Élu maire en mars dernier, Adrien Guené décrit un début de mandat particulièrement intense. Soucieux de maîtriser les dépenses, il entend préparer l’avenir sans alourdir la dette communale, notamment sur le projet du Point du Jour, qu’il souhaite repenser avec les acteurs locaux. Il se félicite également du retour de Talant au sein du conseil métropolitain, tout en réaffirmant son attachement au rôle central de la commune.
Trois mois après votre élection, quel regard portez-vous sur votre prise de fonction ?
« Ces trois mois écoulés nous permettent d’avoir un regard réel sur la situation financière de la ville et les marges de manœuvre dont nous disposons. Nous avons souhaité réactiver un certain nombre de dossiers du quotidien qui touchent à la proximité. C’est ainsi que nous avons remis en place les chantiers d’été qui avaient été budgétairement annulés par l’ancien maire. Nous avons décidé aussi d’inscrire le recrutement de deux nouveaux policiers municipaux. Nous n’avons pas perdu de temps, ce début de mandat est très dense et nous le menons au pas de course. Je vous avoue que c’est particulièrement intéressant pour une nouvelle équipe qui a pris la mesure de la tâche qui lui incombe dans les années qui viennent ».
Quels sont les enjeux budgétaires auxquels la commune doit faire face dans le contexte économique actuel ?
« Les enjeux budgétaires, ils sont doubles. La première des choses, c’est que j’ai bien conscience que l’argent de la commune, c’est avant tout l’argent des Talantais. Il faut donc être extrêmement vigilant sur la façon dont nous allons le dépenser. Pas question de partir « bille en tête » sur des opérations grandioses dont la vocation serait de laisser une trace. L’important, c’est déjà de rendre, d’apporter un service aux Talantais. C’est ce que nous allons nous imposer tout au long de ce mandat.
Ensuite, nous avons besoin d’une photographie la plus juste de la situation financière. La Chambre régionale des comptes a rendu son rapport. Un rapport qui pointe un certain nombre d’éléments dans la gestion financière précédente. Une forme de dérapage en matière d’investissement a été constatée dès 2024. Un investissement jugé trop fort au regard de notre capacité d’endettement. Le compte financier unique 2025 confirme d’ailleurs cette situation. La trajectoire ne va pas dans le bon sens. Nous attendons le résultat de l’audit financier qui ne visera pas à dire du mal du mandat précédent. L’objectif est avant tout de nous permettre de nous projeter dans le mandat qui vient. Vous avez compris que ce qui m’intéresse, c’est l’avenir ».
Où en est la réflexion sur l’avenir du centre commercial du Point du Jour ?
« Le projet de réhabilitation du centre commercial du Point du Jour relève d’une impérieuse nécessité. Ce dossier a d’ailleurs fait l’unanimité au cours du mandat précédent. Cependant, contrairement à ce qui avait été proposé, je partage le fait que le privé doit être complètement associé et que cela ne vienne pas plomber le budget de la commune. Nous n’avons pas vocation à devenir prestataire commercial.
Par ailleurs, ce projet ne doit pas contribuer à la densification supplémentaire du Belvédère qui est déjà un des quartiers les plus denses de la métropole. Une nouvelle réflexion est lancée avec la SPLAAD pour que ce dossier réponde aux attentes des Talantais. Il est indispensable de se positionner au mieux sur la réalité du commerce de demain. La question est claire : comment fonctionnera ce type de structure commerciale en 2050 ? J’ai souhaité associer à notre réflexion tous les acteurs du centre commercial du Point du Jour. Le calendrier, il est connu. Mais il est indispensable de retravailler ce dossier pour arriver à l’automne avec un nouveau projet ».
Comment se passent les relations avec Dijon Métropole sur les grands dossiers concernant Talant ?
« Les relations sont bonnes. Je suis conseiller métropolitain depuis maintenant 9 ans. Nous avons résolu notre problème du mandat précédent : le maire de Talant siège enfin au conseil métropolitain. Ce n’était pas le cas depuis maintenant presque 10 ans. On se souvient que Gilbert Menut avait souhaité se mettre en retrait et Fabian Ruinet, lui, n’était tout simplement pas élu. Avec mon élection, Talant a donc retrouvé sa place au sein du conseil métropolitain.
Avec la Métropole, il s’agit d’avoir une discussion à la fois bienveillante et confiante. Nous avons besoin de la Métropole dans quasiment tous les domaines du quotidien. Pour autant, il faut être vigilant parce que la commune reste le socle de la démocratie française. Il ne peut donc pas y avoir d’effacement de la commune. J’y veillerai tout particulièrement ».
Propos recueillis par Jean-Louis Pierre





