Fonds de relance économique de Dijon Métropole : « Rien n’est solitaire, tout est solidaire ! »

Vous allez certainement trouver paradoxal que nous utilisions les paroles d’un Bisontin pour titrer sur le bilan du Fonds de relance économique de Dijon métropole. Enfin, il se s’agit pas de n’importe qui puisque que nous avons subtilisé cette formule à Victor Hugo. Il fallait bien l’un des plus grands écrivains français afin d’illustrer un dispositif vertueux à plus d’un titre : le FREM qui a permis d’épauler pas moins de 271 structures en pleine crise sanitaire !

« Rien n’est solitaire, tout est solidaire ! » Cette citation de Victor Hugo aurait pu, sans conteste, être inscrite sur la porte de Quetign’eat, le restaurant situé place Roger-Rémond à Quetigny (comme son nom l’indique) lors de la présentation du bilan du FREM. Cet acronyme signifiant le Fonds de relance économique de Dijon métropole qui, dans le cadre de ses aides directes, a bénéficié à pas moins de 195 entreprises qui ont subi de plein fouet la crise économique, corollaire de la crise sanitaire, depuis que le Covid-19 et ses confinements successifs sont venus perturber nos vies. Plus de 2,5 millions d’euros ont ainsi été débloqués pour épauler des professionnels implantés dans 15 des 23 communes de l’agglomération et œuvrant dans différents secteurs d’activités.

Si l’on ajoute à cela les avances remboursables – le dispositif soutenu par la Banque des Territoires ouvert jusqu’à la fin de l’année et réabondé par le conseil régional à hauteur de 4 M€ –, qui ont été octroyées à 76 entreprises, ce ne sont pas moins de 271 structures qui ont profité d’un soutien… Un soutien indispensable pour nombre d’entre elles afin de franchir le cap de la crise, comme vous pourrez le lire dans la page ci-contre.

Certes, Victor Hugo est né à Besançon et non à Dijon mais nous avons jeté notre dévolu sur l’auteur des Misérables car il a régulièrement pris fait et cause pour des avancées sociales. Le FREM – rien que dans le cadre des ses aides directes – a eu des répercussions sur un total de 820 emplois. Et, alors que peu d’entre eux avaient de ligne d’horizon, les chefs d’entreprises, les artisans, les commerçants qui en ont bénéficié ne sont pas restés solitaires… profitant d’une belle solidarité.

Essentiel or not essentiel…

Avant même que ne tombe le couperet du 1er confinement, le maire et président de Dijon Métropole, François Rebsamen, a réfléchi avec ses équipes aux solutions à mettre en œuvre pour lutter efficacement contre la crise économique. Pour répondre au mieux aux attentes, l’ancien ministre socialiste de l’Emploi a fait le choix de les développer en concertation pleine et entière avec les acteurs économiques : la CCI Côte-d’Or Dijon métropole, la Chambre de métiers et de l’artisanat de Côte-d’Or, la CPME Côte-d’Or, le Medef Côte-d’Or, la fédération Shop In Dijon… Sans omettre l’Ordre des experts comptables, qui, dans sa technicité, a fait beaucoup pour le traitement et l’avancement des dossiers.

Une commission regroupant l’ensemble des acteurs et placée sous la présidence de Danielle Juban, vice-présidente de Dijon métropole, déléguée au développement économique et à l’attractivité, s’est réunie à 21 reprises afin de se prononcer, dans les plus brefs délais, sur les demandes des structures. Sachez qu’au total, il y en a eu 500 sur les 14 derniers mois et plus de la moitié d’entre elles ont satisfait les critères d’éligibilité, qui ont été arrêtés et assouplis en tenant compte des retours de la CCI et de la CMA, dont les permanents étaient au quotidien aux côtés (en distanciel s’entend) des chefs d’entreprise et artisans. Un exemple illustrant : alors qu’à l’origine, il n’était question que de baisse du chiffre d’affaires, la réduction de la marge fut prise en compte par la suite.

L’intermittence… du travail

A veille de la tenue de chaque commission, Danielle Juban faisait un point avec sa collègue Nadjoua Belhadef, afin que la collectivité puisse panser au mieux les plaies des commerçants qui n’ont pas été épargnés. Essentiel or not essentiel… ayant été la question shakespearienne la plus récurrente au cours des confinements successifs !

In fine, ce sont 122 cafés, hôtels et restaurants qui ont perçu des enveloppes allant de 1 000 à 15 000 €. Pour ceux-ci, qui ont été fermés administrativement de longs mois et à qui le gouvernement n’a pas donné durant très longtemps de portes de sortie (enfin là, nous devrions écrire… d’entrée), le soutien de la métropole n’a pas été que financier. Il fut aussi moral.

Au moment où nombre de chefs d’entreprise, de commerçants et d’artisans étaient soumis à un stress intense (s’interrogeant sur la pérennité de leur structure), cette dimension psychologique fut… essentielle (là on ne peut l’écrire !)

La totalité des aides, qu’elles soient directes ou remboursables, ont, une chose est sûre, permis de gérer le présent – la crise – et d’envisager l’avenir – la reprise qui doit intervenir dès ce 19 mai. Et là nous pouvons redonner la parole à Victor Hugo qui, avec son style si caractéristique, écrivait : « Le travail est la meilleure des régularités et la pire des intermittences ! » Alors espérons qu’une nouvelle vague de Covid-19 ne refasse pas jaillir… l’intermittence du travail !

Camille Gablo

François Rebsamen : « Un outil inventif, solide et réactif »

François Rebsamen, maire et président de Dijon Métropole : « Cette crise sanitaire sans précédent a mis à l’arrêt de très nombreuses activités économiques et a plongé beaucoup d’entreprises dans de graves difficultés faute de trésorerie suffisante. Avec le FREM, nous avons su créer un outil inventif, solide et réactif à leur service. Les acteurs économiques du territoire ont pu compter sur Dijon métropole et la Région pour mettre en œuvre rapidement des aides adaptées qui ne trouvent pas ou peu d’équivalent dans les autres métropoles ou régions. Plafonnées chacune à 15 000 €, ces aides pouvaient être cumulées créant ainsi un levier financier de 30 000 € ».

Le FREM en chiffres

3 572 380 € financés par Dijon métropole (1 014 552 €), la Région (2 304 190 €) et la Banque des Territoires (253 638 €).

Aides directes

2 536 380 € pour le fonctionnement (875 000 €) et l’investissement (1 498 243 €)
195 entreprises soutenues réparties sur 15 des 23 communes de la métropole

33 artisans

162 entreprises inscrites au registre de commerces

820 emplois concernés (dont 93 % issus de TPE de moins de 10 salariés)

Secteurs d’activité aidé

Cafés/hôtels/restaurants : 122 pour 1 504 295 €

Services : 29 pour 363 057 €

Culture /loisirs / sports : 16 pour 217 000 €

Bien-être et beauté : 13 pour 151 466 €

Habillement et chaussures : 6 pour 57 937 €

Traiteur : 4 pour 35 161 €

Autres commerces de détails : 2 pour 17 800 €

Informations et communication : 2 pour 19 826 €

Équipement du foyer : 1 pour 7 362 €

Avances remboursables

1 036 000 €

76 entreprises soutenues (13 361 € le montant moyen de l’aide sur un différé moyen de 14,5 mois avec une possibilité de remboursement sur 43 mois)