Chopine Dijon N°102 : Train d’enfer

 

Chez Gérard, la clientèle d’habitués, plongée dans le maelström d’une chaudière de loco à vapeur des années 1885, est à mille lieues de la magie de l’Orient-Express. La faute à … ? Au rapport Spinetta. Et à… ? A l’intervention d’Edouard, notre député des Chimpanzés à l’Assemblée des Oasis. Lui ne se déplace qu’en mode aérien : accrobranche ou vols Air France, sinon rien d’autre ! Voilà qu’il s’offre le culot d’entrer en collision avec Jean et Bruno, retraités Sncf  et carte Senior à vie au réseau des Insoumis. Le Bonobo a des lettres. C’est ça qui fait mal.

Edouard : « J’accuse les syndicats d’immaturité et de clientélisme, en faisant une ligne rouge de la remise en cause du statut de la Sncf. Statut qui, en gros, a pris forme entre 1870 et 1930. Du temps de La Bête Humaine d’Emile Zola   ou celui des Chevaliers du Chaudron d’Henri Vincenot, ce fameux statut des cheminots avait sa pleine justification, vu la pénibilité du travail. Et les romanciers allaient bon train en conférant à ce grand corps ferroviaire la dimension mythique d’un ogre ou d’un centaure. L’actuel gouvernement entend avec pragmatisme décrocher les wagons, les uns après les autres, pour en faire une société d’économie mixte et l’ouvrir à la concurrence ».

Stop ! Plus rien ne circule. Tout le bistrot se retrouve à quai, en train  - sans jeu de mots - de zieuter un improbable panneau d’affichage, susceptible d’indiquer la bonne façon de contrer notre Bonobo. Les minutes passent … Et-et ? Bravo, c’est Arnaud l’Intello  qui s’y colle : « Une manifestation nationale est prévue pour le 22 mars. Je parie sur un blocage total de la France ».

Flop général. Le troquet comptait sur une tirade à la Corneille. Il n’y a là qu’un refrain à la Bénabar.  C’est Antoine, éternel broc-recycleur, qui va sauver la situation : « On s’en fout de tout ça ! J’affirme qu’une nouvelle Sncf ne se mettra en marche que si elle offre des aller et retours pour une terre promise, où les voyageurs -billets en poche- retrouveront enfin de quoi rêver, et où les dirigeants de la Sncf s’attelleront à un grand projet fondateur. Mais, imaginer un futur qui se résume à jouer 47 milliards de dettes contre le statut du service public ou la fermeture de lignes avec 1 000 voyageurs/jour dans certains départements, c’est la guerre du rail assurée ! »

Bravo Antoine ! Et dire que Macron veut innover en matière d’aménagement du territoire… On est en pleine période de carnaval et de Carême : il est donc permis de moquer le roi Emmanuel 1er et de l’envoyer en 2ème classe dans le TER « souffreteux » Dijon/Laroche-Migennes.

Marie France Poirier