Thierry Falconnet : « Agir pour une ville plus sereine »

Vivre-ensemble, transition écologique, tranquillité publique, lutte contre les inégalités, accessibilité, cadre de vie, verdissement de la ville, logements… Les sujets ne manquent pas à Chenôve. Tour d’horizon avec le maire Thierry Falconnet.

Vous avez été réélu dès le premier tour, en mars dernier, avec une majorité confortable. Comment expliquez-vous cette nouvelle marque de confiance ?

Thierry Falconnet : « C’est une reconnaissance du travail effectué depuis plus de 10 ans. C’est l’effet conjugué d’un bon bilan, d’une bonne campagne et d’un bon programme. La ligne que nous avons défendue était celle du soin. Prendre soin : une formule déclinée selon plusieurs axes. La ville et ses habitants, ses générations, son environnement et sa nature, mais aussi la ville dans le cadre métropolitain pour affirmer à la fois notre appartenance à cette communauté de destin, et notre volonté d’exister en tant que Chenôve parmi les 23 communes de la métropole.

C’est aussi, je pense, une confiance renouvelée à la personne même si une liste est un collectif. Chacun connait ma proximité, mon écoute, mon attention vigilante aux uns comme aux autres. C’est aussi, j’en suis certain, ce travail de concertation, d’échanges avec les forces vives de Chenôve, le tissu associatif, qui s’est traduit dans les urnes. Tout cela a constitué les ingrédients de la victoire dès le premier tour même si nous avons déploré une participation insuffisante ».

Que retenez-vous principalement de cette campagne municipale ?

« Il nous a fallu, cette année, faire face à une forte opposition. Deux listes de gauche : radicale et d’extrême-gauche. Une conduite par LFI et l’autre par Lutte Ouvrière. Et une liste sans étiquette rassemblant des personnalités de la droite, du centre, des proches d’Emmanuel Macron, et qui a mené une campagne très dure à notre endroit, pleine de rumeurs et d’insinuations…

Notre liste, elle, est restée au niveau des enjeux auxquels Chenôve est confrontée. Et c’est très certainement ce positionnement responsable qui nous a permis d’être élu dès le premier tour au terme d’une campagne tardive, certes, mais que nous avons voulu dynamique dans ces temps troublés et moroses dans lesquels nous vivons. Il est indispensable que les administrés voient des élus, bien évidemment très impliqués, mais aussi optimistes. Je dis bien optimistes, pas angéliques… »

Revenons sur cette notion de « prendre soin » …

« Nous sommes dans une période de transitions. Financière, environnementale, énergétique… En matière de cohésion sociale, d’accompagnement des citoyens notamment des plus fragiles. Chenôve reste une ville pauvre avec une proportion de personnes qui vivent sous le seuil de la pauvreté qui augmente. C’est le cas pour 29 % de la population. Et je n’oublie pas tous ces enfants qui sont au cœur de ces difficultés. Nous faisons au mieux pour assister les plus fragiles. Et au-delà de tous les constats, c’est une véritable politique nationale qui sera à même de réduire ces situations précaires ».

Quelle est aujourd’hui votre priorité absolue ?

« Ma priorité absolue, c’est l’apaisement de la ville. C’est de poursuivre ce travail engagé depuis plus de dix ans pour rendre Chenôve toujours plus agréable à vivre pour ses habitants. Bien évidemment, vous m’interrogez à un moment où l’actualité est à nouveau marquée par des incivilités, par des troubles à la tranquillité résidentielle, à l’ordre public. A un moment où j’ai pris des décisions fortes en instaurant un couvre-feu pour les mineurs de moins de 16 ans jusqu’au 17 juillet. Certains ne manqueront pas de dire que « Chenôve ne change pas ». Je m’oppose à cette affirmation car Chenôve change, évolue dans le bon sens malgré, effectivement, ces phénomènes qui peuvent nuire à la tranquillité de toutes et tous ce que je combats au quotidien.

