Sommes-nous des Oncle Tom ?

Les adolescents issus des quartiers dits sensibles ou réfractaires à l’idée de France contribuent au climat de violence en cet an de disgrâce 2021. D’autres fauteurs (fautrices !) de troubles, manipulés par des courants autrement plus pernicieux, alimentent l’orage… La victimisation des minorités érigée en système par Assa Traoré ou Rokhaya Diallo – étendards et gourous féminins dans l’âme – participent à cette arnaque idéologique générant une vision apocalyptique des sociétés occidentales. Nos deux amazones chevauchent réseaux sociaux ou plateaux médiatiques avec une fougue hargneuse contre « le privilège d’être blanc ». Sommes-nous contraints de subir, parce que nous sommes attachés à notre culture grecque et judéo-chrétienne, les coups de buttoir de leur « filousophie », de leur « voyoutocratie » fondées sur une légitimation de la violence contre la France, contre la démocratie ou les lois de la République ? Voir inscrit un jour sur le fronton de nos édifices publiques le slogan de la Française d’origine africaine Rokhaya Diallo - « Privilège de ta race » - ne dit rien qui vaille. Car, tout dépiauter à l’aune de la couleur de peau de chacun et de chacune revient à redonner du lustre à ces vieilles lunes que sont la réduction d’un individu à ses seules origines ethniques, la promotion d’un racisme à rebours, l’exclusion ainsi que la violence. Racisme à fleur de peau, donc … si l’on se réfère à la mésaventure de cette néerlandaise qui, pour cause de « blanchitude », fut jugée indigne de traduire le poème de l’afro-américaine Amanda Gorman.

D’ailleurs, à trier ce qui devrait le haut du panier sociétal, que trouve-t-on ? La chape de plomb que l’on a enfilée depuis trois/quatre décennies sur bien des universitaires, donnant libre cours à une démagogie consensuelle, porteuse de censure, de haine, de violence à l’égard de quiconque revendique la liberté de penser. Ce laxisme, la percée de l’islamo-gauchisme dans de nombreuses disciplines des Universités ou comme on l’a vu récemment à Sciences-Po, la totale complaisance vis-à-vis des poussées d’urticaire de l’orthographe inclusive fonctionnent tels des clusters de la pensée ou selon l’implacable mécanisme de l’inquisition des temps modernes. Malheur à ceux, qui comme ces professeurs d’histoire de Sciences-Po ou de philosophie de Trappes, osent bousculer les lignes de la couardise, de la paresse intellectuelle de leurs pairs. L’intolérance qui sévit dans les strates d’un « savoir » aussi officiel que tendancieux aboutit à des ostracismes, des évictions, des interdictions d’enseigner d’une violence sans nom ! Les problèmes que pose l’actuel état des lieux sont certes les problèmes d’aujourd’hui, et seront davantage ceux de demain.

Le féminisme exacerbé, hystérique à la Charcot, de nombreuses bandes de revanchardes du tout et du rien navigue dans ces mêmes eaux troubles de la violence ou du despotisme. A quoi bon exiger une avancée de la cause des femmes sur les seuls principes de l’équation hommes/femmes, si la méritocratie n’est pas aussi la règle. A regarder bien des partis politiques, on s’aperçoit que les femmes qui se trouvent dans leurs rangs ont été souvent choisies sur le seul critère de ne pas faire d’ombre à ces messieurs… Qu’on le veuille ou non, il s’agit-là de violence larvée, hypocrite à l’encontre de femmes de talent, libres-penseuses dans le sens originel du terme. Pourquoi tant de haine, de violence dans le monde, ou dans notre pays qui demeure le symbole de véritables émancipations, d’avancées de la pensée ou de la science ? La France et bien d’autres nations occidentales sont le fruit de mille découvertes portées par des esprits décapants, des femmes et des hommes affranchis, innovants. A ce stade, comme l’écrit Cyril Bennassar dans son opuscule « L’Arnaque antiraciste expliquée à ma sœur », il est salutaire de rappeler que les Black Muslims qualifiaient Martin Luther King d’Oncle Tom…

Marie-France Poirier