Après les exécutifs municipaux issus du scrutin des 15 et 22 mars dernier, il restait une étape majeure pour l’avenir du territoire : l’élection de l’exécutif de Dijon Métropole. L’ancien maire de Dijon, François Rebsamen, a recouvré son siège de président, avec la « même force de conviction et la même volonté de rassembler » qui l’animent depuis 2001.
« Le temps long est celui de la construction », aimait à dire François Mitterrand, dont les lois de décentralisation ont posé les bases de la montée en puissance des territoires. Cette formule de l’homme du 10 mai 1981 qu’aime à citer régulièrement François Rebsamen aurait parfaitement été adaptée à la journée d’installation du nouvel exécutif de Dijon Métropole le 16 avril. Et pour cause : le symbole était fort. Cette élection intervenait un demi-siècle après la création du District qui, à l’époque, ne regroupait que 5 communes initiatrices : Ahuy, Chenôve, Dijon, Plombières-lès-Dijon et Saint-Apollinaire. Depuis, celui-ci s’est, au fil des années, métamorphosé en communauté d’agglomération, communauté urbaine puis en métropole, forte aujourd’hui de 23 communes et de 265 000 habitants.
Le 12 avril 2001, élu un mois plus tôt pour la première fois maire de Dijon, François Rebsamen prenait en main la destinée de ce territoire. Et un quart de siècle plus tard, l’ancien ministre du Travail fut élu pour la 5e fois à la présidence de la métropole dijonnaise. La petite histoire retiendra qu’il s’est imposé en cette année 2026 avec 64 voix, le LR Emmanuel Bichot ne récoltant que 11 bulletins. Mais c’est au demeurant la première élection où François Rebsamen ne se présentait pas comme premier magistrat de la capitale régionale (mais comme conseiller municipal), puisque c’est Nathalie Koenders qui a été brillamment élue à sa suite le 22 mars dernier, avec 58,41% des suffrages.
Aussi a-t-il pu savourer un temps la salve d’applaudissements à l’issue du résultat du vote à bulletins secrets (le seul de cette journée puisque le reste s’est déroulé avec le vote électronique – une première aussi marquant également l’entrée dans une nouvelle ère) avant de rejoindre le siège de président qu’il connaît parfaitement. Il a pris alors la tête d’une assemblée renouvelée à près de 40 % : « Avec désormais 9 maires sur 23 s’accordant au féminin (39 %) – notre métropole avance plus vite que l’ensemble du pays, les femmes étant au demeurant largement sous-représentées parmi les maires de France (22,8 %) ».
« La bataille du rail »
Le désormais président de la Fédération Progressiste n’a pas manqué de rappeler « le projet politique que porte notre métropole, celui d’une gauche européenne ouverte aux progressistes, basé sur la sociale-écologie, la solidarité, l’économie mixte et l’attractivité ». Un projet s’appuyant sur un triptyque : « l’esprit de cohésion, la solidarité et la convivialité ».
Dans son allocution, il a défini la feuille de route pour l’avenir. Avec, comme projet phare, « la 3e ligne de tramway, l’un des grands chantiers du mandat car nous devons nous projeter à l’horizon 2035 » : « Elle nous permettra d’apporter une réponse adaptée à la fréquentation croissante pour ne pas dire la quasi-saturation aux heures de pointe de nos deux lignes actuelles ».
Les mobilités ont occupé le haut de l’affiche : « Nous travaillons avec la Région et l’État pour créer un Service express régional métropolitain (SERM) concernant potentiellement 17 EPCI, autour de Dijon Métropole, soit une coopération inédite à cette échelle. J’entends aussi poursuivre nos efforts pour rétablir la liaison TGV avec Roissy pour permettre une meilleure connexion avec un aéroport international ainsi qu’avec Lilles et Bruxelles. C’est notre bataille du rail ! »
Non sans fixer comme caps la transition écologique, la transition alimentaire et l’attractivité, le président a rappelé sa volonté de continuer à relever le défi de l’accès au logement pour toutes et tous : « S’il y a bien un combat que je n’ai eu de cesse de mener ces 25 dernières années, c’est celui-ci. Un combat qui m’a valu l’étiquette de « maire bâtisseur ». Ce qualificatif, je n’ai jamais eu peur de le revendiquer. Certains – sans doute par facilité, mauvaise foi ou ignorance des réalités sociales et écologiques –, aiment à dire « maire bétonneur ». Mais sous-estimer voire dénigrer l’acte de construire, c’est méconnaître les besoins et les enjeux du présent ! »
Une feuille de route pour laquelle la métropole s’est dotée d’un exécutif fort de 18 vice-président(e)s – la première n’étant autre que la maire de Dijon, Nathalie Koenders, en charge de la prospective, des partenariats institutionnels et de l’Europe. C’est ainsi que 50 ans après sa création, l’histoire collective de la métropole s’est prolongée, forte de son passé et tournée vers l’avenir !
Xavier Grizot
Photo : © Emma Benyamine





