Un avant-goût de la… Top Cité

Pas moins de 4 expositions (sur 1 750 m2 au total) pourraient être accessibles pour 8 €. Mais, au menu de la CIGV, figurent également une cuisine événementielle, une cave à vins exceptionnelle, un restaurant gastronomique, une brasserie, un village gastronomique regroupant des producteurs locaux, une école des vins immersive, la Librairie Gourmande, l’école Ferrandi présentée comme « le Harvard de la gastronomie ». Et la liste des ingrédients est loin d’être exhaustive. Le but : mettre l’eau à la bouche aux touristes comme aux Dijonnais ! Voici un avant-goût…

Etre attractif tant pour les touristes que pour les Dijonnais… telle est l’alchimie des plus délicates que doit réussir cette CIGV, qui est, rappelons-le, l’un plus grands projets dijonnais de ce début de siècle. Au même niveau peuvent même dire certains que la métamorphose du musée des Beaux-Arts ou l’avènement du tramway… Mais certainement le plus complexe pour la municipalité dijonnaise – même si les investissements sont moindres, puisque, au terme d’un appel à manifestation d’intérêt, le groupe Eiffage a été choisi pour le réaliser. L’ensemble des investissements privés s'élève à quelque 250 M€, destiné à la fois à l’avènement de la CIGV en elle-même ainsi qu’à la création d’un éco-quartier avec, notamment, trois résidences tournées vers les touristes, les seniors et les étudiants.
La complexité s’est invitée à sa table depuis que Dijon a été choisie pour valoriser le Repas gastronomique des Français classé au Patrimoine mondial de l’Unesco, les coups d’arrêts (souvenez-vous des nombreux recours politiques), les bouleversements ou les changements de direction ont été nombreux. Si bien que des oiseaux de mauvais augure ont souvent plané au-dessus de ce projet… La « coquille vide », une expression que l’on pouvait entendre dans la bouche de ses détracteurs, s’est progressivement remplie alors que, dans le même temps, la cité gastronomique lyonnaise, dont, là aussi, beaucoup louaient son avance, fut coupée dans son élan. Taillée en pièces même devrions-nous écrire… Et la situation sanitaire n’explique pas tout, le manque de contenu de son exposition mais aussi le tarif prohibitif de l’entrée (12 € pour la visite simple et 24 € avec les dégustations des chefs) n’étant pas étrangers à cet échec de la Cité des Canuts,
Certes, il faudra attendre l’ouverture puis les premières années d’exploitation de la CIGV afin de de dresser des bilans mais la recette dijonnaise est, sur le papier encore pourrait-on dire, beaucoup plus alléchante. Et nous ne parlons pas seulement de l’ingrédient cinématographique et de ses 13 salles au total, avec le multiplexe Pathé-Gaumont et le cinéma d’art et d’essais Supernova, qui feront que, de facto, que les adeptes du 7e Art s’y rendront.
En ce qui concerne le plat de résistance – le contenu culturel –, pas moins de 4 expositions seront consacrées à la gastronomie, au vin et à la pâtisserie. Dans le Hall d’entrée, l’exposition « A table » contera le Repas gastronomique des Français avec une mise en bouche scénique des plus dynamiques. Vous y trouverez également une exposition intitulée « En cuisine » qui sollicitera vos 5 sens. Dans la chapelle des Climats, ce seront les climats de Bourgogne et les autres produits bourguignons qui bénéficieront d’un véritable écrin. Un gigantesque cep ainsi que des écrans géants vous immergeant dans les terroirs devraient investir l’ancienne chapelle de l’Hôpital général. Ajoutons à ces expositions permanentes une temporaire sur la pâtisserie parrainée par le célèbre Pierre Hermé qui fera le bonheur de tous les gourmands.


