Construction de logements neufs, réhabilitation d’une partie de son patrimoine, diversification des logements, maîtrise des coûts d’énergie, stratégies en direction de publics seniors, étudiants, de personnes en situation de handicap, accompagnement des locataires dans leurs difficultés… « Notre rôle n’est pas seulement de loger ou de reloger des familles mais de sécuriser leur parcours, prévenir les ruptures et accompagner toutes les transitions » affirme Hamid El Hassouni qui expose les missions de Grand Dijon Habitat dont il assure la présidence.
Si vous deviez résumer Grand Dijon Habitat en quelques chiffres ?
« Nous sommes un acteur économique de premier plan, ce sont près de 270 millions d’euros d’investissement à l’horizon 2030. Un service public du logement avec 22 000 personnes accueillies sur le territoire de la Métropole. Nous avons un parc qui avoisine les 11 000 logements répartis sur 13 communes de la Métropole avec un taux de rotation d’environ 10 %. 180 collaborateurs qui œuvrent au quotidien… ».
Un bailleur social, est-ce d’abord un constructeur ?
« Il me semble important de bien distinguer le contexte national du contexte local. Nous sommes adossés à des objectifs chiffrés avec des obligations de résultats vis à vis de notre collectivité de rattachement qui est Dijon Métropole. Ce qui veut dire que nous sommes confrontés aux exigences du territoire. Il n’échappe à personne que nous traversons, aujourd’hui, une crise du logement dans un contexte de flambées des coûts d’énergies, de construction, d’inflation record. Tout cela impacte évidemment les parcours résidentiels et plus particulièrement la production de logements neufs. Malgré cette conjoncture défavorable, nous continuons à construire pour nous inscrire dans une spirale plutôt positive.
Le nombre de logements autorisés a chuté de 28 % en France par rapport à la période qui a précédé le covid. Et bien nous, nous continuons de livrer des logements. 164 en 2024 et 630 à l’horizon 2030. Ces constructions sont conformes à la stratégie de Dijon Métropole qui vise à reconstruire la ville sur elle-même pour ne pas consommer des terres agricoles ».
On sait que le besoin de logements est important. Peut-on parler du nombre de dossiers de demandes en attente ?
« J’aime rappeler les chiffres pour mettre à mal les polémiques stériles qu’entretiennent à desseins certains élus de l’opposition. Ces chiffres sont officiels et incontestables. Au 31décembre 2024, il y avait près de 12 000 demandes -tous bailleurs confondus- dont 40 % représentent des demandes de changement de logement, c’est à dire des personnes qui sont déjà dans le parc social. La Commission d’attribution des logements s’est réunie 56 fois en 2024.
Entre 2020 et 2024, nous avons constaté une hausse 20 % de la demande de logement. En 2021, nous arrivions à satisfaire 1/3 des demandes. Et les trois années suivantes, nous n’avons pu répondre qu’à une demande sur quatre. On comprend bien pourquoi il est nécessaire de continuer à construire les logements de demain qui répondront aux attentes de performances énergétiques ».
A côté de la construction, c’est aussi la rénovation et l’éco-réhabilitation des logements…
« En parallèle à la construction, nous continuons à adapter notre parc de logements avec deux priorités : réduire les émissions de gaz à effets de serre et s’adapter aux conséquences du changement climatique. 1 700 logements seront éco-réhabilités d’ici 2030. On a déjà mesuré les effets positifs de ces travaux : nous sommes sur du – 15 % d’émission de C02 entre 2015 et 2023. C’est l’équivalent du captage de CO2 d’une forêt de 840 000 arbres ! Notre objectif, à l’horizon 2030, c’est que l’intégralité de nos logements soient « étiquetés » entre A et D sur le plan énergétique. C’est un défi que nous relèverons ».
Le Projet Response en est une illustration ?
« Nous avons été impliqués dans la mise en œuvre du projet Response, à la Fontaine d’Ouche, aux côtés de Dijon Métropole et d’une cinquantaine de partenaires. Cela concerne un îlot composé de six bâtiments d’environ 400 logements. L’idée générale est de faire un quartier à énergie positive autour de la mise en place d’une opération d’auto consommation collective. Nous sommes maîtres d’ouvrage pour l’installation de panneaux photovoltaïques à destination d’un projet d’auto-consommation collective d’électricité des parties communes et des parties locatives, avec bien sûr l’accord des locataires. La surproduction d’électricité, c’est à dire tout ce qui ne sera pas consommé, ira dans le réseau électrique.
Nous dépassons même le périmètre de Response dans la mesure où 1 000 logements, au final, sont concernés. Dans le contexte économique et social que l’on connait, Grand Dijon Habitat travaille sur la maîtrise des coûts pour que ses locataires puissent faire de réelles économies ».
Ce rôle social, il est dans l’ADN de Grand Dijon Habitat ?
« Il l’est complètement. J’insiste bien, complètement. Notre rôle est incontestable. Là où les digues se fissurent à l’échelle de la cohésion, nous restons en première ligne pour assumer pleinement notre rôle de service public du logement au plus près des préoccupations des citoyens. C’est un message fort qu’on a de cesse de valoriser.
Présent, nous le sommes également aux côtés des seniors mais aussi des personnes en situation de handicap. Grand Dijon Habitat a construit une vingtaine de logements adaptés pour ces dernières. Parfois même pour des handicaps lourds. Nous travaillons en collaboration avec l’APF -l’association des Paralysés de France-. Nous avons aussi mis en place, à notre charge, une procédure d’adaptation des salles de bains pour les locataires handicapés ou seniors. Cette procédure touche une cinquantaine de salles de bains par an.
Et nous allons même au delà de la réglementation existante avec la création de logements, en 2025-2026, qu’on pourra appeler PMR +++. L’idée, c’est d’intégrer 2 à 3 logements de ce type dans les futures constructions
En parallèle, nous restructurons des grands logements en petits logements pour répondre à une demande qui est de plus en plus forte, notamment sur les T1.
Nous travaillons aussi en amont avec nos locataires qui ont des accidents de la vie, des accidents de parcours, qui perdent leur emploi… Le but, c’est de tenter de gérer au mieux les situations, de maintenir un lien pour éviter la spirale de l’endettement, d’empêcher les expulsions. Pour cela,
on s’appuie sur une équipe très réactive, à l’écoute, à même de ressentir les premiers indices d’un décrochage du locataire. D’une manière générale, sachez que nous traitons toutes les situations au cas par cas. S’il le faut, en cas d’urgence, nous sommes présents aux côtés de nos locataires 24 heures sur 24.
Il faut savoir que 80 % des Français sont éligibles au logement social. Sur la Métropole, 60 % des demandeurs ont un revenu de 500 à 1 000 € pour une personne. 30 % sont des familles monoparentales. Et c’est une des priorités de Mme la maire Nathalie Koenders de répondre aux préoccupations de ces demandeurs qui accumulent des difficultés de toute nature ».
Et vous n’oubliez pas les étudiants ?
« Grand Dijon Habitat a également une résidence étudiante. La résidence Voltaire, géographiquement bien située, dispose de 75 logements. Nous entretenons, par ailleurs, un partenariat privilégié avec l’association de la fondation étudiante pour la ville dans le cadre de colocation étudiante dans les quartiers politique de la ville. Ainsi, dans le quartier des Grésilles, nous proposons, des logements accessibles financièrement aux étudiants qui ont peu de moyens. En contrepartie, ces étudiants se doivent de s’investir dans la vie sociale à travers différentes manifestations qui vont se dérouler ici ou là dans le quartier des Grésilles ».
Propos recueillis par Jean-Louis Pierre