Le fait d’avoir pris ces décisions fortes, en pleine coopération et accord avec les autorités compétentes que sont la préfecture, la police nationale, l’institution judiciaire, l’éducation nationale, montrent que le maire et sa majorité agissent. Que nous ne restons pas passifs face à ces situations. Que nous en prenons toute la mesure ».

Parmi vos engagements de campagne, lesquels seront mis en œuvre le plus rapidement ?

« Le mandat s’annonce particulièrement riche en investissements et en projets structurants.

Parmi les principales réalisations prévues figurent la rénovation de la bibliothèque François Mitterrand, qui accueillera également une ludothèque, la reconstruction du centre de loisirs du Plateau, la rénovation complète de l’école des Violettes, la transformation du quartier Kennedy et de son centre commercial, ainsi que la poursuite du projet de ligne T3 du tramway.

La municipalité souhaite également accompagner l’implantation d’un établissement de santé sur le sud de la métropole, poursuivre la requalification de l’avenue Roland Carraz, valoriser le patrimoine local à l’occasion des 90 ans de la Route des Grands Crus et rouvrir les anciens pressoirs de la commune. Autant de projets qui devront être menés dans un contexte budgétaire particulièrement contraint ».

La construction de nouveaux logements reste aussi au centre de vos préoccupations ?

« Tout cela ne doit pas nous faire oublier qu’il faut promouvoir Chenôve, renforcer son attractivité. Nous sommes une ville qui gagne des habitants. Cela peut paraître paradoxal mais c’est la réalité.

C’est pourquoi je suis aussi très attentif à la classe moyenne. Cette classe populaire supérieure ou cette classe moyenne inférieure composée de jeunes couples avec enfants qui pourraient avoir envie d’acquérir un logement en accession et qui ne le peuvent pas au regard des prix des logements neufs devenus prohibitifs. A ce titre, la réflexion engagée au niveau de la métropole sur l’office foncier solidaire m’intéresse au plus haut point car j’ai toujours la volonté d’amener à Chenôve une nouvelle population pour équilibrer sociologiquement la ville et bénéficier d’une offre exemplaire en matière sportive, d’accès à la culture, d’éducation… Tous nos moyens mis au service de la jeunesse et de l’enfance. Je pourrai décliner toutes les qualités, tous les talents de Chenôve…

Nous avons une demande forte de logements, et notamment de logements neufs, sur Dijon Métropole. Pas seulement de logements à loyers modérés. Des logements en accession sociale et en accession libre. Mais force est de constater que nous avons à chaque projet de construction, à chaque projet immobilier des réactions épidermiques de gens qui s’y opposent. Avec un discours paradoxal qui met en avant la nécessité de construire… mais pas dans leur environnement. C’est le syndrome du « pas à côté de chez moi ». Même si ces gens savent qu’il y a, chaque année, 12 000 demandes de logement qui ne sont pas satisfaites…

Il va falloir que cette question se règle. Moi, je suis attaché à la concertation, au dialogue, dans le respect des règlements qui sont posés. Il existe un plan local d’urbanisme intercommunal qui prévoit un certain nombre de logements construits chaque année sur le territoire métropolitain. Chenôve est moins concernée que d’autres communes de la métropole par la construction de logements dits sociaux parce que la proportion que nous avons en la matière est, historiquement, élevée. Notre intérêt, c’est justement de faire venir d’autres populations pour ramener de la mixité sociale. Toute une population nouvelle qui va alimenter nos services publics.

Je continuerai à être un maire qui encouragera la production de logements sur son territoire tout en veillant à la qualité de l’environnement, à la végétalisation de la ville, à l’installation d’îlots de fraîcheur et en ramenant la nature en ville comme je l’ai déjà fait, notamment avec l’installation d’un parc de 2 hectares en plein centre de Chenôve ».

Propos recueillis par Jean-Louis Pierre