« Les histoires d’amour finissent mal… en général » Ce titre des Rita Mitsouko aurait pu accompagner le dépouillement du 1er tour des municipales à Beaune. Le maire sortant, Alain Suguenot, se plaisait, en effet, à répéter : « Beaune, je la respire. J’ai une histoire d’amour avec elle ! »
Les élections municipales 2026 ont eu un goût amer pour l’emblématique maire de Beaune… depuis 1995. Et c’est peu de le dire, puisqu’Alain Suguenot a bu le calice jusqu’à la lie. Ce fut « le coup de trop », comme certains se sont plus à souligner, pour celui qui briguait, à 74 ans, son 6e mandat à la tête de la capitale des vins de Bourgogne. Et, alors même qu’il avait annoncé, avant le précédent, que c’était le dernier… Cette fois-ci, l’ancien député avait promis-juré, qu’il ne repartait que pour « un demi-mandat ».
Les Beaunois ne l’ont pas cru, ils l’ont cuit, si vous nous permettez l’expression, dès le premier tour en ne lui accordant que 16,84% des suffrages (1 373 voix). Mais surtout en faisant franchir dès le premier verdict des urnes la majorité absolue à Pierre Bolze, son ancien fidèle lieutenant qu’Alain Suguenot a présenté longtemps comme son successeur avant de revenir sur ses dires.
Une victoire sans appel
Si bien que son ancien premier adjoint avait décidé dès 2024 de rompre avec son mentor, emmenant avec lui 14 autres élus de la majorité… Beaucoup jetaient une pièce en l’air à la veille du vote mais il aurait fallu savoir lire dans le marc de Bourgogne pour annoncer les 50,60% obtenus par la liste de Pierre Bolze dès le 15 mars. Et ses 2 752 voix d’avance sur celui qui avait pris la succession d’Henri Moine, deux ans après été élu député sur la 5e circonscription de Côte-d’Or. Mais c’était au siècle précédent…
Une performance d’autant plus aboutie pour Pierre Bolze, car, dans cette commune historiquement de droite, une autre ancienne première adjointe (2014-2020), concourrait également : Marie-Laure Rakic (9,1% – 742 voix). Sans omettre le parlementaire RN, René Lioret (12,16% – 991 voix). Quant à la gauche, elle était représentée par l’écologiste Carole Bernhard qui ne récolta que 11,30 % (921 voix).
Le dimanche 22 mars, pendant que d’autres retournaient aux urnes, Pierre Bolze enfilait, « avec une immense responsabilité », l’écharpe bleu-blanc-rouge… en l’absence d’Alain Suguenot, qui a préféré laisser sa chaise vide. Ainsi, s’il fallait ne retenir que deux visages de ces élections municipales dans le département de la Côte-d’Or, ce seraient Nathalie Koenders et Pierre Bolze. Cependant à Dijon, la transmission s’est faite dans le bonheur et, à Beaune, dans la douleur !
Xavier Grizot
Surprise à Venarey-Les Laumes
Beaune ne fut pas la seule surprise dès le 1er tour des élections municipales en Côte-d’Or. La défaire de Patrick Molinoz, premier magistrat depuis un quart de siècle à Venarey Les-Laumes, ne passa non plus inaperçu. Le vice-président radical de gauche de la Région Bourgogne Franche-Comté a, en effet, perdu son duel face à Stéphane Fournier. Et ce, par 136 voix d’écart (sur 1 306 votants). Arrivé à Venarey en 2015, celui qui est directeur du Pôle Sport et Vie associative à Quetigny, s’est imposé à hauteur de 55,42% et a fait chuter le président de la Communauté de communes du Pays d’Alésia et de la Seine (Copas). Le 15 mars, une page s’est tournée à Venarey… radicalement !
Nuits-Saint-Georges : La relève
Autre commune vineuse sur laquelle les projecteurs étaient braqués, Nuits-Saint-Georges… Et pour cause, l’ancien premier magistrat emblématique, Alain Cartron, qui gérait les destinées de la ville depuis 2008, avait décidé de passer la main. Sa succession s’est jouée… à 27 voix. C’est dire si le suspense est allé jusqu’à l’issue du dépouillement à la Maison de Nuits. C’est la liste « Nuitons pour la relève », pilotée par Alexandre Raimundo-Suchet qui s’est imposée, au soir du 22 mars, avec 50,62% face à celle de Christophe Talmet.
Précédemment, au premier tour, celle-ci était déjà sortie en tête dans 5 des 6 bureaux de vote de la commune, récoltant 41,16%. Et créant la surprise, notamment par rapport à celle du premier adjoint sortant, Jean-Claude Alexandre, qui n’avait recueilli que 27,86%, et 67 voix de moins que celle de Christophe Talmet. C’est une nouvelle page politique qui s’est ainsi écrite à Nuits-Saint-Georges…
Châtillon-sur-Seine : 31 ans après son père
En 1995, Hubert Brigand devenait maire de Châtillon-sur-Seine. Son fils, Jérémie, lui a emboîté le pas… 31 ans plus tard. Sur le papier, cela peut paraître très simple, mais cela ne le fut pas. Loin de là. Elu député en 2022, puis réélu lors de la dissolution, Hubert Brigand a dû démissionner à la tête de la commune. Ce fut alors l’un de ses adjoints, Roland Lemaire (cela ne s’invente pas !), qui revêtit l’écharpe bleu-blanc-rouge. Et celui-ci décida, à 77 ans, de tenter de poursuivre l’aventure. Maire de la petite commune de Massingy depuis 2008 et président de la communauté de communes du Pays Châtillonnais depuis 2015, Jérémie Brigand décida de s’inscrire dans la tradition familiale à Châtillon. Ce qu’il réussit à faire, en s’imposant à hauteur de 63,98%. Avec 676 voix d’avance sur Lemaire… sortant !





