Dessine-moi un mouton… bio !

Vous allez certainement vous dire que débuter un article présentant notre dossier sur le « Bien manger local » par un sénateur et général romain du 1er siècle avant Jésus-Christ représente un anachronisme. Ou bien que notre esprit est encore marqué par les récentes élections sénatoriales… Ou encore que l’épée de Damoclès de la Covid-19 qui plane au-dessus de nos têtes (sans parler de l’expression « couvre-feu » remise au goût du jour, fort heureusement pas encore en Côte-d’Or) nous conduit involontairement à des références guerrières. Tant pis ! En guise d’entrée de ce dossier, nous allons vous servir la formule de Lucius Licinius Lucullus qui a vaincu les armées de l’Arménie et du Pont (un royaume antique près de la mer noire) lors de la 3e guerre opposant Rome à Mithridate le Grand. Ce n’est pas pour ses victoires que son nom est arrivé jusqu’à nous. Non : c’est grâce à Plutarque, qui relata, bien plus tard, l’une des formules que ce général asséna à l’un de ses serviteurs : « Ce soir, Lucullus dîne chez Lucullus ». C’est ainsi que sa réputation de gastronome allait traverser les siècles... Et que la table de Lucullus allait pouvoir être érigée et faire le bonheur des gourmets lors de la Foire internationale et gastronomique de Dijon.

Cette entrée (en matière) nous permet aussi d’avoir une pensée pour toutes celles et tous ceux à qui l’édition 2020 de la Foire, annulée pour cause de crise sanitaire, manquera… Et nous en sommes, comme vous pourrez le découvrir dans notre prochain numéro. En paraphrasant Lucullus, nous aurions pu intituler ce dossier : « la Côte-d’Or dîne en Côte-d’Or ! »

374 488 personnes touchées

Jamais – enfin depuis que la mondialisation existe car avant ils s’imposaient d’eux mêmes – les circuits courts n’ont bénéficié d’une aussi longue… liste d’adeptes. Le fait que d’aucuns aient (enfin) remis au goût du jour la formule de Saint-Exupéry – « Nous n’héritons pas la terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants » – y est évidemment pour beaucoup. Dessine moi… une planète durable (mais cela marche encore avec un mouton… bio naturellement), cette philosophie partagée dorénavant par le plus grand nombre fait que le locavore (mot au demeurant peu appétissant lorsqu’on le prononce, essayez et vous verrez !) devient goûteux. Il faut dire que celui-ci permet à la fois de limiter l’empreinte carbone mais aussi et surtout de faire vivre les producteurs locaux. Les mêmes qui subissaient – il est nécessaire de le rappeler, cela illustre à quel point parfois nous, les Français, pouvons être versatiles ! – l’agribashing… Depuis, enfin pour ceux qui ont verdi leurs modes de production, le tampon AB ne renvoie plus, dans l’inconscient collectif, aux séries produits par AB Production (mais si, certains d’entre vous se souviennent encore du Club Dorothée même s’ils ne l’avoueront jamais) mais à Agriculture Biologique…

Et les initiatives dans le domaine sont légion (et ce n’est pas la légion romaine dont il est question cette fois-ci!) comme vous pourrez le découvrir au fil des pages suivantes. A l’instar de ce que nous avions fait durant le confinement en lançant l’opération « Sauvons nos restos et nos bistros », qui, sur la page Facebook de Dijon l’Hebdo, a touché 374 888 personnes et auguré de 5 500 partages (des chiffres gargantuesques aurait pu écrire Rabelais qui illustre l’appétence française pour les bonnes tables !), nous avons décidé de placer les projecteurs sur le « Bien manger local ». Nous vous souhaitons « Bon appétit… » selon l’expression qui remonterait au Moyen-Age… où les circuits courts battaient leur plein !

La rédaction