À l’approche des élections municipales prévues les 15 et 22 mars, la rédaction de Dijon l’Hebdo a choisi de donner la parole aux habitants de la capitale régionale. Ceux-ci sont invités à partager leur regard sur la vie locale et à contribuer au débat citoyen.
Dans le cadre de petits-déjeuners organisés à l’Hôtel Mercure de Dijon, ces Dijonnaises et Dijonnais échangent librement autour de grands thèmes identifiés par les récents sondages comme figurant parmi les préoccupations majeures des Français. Pour ce 5ᵉ opus, les discussions se sont concentrées sur deux dimensions essentielles du dynamisme d’une ville : le sport et la culture. Deux domaines qui participent pleinement à la vitalité du territoire mais aussi au lien social, indispensable pour le vivre-ensemble.
Comme lors des précédentes rencontres, voici un compte-rendu fidèle des prises de parole de ceux qui se sont prêtés à cet exercice citoyen par excellence. À la veille d’un rendez-vous électoral déterminant pour la vie municipale, chacun a pu exprimer son point de vue, partager son expérience et formuler des propositions concrètes sur ces sujets qui façonnent le quotidien des habitants. Retour sur ces nouveaux moments d’échanges démocratiques, reflets d’une parole citoyenne engagée et vivante…
La rédaction
Catherine Vincenot
Dirigeante d’une société d’expertise pour les œuvres de Diego Giacometti, ancienne joueuse de haut niveau de football
« En ce qui concerne la culture, il faudrait faire revivre le théâtre du centre-ville. Avant, nous pouvions réellement aller voir des pièces. Je me souviens d’avoir assisté à une représentation avec Jean Lefebvre, entre autres. Et maintenant, le théâtre ne vit plus du tout. J’aimais bien cette ambiance les soirs de théâtre. Aujourd’hui, il n’y a plus du tout de comédie. Il n’y a plus du tout de pièces qui sont jouées à Paris et qui, ensuite, viennent à Dijon comme c’était le cas précédemment. Cela me manque. Pour le reste, nous avons tellement de choses au niveau culturel sur Dijon qu’il est délicat de donner son avis. Nous sommes vraiment gâtés !
Dans le domaine du sport, nous avons tout ce que nous voulons aussi, et ce, dans tous les sports. Il manque juste des manifestations plus populaires pour des associations caritatives comme ARCAD – une association qui lutte contre le cancer digestif – par exemple qui organise des courses dans toutes les villes de France. Faire plus de manifestations populaires avec des associations caritatives permettrait de mettre de l’ambiance dans la ville. Cela permettrait d’animer Dijon pour tout le monde, comme le VéloTour qui est une manifestation particulièrement sympathique… »
Gilles Berger
Coach sportif, multi titré dans les sports de combat
« Dans l’univers du sport, celui que je connais le mieux, je trouve également qu’à Dijon nous ne manquons de rien. Il me semble d’ailleurs que Dijon est plusieurs fois montée sur le podium des villes les plus sportives de France. Nous sommes très bien fournis, et, franchement, nous avons beaucoup de chance. Au moment où j’ai voulu reprendre mes études, j’ai souhaité aller à l’UFR STAPS. L’Université de Dijon, avec le centre d’expertise de la performance, qui est juste à côté de l’UFR STAPS, a une renommée nationale, c’est certain, voire européenne. Nous pouvons faire toutes les activités.
Cependant, il y a quand même un sujet que je trouve depuis longtemps problématique : l’ouverture permanente des infrastructures sportives notamment pendant toutes les vacances. Lorsque j’étais jeune, avec mes amis, que faisions-nous durant nos vacances ? Du sport ! Si les infrastructures peuvent les accueillir tout le temps, les jeunes s’apercevront qu’ils ont toujours quelque chose à faire. Et la jeunesse ne demande que ça… C’est dans nos besoins constitutifs que de se dépenser. Et cela permettrait de soulager aussi les parents.
Si j’étais maire aujourd’hui, je ferais en sorte que les infrastructures et les associations puissent tout au long de l’année fonctionner de concert. Notre jeunesse ne serait plus désœuvrée, des jeunes ne traineraient plus… Ce serait un véritable « game changer » bénéfique à toutes et tous ! »
Philoctitis Gialeloglou
Artiste et peintre décorateur
« Le design représente ma passion. Du matin, le premier geste étant d’appuyer sur un bouton pour éteindre le réveil, au soir où nous appuyons sur un interrupteur… Nous baignons ainsi dans tous les objets. Ils nous habillent, ils nous transportent, ils partagent notre vie… Ils sont là depuis longtemps et nous ne faisons même plus attention à eux, à leur provenance. Dans le passé, ces objets n’étaient l’apanage que des gens privilégiés. Le peuple ne vivait qu’avec très peu d’objets qui lui permettaient de vivre. Il y a des villes de province comme Saint-Etienne ou encore Toulon qui ont compris cela et ont ouvert des espaces dédiés à ces objets.
Ce serait bien que Dijon crée un espace pour les objets et le design. Je vois un espace aménagé ou une usine désaffectée. Cela pourrait être un musée pour expliquer la provenance ou l’idée de création des designers. Cela pourrait être ludique pour les enfants. A côté de l’espace musée, nous pourrions avoir un ou deux ateliers au sein desquels les jeunes peuvent s’exercer à créer ».
Laurence Boyenval
Comédienne, metteur en scène, auteur, directrice artistique de la Compagnie de théâtre Le Rocher des Doms
« J’aimerais bien que Dijon dispose de petites salles pour les compagnies de théâtre régionales. La première chose que je ferais si j’étais maire, ce serait donc d’ouvrir des petits théâtres subventionnés. Mais je remettrais aussi au goût du jour, dans le domaine culturel et éducatif, une pratique que j’ai connue dans ma jeunesse. Lorsque j’étais à l’école, nous avions des prix dans les différentes disciplines en fonction de nos résultats. Ces prix étaient des livres. Lorsque l’on m’offrait un ouvrage, il était précieux et j’avais envie de le lire, de le garder… Tu le conserves jusqu’à la fin de tes jours.
Les communes pouvant intervenir dans les écoles, je souhaiterais que la municipalité réinstalle ce système. Les bibliothèques comme tous les musées à Dijon sont accessibles, mais offrir des livres pourrait être bénéfique à la jeunesse. Je suis contre la compétitivité entre enfants mais on pourrait, par exemple, trouver un moyen de donner un ouvrage à tous les élèves qui, en fin de CP, savent lire…
Quant au sport, je plaiderais là-aussi pour l’avènement d’une salle, cette fois-ci, pour les danseurs qui n’en disposent pas sur Dijon. Il faut développer cela… notamment pour ceux qui font du hip-hop, de la danse contemporaine ».





