Céline Tonot, maire de Longvic, brillamment élue en mars dernier, s’attache à conduire une politique de proximité au service des habitants. Son succès aux dernières municipales s’est bâti sur sa volonté de mettre en œuvre un développement équilibré de la ville en conciliant amélioration du cadre de vie, dynamisme économique, transition écologique et renforcement des services publics.
Quelle est votre définition, Céline Tonot, d’un maire efficace en 2026 ?
Céline Tonot : « Vous me permettrez de rectifier d’emblée une chose importante : je préfère qu’on dise une maire. C’est important parce que cela traduit cette belle évolution que l’on constate dans la sphère publique. C’est une réalité : il y a de plus en plus de femmes qui s’impliquent dans les collectivités. Et quand c’est une femme qui préside aux destinées d’une commune, il me semble préférable de dire tout simplement une maire… Il faudrait même que le Larousse ou le Petit Robert en tiennent compte.
Pour revenir à votre question, l’efficacité repose sur les capacités d’écoute, sur la proximité et la réciprocité avec ses administrés. On n’est jamais seul quand on exerce la fonction de maire. L’efficacité émane de la cohésion de l’équipe d’élus qui nous entoure, de la façon dont les énergies sont fédérées. Je peux vous assurer que la nouvelle équipe municipale, renouvelée à près de 50 %, fait preuve d’une énergie débordante. Et la population de Longvic y est évidemment très sensible ».
Quels sont aujourd’hui les sujets qui reviennent le plus souvent lors de vos rencontres avec les habitants ?
« Les habitants nous parlent évidemment de ce qui compose leur quotidien et des difficultés qu’ils rencontrent que ce soit des retards dans les loyers, le poids des charges locatives, les hausses des carburants liées à notre dépendance aux énergies fossiles… Ces problèmes, les habitants les évoquent, nous les confient tout en connaissant les limites qui sont les nôtres dans ces domaines. Pour autant, nous avons convenu de leur apporter une solution avec la mise en place dès le début du mois de juillet d’un achat groupé avec Ecodigo pour le gaz et l’électricité. C’est bien ce que je vous disais : c’est collectivement qu’on arrive à être plus performant. Plusieurs communes de la métropole ont entrepris une action similaire : Chevigny-Saint-Sauveur, Quetigny, Sennecey-lès-Dijon, Talant, Bretenière…
Mais il n’y a pas que du négatif dans les propos de nos habitants. Souvent, ils se plaisent à reconnaître la qualité de leur cadre de vie. Un cadre de vie apaisant avec des espaces verts. Tout récemment une dame m’a félicitée parce que nous plantons des arbres. Cette dimension nature, nous avons l’intention de la mettre encore plus en avant avec le projet du parc de l’Ouche qui s’étend sur 6 hectares entre le cours d’eau et la voie de chemin de fer. Ce sera l’occasion de valoriser toute la biodiversité, la dimension apaisante de la nature sur cet espace qui est la propriété de la ville de Longvic et qui, jusqu’alors servait de déchetterie verte pour nos agents municipaux. Cela demande un inventaire de toutes les espèces qui s’y trouvent… Ce projet correspond aussi à notre volonté d’embellir une entrée de ville ».
Quels sont les principaux changements que les Longviciens ont déjà pu constater depuis votre arrivée ?
« Le véritable changement, c’est la multiplication des rencontres avec les habitants que ce soit sous la forme de café – jus d’orange ou d’apéritif sans alcool, au coin des rues, avec la maire. C’est, me semble-t-il, une façon efficace et décontractée pour aborder la problématique des quartiers -quand il y en a- et tenter d’y remédier. Une façon aussi d’entendre les souhaits qui peuvent s’exprimer dans tous les domaines, y compris dans des compétences qui pourraient nous échapper. La frontière commune-métropole est parfois difficile à comprendre ».
Qu’avez-vous découvert de plus difficile dans l’exercice de la fonction de maire ?
« Le plus difficile, ce n’est pas l’exercice même de maire. Les complications, elles apparaissent surtout dans la gestion de la ville face aux restrictions que nous impose l’Etat et qui ne facilite pas la préparation des budgets. Nous devons nous adapter sans cesse à des mesures gouvernementales, des normes, qui changent tous les ans. Ce sont des situations qui demandent beaucoup de souplesse et une belle capacité d’adaptation de la part des élus. Aujourd’hui, la visibilité est des plus réduites et je ne suis pas en capacité d’affirmer que tout ce qu’on aura envie de faire sera réalisé durant le mandat. Difficile de se projeter dans l’avenir dans ces conditions que partagent mes collègues maires ».
