Guillaume Ruet : « Le bon sens avant tout »

Guillaume Ruet estime que sa réélection sans opposition traduit la confiance des habitants dans son bilan et sa méthode fondée sur la proximité. Ses priorités sont de préserver la qualité de vie malgré les contraintes financières, soutenir le pouvoir d’achat (notamment via les achats groupés d’énergie), anticiper le vieillissement de la population et améliorer les transports vers Dijon. Il met également en avant la rénovation du groupe scolaire Buisson-Rond, un projet majeur de 8 M€ visant à créer une école à énergie positive. Enfin, il revendique une approche pragmatique, au-delà des clivages politiques, au service des intérêts de Chevigny-Saint-Sauveur.

Aux dernières élections municipales, votre liste était la seule en lice. Certains y voient la preuve d’un large consensus autour de votre action… d’autres peuvent s’inquiéter d’un déficit de débat démocratique. Comment réagissez-vous à ces deux lectures ?

Guillaume Ruet : « Le résultat est net. Malgré l’absence totale de suspense, 3500 Chevignois ont pris la peine de sortir de chez eux pour venir voter. Jamais, dans l’histoire de la commune, un Maire n’avait obtenu autant de suffrages. Si personne n’a osé monter une liste face à mon équipe, c’est peut-être parce que notre bilan parlait pour nous. Je ne vais pas m’excuser de rassembler. La démocratie appartient à ceux qui ont le courage de s’engager Mon rôle n’est pas de susciter des adversaires mais de proposer un projet qui rassemble si largement qu’il finit par faire consensus.

Cette victoire sans appel résulte aussi de 6 ans de terrain, à arpenter les rues chevignoises, à rencontrer et échanger avec les habitants. Réunions et visite de quartiers, des centaines de rendez-vous d’administrés par an… tout au long du mandat, je suis resté accessible, à la rencontre des Chevignois ».

L’absence d’opposition au conseil municipal modifie-t-elle votre manière de gouverner ou de prendre des décisions ?

 « Pas vraiment. Je ne vais pas changer une méthode qui gagne : la proximité ! Ecouter avant d’agir, rester proche pour être efficace. Sans opposition, nous allons avoir encore plus l’obligation d’être à l’écoute de tous les Chevignois. On va écouter, on va trancher et on va appliquer notre programme. Je n’ai pas promis la lune, j’ai promis la cohérence et du sérieux. Les Chevignois ont d’ailleurs voté pour ça. L’absence d’opposition au conseil municipal ne signifie pas l’absence de regard critique. Les habitants, les associations, les commerçants peuvent parfois jouer ce rôle naturellement, et c’est très bien ainsi. Ma porte est et restera toujours grande ouverte. Un élu qui ne se remet jamais en question devient vite un élu déconnecté, et ça, je ne veux pas ».

Quels sont aujourd’hui les principaux sujets de préoccupation que vous remontent les habitants ?

« Ce qui me frappe le plus, c’est la peur de l’avenir qui se généralise. La peur de voir le déclin nous toucher. Que ce soit à l’échelle de la France mais aussi à celle de la Ville, mais aussi pour nos enfants. Les prochaines années vont être compliquées, c’est une certitude. La crise de la dette de l’Etat aura forcément un impact sur les collectivités territoriales. Les habitants attendent de leur Maire qu’il tienne la barre dans la tempête. De cette bonne gestion découlera notre capacité à maintenir un cadre de vie, à entretenir le patrimoine communal, avoir une police municipale avec des moyens ou continuer à avoir une politique sportive et culturelle dynamique ».

En matière d’idées pour améliorer le pouvoir d’achat de vos administrés, on peut dire que vous avez été pionnier…

C’est vrai ! Le pouvoir d’achat, c’est une préoccupation forte des Français. A Chevigny, nous avons été pionnier en 2021 avec les achats groupés d’énergie (gaz et électricité) et aujourd’hui je vois de nombreuses municipalités suivre notre exemple. Tant mieux ! C’est du bon sens ! C’est le pragmatisme que l’on attend d’un maire. Tout le monde se « serre la ceinture », alors si on peut aider nos concitoyens à faire quelques économies sur leurs frais fixes, c’est utile, c’est un vrai service que nous leur rendons. Sur les achats groupés d’énergie, les résultats ont été au rendez-vous en 2021 et en 2024. C’est pourquoi nous les relançons cette année. Des centaines de foyers chevignois ont réalisé des économies significatives sur leur facture ».

