Le barrage-réservoir de Panthier subit durant un an d’important travaux de réhabilitation. La Fédération de Côte-d’Or pour la Pêche et pour la Protection du milieu aquatique se démultiplie afin de sauvegarder les poissons de ce lac emblématique de l’Auxois…
Le plus célèbre écrivain local, Henri Vincenot, qui avait la Bourgogne qui coulait dans les veines, aurait, sans conteste, plébiscité les missions de la Fédération de Côte-d’Or pour la Pêche et pour la Protection du milieu aquatique. Et nous n’écrivons pas cela uniquement parce qu’il n’aimait rien moins que taquiner la truite sur nos rivières…
L’auteur du Pape des Escargots aurait ainsi apprécié, ou dégusté c’est selon, à sa juste valeur la pêche de décompression piscicole menée actuellement par cette Fédération sur le lac de Panthier. Et ce, afin d’accompagner les travaux titanesques de réhabilitation de ce barrage-réservoir qui, rappelons-le, alimente en eau le canal de Bourgogne. Durant un an, Voies navigables de France (VNF) restaure et modernise cette infrastructure hydraulique qui avait été bâtie entre 1834 et 1836.
Confortant et sécurisant les digues, ce chantier d’envergure mobilisant pas moins de 15 M€, permettra, entre autres, de retrouver la cote historique de 14,03 m (la cote actuelle étant abaissée à 13,03 m). Les travaux les plus importants nécessitant un abaissement significatif du plan d’eau, la Fédération présidée par Jean-Pierre Sonvico est sur le front dans le cadre d’une convention avec VNF : « Le lac ne sera pas vidé complètement puisqu’il restera 24 ha d’eau mais la quantité de poisson est réellement astronomique. Nous l’estimons entre 15 à 20 tonnes et, si nous ne faisons rien, au moment des fortes chaleurs, l’eau sera sous-oxygénée et la mortalité risque d’être très importante. Aussi notre objectif est de retirer une dizaine de tonnes de poissons », explique le président, avant de détailler :
« Afin de sortir de façon responsable un maximum de poissons, nous avons mis en place la pêche avec des filets aux mailles adaptées. Nos techniciens sont sur le pont pour ces pêches difficiles qui nécessitent un important travail et des compétences particulières. Mais nous avons également souhaité impliquer les pêcheurs locaux, afin que ceux-ci participent à la vie du lac. Nous avons orchestré des sessions de pêche à la ligne à la carpe jour et nuit durant une semaine. Nous avons également organisé des journées tournées vers les carnassiers.
Ce dimanche 19 avril, environ 150 brochets ont, par exemple, été pêchés. Nous avons transporté ces prises sur d’autres plans d’eau, où le moment venu, nous récupérerons les gros spécimens afin qu’ils puissent retrouver leur habitat d’origine ». Et conférer, à nouveau, au célèbre lac de Panthier ses lettres de noblesse particulièrement appréciées par les pêcheurs… A ce jour, 9 tonnes ont déjà été récoltées.
Ayant, bien avant d’autres, défendu l’environnement (bourguignon mais pas que…), Henri Vincenot aurait, bien mieux que nous, décrit, avec son style si particulier, cette action de la Fédération de Côte-d’Or préservant ses terres (et ses eaux !) de l’Auxois qu’il aimait qualifier de « toit du monde occidental ! »
Xavier Grizot





