François Sauvadet montre la voie

Ses opposants peuvent parfois le critiquer avec virulence -et c’est plutôt sain dans une démocratie- mais ils doivent au moins lui reconnaître une qualité : François Sauvadet a souvent des intuitions politiques géniales.

Être le premier Département de France à vouloir interdire les produits d’origine d’Amérique du Sud dans les assiettes des collégiens en est incontestablement une. Amoureux d’un terroir qu’il connaît par cœur et qu’il parcourt en long et en large depuis des années, l’ancien ministre reprend ainsi le flambeau de premier défenseur et d’éternel promoteur de l’agriculture côte-d’orienne.

Déjà à l’origine de la création de la marque « Savoir-faire 100% Côte-d’Or », devenue en quelques années une véritable vitrine des produits locaux et l’étendard de la dextérité des agriculteurs côte-d’oriens, le Président du Conseil départemental souhaite apporter une réponse pragmatique et efficace au problème de concurrence déloyale posé par le controversé traité du Mercosur qui vient d’être signé par Ursula Von Der Leyen, la Présidente de la Commission européenne. On ne veut pas que la viande brésilienne, traitée aux hormones et produites dans des conditions environnementales et sanitaires douteuses, déferle sur nos étals et s’invite dans nos assiettes au détriment de nos viandes locales, saines et de qualité ? Il suffit simplement soi-même de ne pas en acheter et d’inciter les autres à un boycott d’ampleur.

Ce geste citoyen et responsable, François Sauvadet entend l’appliquer à la restauration scolaire, dont le Département à la charge dans les collèges. L’ancien ministre a donc annoncé son intention de publier une circulaire qui sera diffusée aux principaux et aux secrétaires généraux des collèges pour leur demander de proscrire les produits d’élevage d’Amérique du Sud et de privilégier les circuits courts et produits côte-d’oriens, durables et de qualité, pour les repas des élèves. C’est bon pour l’économie locale. C’est bon pour l’environnement. Et c’est bon pour les papilles des quelque 23 500 collégiens côte-d’oriens. Et, souvent, ce n’est pas plus douloureux pour le porte-monnaie ! Une combinaison gagnant-gagnant pour tous les acteurs.

Cette décision politique apparaît surtout comme une initiative à reproduire dans tous les territoires de France et Navarre. Car, oui, la Côte-d’Or ne peut, à elle-seule, lutter contre les effets délétères d’un traité international. Mais que les milliers de collectivités locales, régions, départements et communes, les centaines de milliers d’entreprises et de grandes surfaces, les millions de citoyens, proposent un front commun et agissent dans le même sens, le problème sera vite résolu. Sans consommateurs, il n’y aura pas de viande brésilienne dans nos supermarchés. C’est la loi de l’offre et de la demande.

François Sauvadet a dessiné la voie. Il démontre qu’on peut s’opposer aux effets néfastes d’un accord international de libre-échange. Alors qu’on fustige régulièrement l’impuissance de nos dirigeants, il a montré que le politique pouvait encore agir efficacement pour améliorer réellement la vie des gens. Le patron de la Côte-d’Or a dévoilé le chemin à suivre. Les élus, les individus, les responsables publics doivent désormais embrayer. Chacun, à leur niveau, peut agir. Consommer doit devenir un geste politique, citoyen et responsable. Un choix de vie et de société. Pour soi et pour ses enfants.