Comment définiriez-vous aujourd’hui l’identité de Longvic ?
« Ce qui nous importe, et nous l’avons partagé pleinement avec José Almeida, c’est de préserver ce cadre de vie paisible apprécié par les Longviciens. Nous avons de nombreux atouts capables d’attirer et de convaincre des personnes, des couples, des familles qui souhaitent s’installer dans la métropole dijonnaise. La mobilité est facile avec un réseau de bus très fréquenté. Nous sommes une des lianes les plus rentables pour Divia. On accède aux autoroutes dans les meilleures conditions. La zone d’activité économique est importante et représente beaucoup d’emplois. Longvic est une ville parfaitement intégrée à une métropole qui fait tout pour s’adapter et atténuer le changement climatique ».
Quels sont les dossiers métropolitains qui sont aujourd’hui les plus importants pour Longvic ?
« Je vais commencer par une bonne nouvelle : c’est le réseau de chaleur urbain qui arrive à Longvic. C’est une grande avancée pour la ville qui va mettre fin à notre dépendance aux énergies fossiles. Cela concerne la commune avec la mairie, la médiathèque, la maison du développement économique, nos écoles… mais aussi des bailleurs sociaux, des copropriétés privées, l’école de gendarmerie… C’est une grande mutation qui nous attend avec la requalification du futur quartier Valentin ».
Cela va nécessiter des travaux qui vont créer, vous ne pourrez pas y échapper, de l’insatisfaction ?
« Il y aura toujours des mécontents mais l’essentiel, c’est de savoir que nous avons imaginé un tracé qui devrait ne pas trop impacter les Longviciens… »
Longvic possède un passé industriel fort et des zones d’activités importantes. Comment la ville se prépare-t-elle aux évolutions économiques du territoire ?
« Je ne m’y prépare pas seule, avec mon équipe municipale, mais en partenariat avec les acteurs locaux que sont les entreprises. Je pense tout particulièrement aux entreprises de formation, nombreuses sur notre territoire : l’Ecole des Métiers, Aftral-Istelli… pour ne citer que les plus importantes. Une école de formation pour les métiers liés aux techniques alimentaires qui va bientôt s’implanter… C’est un véritable campus de formations qui est en train de se créer sur Longvic en proximité avec les acteurs locaux. Nous avons également une activité qui se développe sur Beauregard avec de grandes entreprises comme Savoye, Urgo, Eiffage Energie… Nous touchons là l’industrie de pointe. Et nous disposons d’une belle offre hôtelière ».
Comment aimeriez-vous que les Longviciens décrivent leur ville au terme du mandat qui est en cours ?
« Déjà, que ce soit une ville toujours agréable à vivre, animée avec une offre culturelle aujourd’hui importante. Une ville toujours aussi impliquée dans son siècle, dans l’innovation, en veille constante par rapport au changement climatique. J’en profite pour souligner nos efforts en terme d’installation de panneaux photovoltaïques sur nos parkings, sur l’aéroport, sur le site d’Odivea… pour produire de l’électricité ».
Vous avez été élue 3e vice-présidente de Dijon Métropole en charge de la transition écologique. Une délégation dans laquelle on peut vous sentir à l’aise quand on sait que votre commune est aussi qualifiée de ville nature… ?
« L’investissement qui est le nôtre dans ce domaine a certainement joué dans la confiance que me porte le président François Rebsamen. Je l’en remercie sincèrement. La transition écologique relève d’une véritable appétence. Je me suis toujours investie dans tout ce qui touche à notre environnement. Cela a commencé quand j’étais toute petite dans le Jura aux côtés de mon père qui s’occupait d’une association de pêche. La problématique de l’eau, je la connais bien.
Il est essentiel, vital, que nous changions nos comportements dans tous les aspects de la vie quotidienne. C’est un travail évidemment collectif pour prendre soin de notre planète. L’environnement, l’écologie, c’est l’affaire de tous, alors soyons tous mobilisés ».
Propos recueillis par Jean-Louis Pierre