Quelle est, selon vous, la principale force de votre commune aujourd’hui ?

« Le point fort de Chevigny, c’est que l’on a tout sur place : animation, commerces, professionnels de santé, associations sportives et culturelles, établissements scolaires de la crèche jusqu’au lycée… Le tout, à proximité immédiate de Dijon, à 5 minutes du centre commercial de Quetigny et à 10 minutes du CHU ou de l’université. Nous bénéficions aussi d’une cadre de vie agréable, avec des espaces verts de qualité, avec de la sécurité. Notre Police municipale compte désormais 6 agents et s’appuie sur un réseau d’une soixantaine de caméras. Il fait bon vivre à Chevigny et je me bats pour que cela continue longtemps ».

Et à l’inverse, quel est son principal défi ?

 « Comme partout en France, l’allongement de la durée de vie est un énorme défi. Aujourd’hui, 1 habitant sur 4 a plus de 60 ans ; en 2040, ce sera 1 sur 3. Le nombre de personnes vivant après 80 ans va doubler en 20 ans.  C’est une révolution démographique et Chevigny doit se tenir prête, afin d’être une ville où il fait bon vieillir. C’est d’ailleurs le sens de notre implication dans la démarche « Ville Amie des Aînés » qui nous permet de nous projeter sur les enjeux de demain ! Notre CCAS accompagne les aînés en perte d’autonomie et leur famille pour leur faciliter le maintien à domicile. Enfin, l’adaptation de l’habitat pour un public plus âgé étant une nécessité, nous nous battons pour faire construire une résidence senior à Chevigny ».

Quel sera votre réalisation la plus importante dans les années à venir ?

« On va livrer à la rentrée la réfection du groupe scolaire Buisson-Rond. C’est un chantier colossal, 3 ans de travaux, un budget à hauteur 8 M€ HT. On va transformer une passoire thermique en une école à énergie positive, qui produit plus d’énergie qu’elle n’en consomme. C’est un projet exemplaire qui allie éducation et écologie qui permettra de donner les meilleures conditions d’apprentissage à nos écoliers. J’en suis très fier ».

A la fin de ce mandat, qu’aimeriez-vous que les habitants disent de votre action à la tête de la commune ?

« J’aimerais que les habitants retiennent un maire courageux, qui a osé agir et tenir le cap dans un contexte compliqué. Un maire qui a fait ce qu’il a dit, qui a géré Chevigny avec sérieux et responsabilité. J’aimerais aussi que les habitants n’oublient pas qu’autour du Maire, il y a une équipe de 32 conseillers municipaux tout aussi engagés, qui s’impliquent à ses côtés pour servir les Chevignois ».

Vous occupez un poste de vice-président au sein de la Métropole. Ce qu’apprécie peu certains de vos amis politiques au sein des LR. Que leur répondez-vous ?

« Mon parti, c’est Chevigny ! J’ai une ville à faire tourner. Les querelles de partis, ça n’intéresse que ceux qui n’ont rien d’autre à faire. On n’est pas à l’Assemblée nationale ici, on est au service des gens. Entre le dogme et le bon sens, j’ai toujours choisi le bon sens. On m’a élu pour faire avancer les dossiers concrets. Pour rien d’autre ! Il faut donc savoir dépasser les clivages et les étiquettes pour défendre les intérêts de sa commune. C’est d’ailleurs ce qu’attend l’immense majorité de nos concitoyens : se retrousser les manches pour travailler de manière constructive, certainement les guéguerres inutiles ».

Qu’attendez-vous aujourd’hui de Dijon Métropole pour mieux accompagner le développement de Chevigny-Saint-Sauveur ?

« L’attente la plus importante vis-à-vis de Dijon Métropole, c’est l’amélioration de la desserte en transports en commun. Aujourd’hui, c’est trop long et c’est notre point faible. Certes il n’est pas prévu de prolonger le tramway jusqu’à Chevigny, mais Dijon Métropole travaille actuellement, avec la municipalité de Chevigny, sur l’aménagement d’une ligne directe de bus vers Dijon. L’objectif, c’est de pouvoir gagner 10 à 15 minutes de temps de trajet. Des études de faisabilité sont en cours. Les résultats sont attendus pour septembre/octobre. Pour Chevigny, c’est une priorité ».

Propos recueillis par Jean-Louis Pierre