Hydrogène vert : Dijon en pôle

Dès 2024, Dijon métropole devrait être le territoire de l’Hexagone qui possédera la plus importante flotte de bus à l’hydrogène vert. Et, dès 2022, les premières bennes à ordure fonctionnant à cette énergie alternative feront également leur apparition. Il faudra attendre 2030 pour que les 180 bus et les 44 bennes à ordures soient pleinement inscrits dans le XXIe siècle durable mais la route menant à l’hydrogène vert s’accélère…

Il est des sondages qui tombent fort à propos. A l’occasion du colloque transnational organisé du 29 au 30 septembre à Belfort, intitulé Forum Hydrogen Business for Climate, la société d’étude de marché Yougov a réalisé une enquête en France, en Allemagne, en Autriche et en Suisse. Une large majorité des personnes interrogées estiment que « les véhicules à hydrogène incarnent l'avenir de la mobilité et des transports ». Pour 44% des Français (ils sont 48% en Allemagne), l’hydrogène est considéré comme « le moteur de l’avenir ». Cela illustre à quel point cette énergie alternative a fait son chemin dans l’esprit de nos concitoyens…

Ceux qui y sont sensibilisés seront de facto ravis d’apprendre que le projet d’hydrogène vert dijonnais continue d’avancer puisque le 8 septembre dernier la première commande de bennes à ordures a été lancée. Le fabricant de véhicules lourds et utilitaires à hydrogène, E-Trucks Europe, doit ainsi livrer 4 bennes de 19 tonnes qui circuleront à partir de 2022, alimentées en hydrogène vert et produit en circuit court par la première station hydrogène de Dijon, actuellement en cours de construction.

A l’occasion de l’officialisation de cette première commande, François Rebsamen, maire et président de Dijon métropole, a mis en exergue : « L’hydrogène combine tous les atouts pour relever le défi de la transition énergétique pour la croissance verte. Avec cette première commande, Dijon prend toute sa part dans la lutte contre le changement climatique et confirme son statut de territoire moteur en matière de mobilité à l’hydrogène vert à l’échelle nationale. Grâce à cette énergie alternative qui ne produit aucun bruit, aucun gaz à effet de serre et aucune particule, et en complément de son offre de mobilité durable, Dijon métropole réaffirme son engagement pour protéger la planète, les générations futures et la santé des Dijonnais ».

Un projet de 100 M€

Pour convertir sa flotte de bennes à ordures à l’hydrogène, Dijon fait le choix d’une conversion durable avec la transformation des bennes à ordures classiques en bennes à ordures hydrogène, en remplaçant les moteurs thermiques par des moteurs électriques.

C’est donc la société E-Trucks, basée en Belgique, associée à Proton Motor pour la fourniture de la pile à combustible et au fournisseur local de châssis agréé DAF situé à Longvic qui convertiront les véhicules. Faun Environnement, basée quant à elle en Ardèche, fournira les 4 compacteurs d’ordures ménagères et se chargera de leur assemblage avec les châssis.
Dans le cadre d’une opération groupée entre Angers Loire métropole, Le Mans métropole et Dijon métropole, une dizaine de bennes à ordures à hydrogène supplémentaires sera commandée d’ici la fin de l’année pour une livraison prévue à l’horizon 2024.

Mais le projet dijonnais concerne également les bus à hydrogène qui seront progressivement mis en service sur le réseau DiviaMobilités à partir de 2023. Avec 27 bus circulant grâce à cette énergie verte, la métropole dijonnaise possédera l’année suivante la plus grande flotte de ce type dans l’Hexagone. La commission européenne a apprécié cet effort puisqu’elle a sélectionné le projet dijonnais et lui a accordé 2,025 M€ de subventions issues de l’appel à projet CEF - Transport - Blending facility, lancé dans le cadre du Mécanisme pour l’interconnexion en Europe qui a pour objectif de de faciliter les carburants alternatifs. La Banque des Territoires a également participé au financement de l’acquisition de ces bus par le biais d’un Mobi Prêt sur une durée de 15 ans de 5 M€.

Rappelons que le projet d’hydrogène vert de Dijon s’élève au total à 100 M€ et qu’il vise à réduire dès 2026 les émissions de gaz à effet de serre émis par les transports publics de 4 200 tonnes de CO2 par an. Ce qui correspond à l’équivalent de 58 millions de kilomètres en voiture citadine. Ou à 4 200 allers-retours Paris New-York !


Camille Gablo