Pierre Guez passe le témoin chez Vitagora

C’est bien plus qu’une page qui vient de se tourner. Pierre Guez, l’historique et emblématique président de Vitagora, a passé la main. Souvenons-nous qu’il y a presque 20 ans, ce pôle de compétitivité est parti d’une feuille vierge. Personne n’y croyait. Et c’est bien tout le talent de Pierre Guez de l’avoir porté haut et fort au niveau national, puis international.

Quel est le sentiment qui vous anime au moment de transmettre la présidence de Vitagora ?

Pierre Guez : « Je ressens à la fois une immense fierté et une profonde gratitude envers toutes celles et tous ceux qui ont contribué à faire de Vitagora un acteur incontournable de la filière agroalimentaire.

J’arrête parce que j’ai l’âge d’arrêter et parce que je ne suis plus un directeur général impliqué dans une entreprise agroalimentaire. Pour moi, c’est une impérieuse nécessité. Et puis je ne veux surtout pas être catalogué de grand-père de l’agro-alimentaire. Je passe le relais avec la sérénité de celui qui a vu se développer et s’affirmer un acteur devenu indispensable à la croissance, la performance et l’innovation des entreprises agroalimentaires. Comme un édifice patiemment construit, pierre après pierre, par des générations d’acteurs engagés, les fondations de Vitagora sont solides, et il peut continuer à s’élever avec ambition et détermination ».

Vous connaissez bien celui qui va vous succéder… Quelles sont ses principales qualités ?

« Mon successeur était jusque là mon vice-président. Il s’agit de Oisin Morrin, directeur général de la société Tippagral, fournisseur de fromages, installée à Longvic. C’est une filiale d’une coopérative laitière de Dublin. Oisin Morrin a fait montre d’une belle motivation pour me succéder. Il affiche une réelle vision du développement du pôle Vitagora. Et de surcroît, une vision internationale. Pour moi, il a toutes les qualités nécessaires pour donner cette impulsion au moment où se développe l’intelligence artificielle ».

Le cordon ne sera pas complètement coupé puisque vous avez accepté de prendre la présidence d’honneur ?

« La présidence d’honneur, c’est une proposition qui m’a été faite par le conseil d’administration. J’ai donné une bonne partie des 20 dernières années de ma vie dans ce pôle. J’ai conservé un important réseau et j’entends bien en faire profiter mon successeur ».

Et Vitagora est désormais bien plus qu’un pôle d’excellence en France. Son rayonnement mondial l’atteste…

« Nous avons mené des missions en Russie, en Ukraine, au Rwanda. Aujourd’hui, nous bénéficions d’une belle implantation au Japon avec un bureau à Kumamoto qui anime un cluster d’une vingtaine d’entreprises mais aussi avec un V.I.E (Volontariat international en entreprise) à Tokyo. Nous bénéficions aussi de l’appui du NARO qui est l’Organisation nationale de recherche agronomique et alimentaire et de la société Santori, numéro 2 des spiritueux au niveau mondial.

Sachez aussi que du 12 au 19 avril, Vitagora conduira une délégation d’entreprises et d’élus au Japon pour promouvoir l’excellence de la filière agroalimentaire française.

Par ailleurs, je suis convaincu qu’il est important de se repositionner en Afrique. Et le pays qui donne toutes les garanties pour pérenniser nos actions, c’est le Maroc qui est aujourd’hui l’Espagne d’il y a 15 ans. Qui plus est les meuneries française et marocaine entretiennent de très bonnes relations ».

Si vous deviez retenir une chose, un choix, un événement de ces 20 dernières années, quel serait-il ?

« J’ai vécu tellement de belles choses qu’il m’est très difficile de m’arrêter plus particulièrement sur un événement. Mettre en avant notre région Bourgogne Franche-Comté et Dijon, sa capitale régionale, à l’international, c’est aussi dans l’ADN de Vitagora. Depuis 20 ans, nous avons été un porte-drapeau important même si certains ne l’ont pas mesuré pleinement.

Nous avons élaboré plus de 370 dossiers. Nous avons obtenu 80 millions d’euros de financements européens.

Mais il y a quand même deux dossiers que j’ai particulièrement à cœur : le pain génutrition pour combattre la dénutrition des personnes âgées. Un pain qui est même remboursé à 100 % par la sécurité sociale ! Et désormais, n’étant plus aux manettes de Vitagora, je pense qu’il est temps d’en manger tous les matins…

Ensuite, on a réussi un exploit suite à la fusion des régions en 2015 : celui de réunir les ARIA des deux régions. Nous l’avons fait par étapes. Et, en avril 2019, la fusion a été rendue officielle. Et par là-même, nous avons donné un véritable sens à Vitagora ».