Pour toutes les bourses

Mais la CIGV proposera surtout des expériences uniques qui ne seront pas sans rappeler l’une des émissions culinaires préférées des Français (Top Chef pour ne pas la citer) : ainsi – et ce n’était pas prévu au départ – le groupe K-Rey présidé par William Krief en charge de la commercialisation des espaces implantera une cuisine événementielle de 570 m2 sur différents niveaux, où se dérouleront des démonstrations, des « masterclass » de chefs ou de MOF qui pourront être observés soit de l’intérieur (des gradins pourraient être installés) soit à distance sur les écrans de la Cité ou bien sur les réseaux sociaux. Cette cuisine pourra également accueillir les cours de l’école Ferrandi destinés aux amateurs, les cursus des étudiants se déroulant dans le canon de lumière.
La Cave de la Cité sur 3 niveaux, avec pas moins de 250 œnomatiques (permettant de déguster autant d’appellations du monde entier à tous les prix), sera également « le point de convergence des dégustations à la carte » associées aux expositions. Mais elle sera aussi accessible à tout un chacun et particulièrement appréciable en été avec ses deux terrasses. Un restaurant gastronomique ainsi qu’une autre bistronomique, particulièrement contemporains (voir ci-dessous) pourront, eux aussi, faire le bonheur de tous (et de toutes les bourses). L’école des vins du BIVB, qui permettra une approche immersive, « proposée en billet combiné ou non avec les expositions », devrait faire des émules chez les néophytes comme chez les amateurs.
N’oublions pas le Village gastronomique où des producteurs et artisans locaux se succéderont pour présenter leur-savoir faire… Peut-être, qui sait, dans les prochaines années le nouveau lieu branché de Dijon pour faire ses courses ! Un Village où l’esprit pourra également se nourrir au sein de la Librairie Gourmande où tous les plus grands chefs se rendent à Paris.
Et, à la carte de la CIGV, il faut également ajouter des circuits proposés par l’Office de tourisme de Dijon qui pourront conduire les visiteurs sur la route des Grands Crus pour des dégustations au château de Marsannay par exemple. Si bien qu’elle pourrait ainsi devenir « un véritable hub vers le vignoble tout comme vers le centre-vile de Dijon ».Tous devraient ainsi pouvoir mordre à pleines dents dans la CIGV qui sera loin d’être un musée… Vivement le premier coup de fourchette !

Camille Gablo

Et si l’on vous parlait… d’Epicure

La Cité internationale de la Gastronomie et du Vin sera épicurienne, à plus d’un titre. Afin d’incarner le bien-manger et le bien-boire, parmi le menu copieux qu’elle propose, figurent un restaurant gastronomique, un établissement bistronomique ainsi qu’une Cave à Vins. Celle-ci, sur 3 niveaux, devrait proposer à terme 2 500 références du monde entier, dont 1 000 de Bourgogne et pas moins de 250 œnomatiques afin de déguster autant de vins au verre. Une première à l’échelle européenne. Il semblerait, selon nos informations, que ces trois espaces, qui, sans conteste, participeront à l’attractivité du site, soient confiés à un nouveau fonds d’investissement qui a fait ses preuves à Sète : Epicure.
Dans la cité de Georges Brassens, ce fonds a mis en musique, en 2018, un projet gastronomique et culturel, autour d’un restaurant iconique, The Marcel, un établissement bistronomique attenant, Le Comptoir, ainsi qu’un cinéma historique de la ville (Le Rio). Quelques mois seulement après son ouverture, le restaurant The Marcel, revisité de façon contemporaine, où la cuisine a été confiée aux bons soins du chef Fabien Fage, décrochait une étoile Michelin… et créait même une annexe aux halles de la cité sétoise. Créé par Julien Bernard, à l’origine, en 2006, du cabinet Nova Consulting, œuvrant dans le secteur de la culture, du tourisme et du sport, qui fut notamment retenu pour la restauration de la Tour Eiffel, Epicure a pour objectif de décliner le modus operandi sétois dans d’autres villes. Et, au mois de mai dernier, le nom de ce fonds d’investissement apparaissait dans le journal Les Echos « dans le cadre de la future CIGV de Dijon ». Depuis il alimente nombre de conversations… S’appuyant sur le savoir-faire local, comme il l’a fait au bord de la Méditerranée – peut-être, qui sait, en ayant recours à un grand chef de la région afin que le restaurant gastronomique soit lui aussi rapidement auréolé d’une étoile ? – et disposant d’une belle expertise dans le domaine gastronomique et culturel, Epicure pourrait avoir toutes les cartes en main pour faire de ces établissements de futurs lieux particulièrement attractifs de la CIGV. Qui, alors, pourra réellement être qualifiée d’épicurienne… par excellence. Ou bien de Top Cité !