Le plus dur était fait avec le suffrage universel mais il restait, tout de même, une ultime étape avant que Nathalie Koenders ne puisse définitivement faire partie des (seules) 8 femmes à la tête d’une des 42 villes françaises de plus de 100 000 habitants. Retour sur ce moment… historique, pour lequel nous nous sommes permis un titre footballistique. Car, il y a 6 ans, pour la 4e victoire de François Rebsamen, nous avions osé : « Et 1, et 2, et 3… et 4… 0 ! »
Les 25 456 voix qui s’étaient portées sur Nathalie Koenders l’avaient sacrée le 22 mars, les 46 voix du conseil municipal le 28 mars l’ont consacrée maire de Dijon. Six jours après le 2e tour des élections municipales, où la liste qu’elle menait a récolté 58,41% des suffrages, devançant très largement celle du LR Emmanuel Bichot (30,67%) et écrasant celle du RN Thierry Coudert (10,92%), il ne restait qu’une étape pour que la maire sortante recouvre son écharpe bleu-blanc-rouge. Une « promenade de santé », comme aurait pu dire Antoine Blondin, la plus belle plume du Tour de France, la socialiste, marathonienne et cycliste à ses heures perdues, ayant gravi le sommet dans les urnes.
Et ce, même si la solennité – le public venu en nombre au palais des Ducs ne s’y est pas trompé –, était évidemment au rendez-vous, pour cette nouvelle victoire durant la séance d’installation du conseil municipal de Dijon, présidée par la doyenne d’âge. Françoise Tenembaum qui était déjà du premier peloton d’élus mené par François Rebsamen, en 2001, lorsque celui-ci franchit en tête la ligne d’arrivée devant Jean-François Bazin, faisant, par là-même, basculer la ville à gauche. Mais c’était une autre époque à laquelle pensa forcément le député Pierre Pribetich, installé au premier rang de la salle de Flore, aux côtés de nombre d’autres élus de la métropole.
Un quart de siècle et une transmission réussie plus tard, c’est, cette fois-ci, Nathalie Koenders qui s’imposa avec 46 voix, devant Emmanuel Bichot et Thierry Coudert, désormais sur les bancs de l’opposition, qui furent crédités respectivement de 9 et 3 voix (un bulletin blanc).
C’est ainsi que Nathalie Koenders fut élue pour la deuxième fois en séance municipale (la première s’étant déroulée le 25 novembre 2024) mais l’histoire, avec un grand H, retiendra qu’elle fut, en cette année 2026, la première femme élue au suffrage universel par les Dijonnais pour occuper le palais des Ducs. Son nom peut désormais être gravé à la suite de ceux du Chanoine Kir, de Jean Veillet, de Robert Poujade, de François Rebsamen… Sans omettre celui d’Alain Millot, avec qui, rappelons-le, la maire de Dijon forma un binôme pour accéder la première fois au conseil départemental en 2015.
Le discours de la méthode, non descartien mais… koendersien
La première magistrate rappela ensuite sa méthode qui a fait ses preuves et avec laquelle elle exercera son mandat : « Ce qui m’anime, c’est l’amour que je porte à Dijon, à ses quartiers, et à ses habitants. Je continuerai, comme je l’ai toujours fait, à mettre mon énergie et ma détermination au service de toutes les Dijonnaises et de tous les Dijonnais, sans exception : ceux qui ont voté pour moi, ceux qui ont voté pour une autre liste et ceux qui ne se sont pas rendus aux urnes. Aujourd’hui, un nouveau cycle s’ouvre mais ma méthode demeure inchangée, c’est celle de la proximité, de l’écoute, et du dialogue constructif ».
Non sans détailler : « Une méthode basée sur le rassemblement et l’apaisement plutôt que sur la division et la brutalisation. Dans laquelle on ne s’arrange pas de la vérité pour conforter nos certitudes, mais dans laquelle on s’interroge sans cesse pour mieux servir. Avec laquelle on s’adresse à l’intelligence des gens plutôt que d’agiter les peurs et les frustrations. Une méthode faite d’optimisme et de travail plutôt que de fatalisme et de facilité. Je crois que c’est une méthode qui marche, parce qu’elle donne confiance ! ».
Ce premier discours de la méthode, non descartien mais, on peut le dire désormais, koendersien, s’acheva par un message adressé directement aux Dijonnaises et aux Dijonnais : « Comme vous, j’aime Dijon, j’y suis profondément attachée, je suis fière d’être dijonnaise et j’entends servir notre ville de toutes mes forces. Je mettrai toute mon énergie et ma détermination à votre service pour améliorer sans cesse votre quotidien, quels que soient vos opinions, votre histoire, votre parcours, votre condition ». C’est ainsi que sitôt la ligne franchie, Nathalie Koenders fit de la victoire un nouveau départ… Et ce, après avoir été « à jamais la première ! », même si cette formule renvoie plus au monde footballistique qu’à celui du cyclisme, en espérant que les inconditionnels du PSG nous pardonnent…
Xavier Grizot





