Guillaume Lorisson élu président des notaires de Côte-d’Or

La Chambre des notaires de Côte-d'Or a un nouveau président en la personne de Guillaume Lorisson. Elu le mois dernier pour un mandat de deux ans, ce Dijonnais d'adoption de 45 ans a prêté serment en févier 2007. Il succède à Denys Chevillon, notaire à Beaune.

Dijon l'Hebdo : Concrètement, comment s'est organisée cette élection de président de la Chambre des notaires de Côte-d'Or ?

Me Guillaume Lorisson : « Simplement. La tradition veut que ce soit le président en exercice qui recherche dans le courant de sa mandature celui qui va lui succéder. Le « dauphin », si on peut l'appeler comme ça, va agir en qualité de vice-président pendant une année pour la passation des dossiers et la connaissance de l'équipe qui compose la Chambre et de ses problématiques du moment avant une élection qui se fait comme dans un conseil municipal. C'est à l'issue des élections de mai 2021 où trois nouveaux membres ont intégré la Chambre que les 13 élus ont donc désigné parmi eux leur président. Mes confrères m'ont accordé leur confiance pour diriger la Chambre des notaires pour les deux prochaines années ».

DLH : C'était donc une élection où il ne fallait pas s'attendre à des surprises ?

G. L : « Il n'y a jamais eu beaucoup de surprises dans les élections professionnelles. Nous avons là un système de cooptation élective qui traduit plus le résultat d'un parcours. En général, on participe à plusieurs équipes de Chambre au cours de sa vie professionnelle et quand, le notaire pressenti se sent prêt, il rentre dans un rang qui l'amène à prendre la présidence sous réserve malgré tout d'un vote de confirmation de ses confrères ».

 

DLH : Le président exerce un mandat de deux ans mais il y a quand même des élections chaque année ?

G. L : « Tous les ans, il y a effectivement des élections. Une année voit rentrer et sortir trois élus et l'année suivante, ce sont cinq élus. L'an passé, j'ai intégré la Chambre avec quatre autres confrères et, cette année ce sont trois notaires qui nous ont rejoints pour animer la profession ».

DLH : Est-ce que le président élu fait un discours de politique générale, un peu comme le Premier ministre peut le faire après sa nomination, pour éclairer ses confrères sur les deux années qui les attendent ?

GL : « Non. Ce n'est pas dans les usages de la Chambre de Côte-d'Or. Les choses se font de façon beaucoup plus feutrées. J'avoue cependant, à titre personnel, que j'aurais tendance à le regretter. Je pense qu'il est dommage de ne pas prendre le temps de présenter les grandes lignes de la présidence. Bien souvent, les confrères découvrent les projets par l'intermédiaire de la presse, dans le cadre d'interview comme celle que nous faisons ».

 

DLH : C'est donc le moment de leur dire ce que vous comptez faire dans les deux années qui viennent...

G. L : « Il faut savoir qu'une Chambre comme la nôtre a un certain nombre d'obligations statutaires. Nous sommes en charge du suivi de questions, notamment relatives à la déontologie. Nous avons l'obligation de rester attentifs aux éventuelles difficultés que la clientèle du notariat peut rencontrer avec certaines études et d'apporter le liant qui s'impose. Nous avons également des fonctions de communication pour faire savoir à l'ensemble de la population quels sont les services que nous pouvons rendre et apporter. Au-delà de ces obligations, l'objectif est de faire de cette Chambre un outil utile au service de chacun et de faire connaître un peu mieux nos missions et nos capacités. Aujourd'hui, la population a le réflexe de faire appel à un notaire en matière d'immobilier et de droit de la famille qui restent le cœur de notre métier. Mais il est important de faire savoir que nous avons aussi beaucoup d'autres champs de compétences, notamment en matière de gestion de patrimoine, de droit des affaires, de droit international, de droit des collectivités locales... Il y a aussi une dimension qui me tient tout particulièrement à cœur : nous sommes dans un monde qui change et le notariat ne peut pas rester immobile. Il ne l'a jamais été d'ailleurs. Le notaire est également un chef d'entreprise, ce que beaucoup de nos concitoyens ignorent. Nous sommes chefs de nos propres entreprises qui sont pour la plupart des PME et pour certains des TPE. Cette dimension n'est pas forcément bien prise en compte lors de notre formation initiale très approfondie sur les techniques juridiques. Le côté commercial, management, animation d'entreprise est probablement insuffisamment mis au goût du jour et il convient donc, pour notre instance Chambre des notaires, d'accompagner nos confrères vers cette transition ».

DLH : « Des manifestations comme l'université du notariat qui regroupe l'ensemble des notaires de Côte d'Or et leurs collaborateurs a été reportée puis annulée pour les raisons que l'on sait. Envisagez-vous d'inscrire cette manifestation sur l'agenda 2022 .

G. L : « L'équipe de Chambre précédente avait envisagé une université du notariat au printemps 2020 qui a dû être repoussée. Nous avons alors décidé de l'organiser à une échelle encore plus importante, c'est à dire régionale -Sâone-et-Loire, Côte-d'Or et Haute-Marne qui correspondent à la région judiciaire- sous l'égide du conseil régional des notaires. Là encore, les conditions sanitaires nous ont contraints à l'annuler. Malgré tout, les trois Chambres qui cherchent à travailler conjointement, ont décidé de maintenir ce projet en juin 2022. Ce sera un événement important qui concernera 1 300 personnes et qui devrait être organisé sur le site de l'Université de Bourgogne. Nous souhaitons qu'elle se tienne en présentiel pour préserver toute la dimension humaine, de rencontres et d'échanges ».

 

DLH : La finalité d'un tel événement, c'est quoi ?

G. L : C'est un temps fort de formation. Une journée au cours de laquelle l'ensemble des notaires et de leurs collaborateurs se forment. L'objectif est également de proposer des stages à la fois dans les domaines juridiques traditionnels mais également des stages plus innovants en matière de management, d'informatique, de dimension commerciale et relationnelle avec la clientèle... Le tout réuni sur un seul moment pour en faire un temps fort de la profession qui nous permet également de mettre en valeur le rôle de nos collaborateurs. Nous sommes 134 notaires en Côte-d'Or qui emploient au total 600 collaborateurs. Ce sont également eux qui nous accompagnent dans la rédaction des actes, qui animent nos études, assurent une grande partie du travail quotidien, une grande partie des relations avec nos clients. Ce temps de formation sera aussi l'occasion de les remercier de leur investissement qui aura été sans faille notamment pendant la période du Covid où le notariat n'a pas manqué d'assurer sa mission de service public ».

Propos recueillis par Jean-Louis Pierre