Marie-Claire Couqueberg : l’artiste qui parle à l’oreille de la nature

Une exposition chasse l'autre à l'Atelier du Moulin, à Orgeux. Après les sculptures de Michel Couqueberg, ce sont les pastels de son épouse Marie-Claire qui investissent ce temple de l'art. A voir absolument du 3 au 23 octobre 2021.

Dans sa façon d'approcher son environnement, la représentation que Marie-Claire Couqueberg propose de la nature nous fait penser spontanément ce qu'Albert Camus, évoquant le bonheur, appelait « cet accord de la terre et du pied ». La nature occupe en effet une place essentielle dans son travail : « Au-delà du fait qu'elle m'inspire, elle m'apaise, me régénère et me réconforte » avoue cette femme au visage pétillant d'énergie. « Et, à ma façon, j'en prends grand soin ». C'est le scoutisme, dans sa tendre jeunesse, qui lui a permis d'entrer véritablement en contact avec cette nature qu'elle fige dans sa beauté et sa sérénité rassurante. « Chaque fois que je peux, je m'évade et je fais des photos que je vais archiver précieusement ».

Après avoir, comme beaucoup, commencé par l'aquarelle, Marie-Claire Couqueberg se tourne vers le pastel au milieu des années 80. Une technique qui s'apparente à la fois au dessin et à la peinture et dont les possibilités sont très étendues. « Ce qui est formidable avec le pastel, c'est qu'on s'arrête quand on veut. Et on reprend quand on veut. Cela correspond plus à mon mode de vie et à ma sensibilité. Je suis lente de nature. Je me surprends régulièrement à pinailler sur des détails. Et je ne veux surtout pas brusquer les choses car je prends un immense plaisir à travailler, à mon rythme... » Au rythme de la nature en quelque sorte. Un tableau représente 60 à 80 heures de travail. Une centaine pour les plus grands. Ça commence toujours par une réflexion, une étude, des recherches, une mise en place... Beaucoup de temps pour obtenir cadrage quasi parfait du projet qui va rendre le geste sûr car il est difficile de gommer les imperfections.

Elle force la voix qu'elle a douce pour affirmer que « le pastel est une matière fabuleuse. Par la richesse de ses coloris, de ses nuances. Sans oublier son toucher ». L'artiste travaille toujours en musique car c'est aussi une source d'inspiration. Un jour, devant mon chevalet, elle s'est laissée porter par « La danse du sabre ». Comment traduire ce tourbillonnement musical où les danseurs mettent en avant leur adresse dans le maniement du sabre ? « Pour moi, c'était évident de mettre en scène des papillons. Les monarques, en particulier. Ça vole dans tous les sens et ça évoque à la fois les flammes, les étincelles et les braises... Peut être des vieux souvenirs de feu de camp du temps où j'étais cheftaine » explique-t-elle avec un large sourire.

Dans cette nature qui la fascine, que préfère-t-elle ? Les fleurs ? « Je les adore mais elles n'ont plus vraiment la cote ». Les paysages ? « Je ne suis pas trop tentée car ils me dispersent. Je préfère me focaliser sur un sujet particulier. J'aime beaucoup travailler sur les animaux même s'il n'y a pas toujours une très grande variété de coloris ». Petit clin d'oeil à son mari Michel, le célèbre sculpteur animalier. Mais on l'a compris, elle aime jouer avec les couleurs, les nuances et les faire danser au gré de son inspiration. Et les portraits ? Elle en a fait. Quelques uns. Mais elle avoue, avec cette étincelle mutine dans le regard, qu'il faut avoir un coup de foudre pour un visage pour le réaliser...

« Dialogue avec la nature » sera le titre de son exposition qu'elle propose à partir du 3 octobre. Une vingtaine de tableaux seront proposés. N'hésitez pas à répondre à cette promesse de douceur.

Jean-Louis Pierre

 

« Dialogue avec la nature ». Exposition de pastels de Marie-Claire Couqueberg du 3 au 23 octobre 2021.

Atelier du Moulin. 3B, chemin du Breuil. 21490 Orgeux.

Tous les jours de 10 à 12 heures et de 14 à 18 heures.