFA hors les murs qui est désormais LA référence sur le terrain national. Tout en n’occultant pas les enjeux actuels pour l’apprentissage…

Le 30e anniversaire de FORMAPI n’est pas passé inaperçu…

« Nous avons accueilli 360 convives réunissant des représentants de toutes les branches territoriales, les salariés, les partenaires… Cette soirée était parrainée par le n°1 français des arbitres, Clément Turpin, mais aussi par de grands sportifs : David Holston, le meneur de la JDA, l’un des meilleurs en France et l’éternel boxeur Bilel Latreche… Nombre de personnalités ont participé également à ce bel événement qui s’est apparenté à un beau gâteau d’anniversaire pour FORMAPI ! »

Qu’il semble loin désormais le temps où, avec votre compère Gérard Delangle, vous lanciez cette belle aventure…

« Nous avions commencé sans aucun moyen. Nous avions sollicité la Région qui était à l’époque présidée par Jean-François Bazin puis la Caisse d’Épargne. Et nous avons débuté avec l’équivalent de 50 000 € d’aujourd’hui. Au début, nous avions 6 apprenants, dont 2 apprentis. C’était en 1994 et, en 2000, nous sommes passés à 100 apprentis, avec 5 ou 6 diplômes proposés. Pourquoi ce succès ?

En premier lieu, il existait un besoin. Tous les jeunes sportifs en particulier ou aimant le sport qui voulaient travailler dans l’univers du sport ne disposaient à l’époque d’aucune formation les menant à ce qu’ils voulaient faire. Il existait un véritable vide dans le domaine… Nous avons ainsi répondu à un très grand besoin des jeunes. A l’époque, j’étais adjoint délégué aux sports à la ville de Dijon et conseiller général, si bien que j’avais très souvent des sollicitations de sportifs qui, après une blessure ou en fin de carrière, cherchaient des solutions afin de préparer leur reconversion. Ils pouvaient ainsi obtenir, avec nous, le diplôme Jeunesse et Sport… »

Et des clubs, que vous aimez qualifier d’« historiques », ont rapidement cru en vous…

« En Bourgogne, nous avons eu en effet très vite des sollicitations de grands clubs – de basket d’abord, avec la JDA et l’Élan Chalon, puis de rugby et de football. Ils ont très vite affiché leur intérêt pour l’apprentissage. Avec les aides de l’époque, cela leur revenait moins cher qu’avoir recours à des salariés. Nous les avons appelés les « historiques de la région ». Si bien que nous avons eu des branches annexes autour de la JDA et de l’Élan Chalon – c’étaient les deux premières. Nous avons eu par la suite des sollicitations dans d’autres villes : Auxerre, Nevers, Mâcon… N’oublions pas non plus que dans les années 2000 deux clubs professionnels de football – Gueugnon et Louhans –, ont connu des vicissitudes majeures et ont pu repartir, grâce à leurs centres de formation, dans des championnats mineurs. Si bien que les branches de Gueugnon et de Louhans figurent également dans nos historiques ».

Dijon et la Bourgogne ont été vos territoires précurseurs. Comment s’est déroulée votre expansion au-delà des frontières régionales ?

« En 2010, nous avions atteint 300 apprentis, nous étions partout en Bourgogne et nous avons été sollicités par le Centre de Moirans dans le Haut-Jura. Il a fallu négocier pour obtenir à l’époque l’accord des deux conseils régionaux, de Jeunesse et Sport pour que nous puissions disposer d’une branche à Moirans. Celle-ci nous a quittés l’an dernier mais elle a été la première branche hors Bourgogne du CFA du Sport. La fusion des régions est intervenue ensuite. A partir de là, nous avons été sollicités par Pontarlier dans le Haut-Doubs et, vu le succès des jeunes aux examens, nous avons été contactés par d’autres territoires de l’Hexagone.

Nous sommes ainsi montés très rapidement à 20 branches territoriales. Nous avons franchi le cap des 1 000 apprentis en 2020. Et nous avons continué à progresser. Cette année, nous passerons le cap des 1 800, avec quelque 47 branches territoriales. Nous avons deux CREPS au sein de celles-ci : ceux de Dijon-Bourgogne à Mirande et de Vallon Pont d’Arc. Dans celui-ci, nous préparions des diplômes que nous n’avions pas du tout précédemment, notamment, dans les domaines de l’escalade, de la course d’orientation, de la spéléologie, de la conduite des chiens de traineau… si bien que cela a diversifié le nombre de diplômes que nous pouvions avoir ».

Pourquoi avoir également diversifié vos diplômes ?

« Nous nous sommes aperçus qu’il y avait aussi un besoin très important pour les sportifs en fin de carrière pour préparer d’autres métiers que dans le sport. Nous avons donc créé une première annexe au sein de laquelle nous faisons de la formation continue. Celle-ci s’appelle désormais Selforme. Grâce à cette structure, nous préparons des apprentis à tous les métiers autour du sport, portant sur la communication, la comptabilité, le management, la gestion de personnel… Nous commençons aussi à former des jeunes dans le tourisme social. Nous souhaitons développer cette branche de manière importante notamment dans les zones de moyenne montagne, à l’image du Haut-Jura et du Haut-Doubs.

Selforme va atteindre 1 000 apprentis cette année en se diversifiant sur toute la France. Aussi, entre FORMAPI et Selforme, nous avons 67 branches territoriales aujourd’hui dans tout l’Hexagone… Sur les 5 dernières années, nous avons eu 78% de réussite aux examens, de Bac à Bac + 5 et 15% de nos apprentis sont dans l’enseignement supérieur. Il faut savoir aussi que, lorsque les jeunes obtiennent leurs diplômes, le taux d’employabilité est de 92% ! Cela signifie que, dans presque tous les cas de figure, l’embauche est au rendez-vous ! »

Que ce soit avec la formation à distance ou avec votre nouveau siège dijonnais, particulièrement contemporain que vous avez inauguré l’année dernière, l’innovation est aussi inscrite dans votre ADN…

« Nous avons en effet développé une plateforme de formation à distance qui est parmi les plus performantes. Celle-ci bénéficie d’améliorations chaque année. Et elle permet à l’apprenti de travailler ou chez son employeur ou à son domicile. Il peut ainsi œuvrer sans discontinuer où il veut et chaque apprenti se voit fournir un ordinateur dès son arrivée chez nous. C’est en quelque sorte notre caisse à outils… »

N’est-ce pas votre volonté de répondre aux besoins spécifiques des territoires qui a été en réalité la recette du succès de FORMAPI ?

« Sans aucune prétention, nous essayons de répondre à tous les besoins aussi bien des clubs, des comités, des ligues, des fédérations mais aussi des collectivités, des communes, des intercommunalités, parce que ce sont des besoins de plus en plus nécessaires pour professionnaliser le sport ».

La période de vaches maigres budgétaires et les économies annoncées par le gouvernement ne vous inquiètent-elles pas ?

« Nous attendons bien évidemment les éventuelles décisions qui seront prises par le gouvernement actuel parce que, dans la recherche d’économies, des menaces planent sur le niveau d’aide à l’apprentissage. Si cette dotation est réduite, les clubs qui disposent de moins de moyens seront moins enclins à prendre un apprenti. Nos différentes instances nous défendent mais ce n’est pas pour cela que l’apprentissage ne sera pas impacté ».

Propos recueillis par Xavier Grizot