Baisse des impôts à Talant : Mode d’emploi

« Il faut que les dépenses correspondent aux recettes, c’est la philosophie qui nous anime ici à Talant ». Fabian Ruinet, le maire, est très clair : il veut faire de sa ville un territoire attractif par la qualité de ses services proposés mais aussi grâce à une fiscalité redevenue raisonnable. Et dans ce domaine, c’est la quatrième année que les taux d’impôts communaux baissent. Explications.

Les taux d’impôts communaux baissent pour la 4e année consécutive à Talant. Concrètement, de quoi s’agit-il ?

« Il y a trois taux qui sont concernés. Trois taux qui sont corrélés. La Taxe Foncière sur les Propriétés Bâties qui concerne tous les propriétaires de maisons ou d’appartements, la Taxe Foncière sur les Propriétés Non Bâties, c’est à dire les terrains nus (très peu de contribuables dans notre commune), et enfin, la Taxe d’Habitation sur les Résidences Secondaires. Ces trois taux baissent une nouvelle fois en 2025. Concrètement, la Taxe Foncière sur les Propriétés Bâties passe de 48,50 % à 48 %. La Taxe Foncière sur les Propriétés Non Bâties de 102,5 à 101,43 % et la Taxe d’Habitation sur les Résidences Secondaires de 17,19 % à 17,01 %.

Au-delà de ces chiffres, il convient d’insister pour noter que cela fait déjà 4 ans que les taux baissent. Si on prend la Taxe Foncière sur les Propriétés Bâties, celle qui touche le plus de personnes, on est parti d’un taux de 50,93 % en 2020 pour arriver aujourd’hui à 48 %. Et à 50,93 %, nous étions même la ville qui affichait le taux le plus élevé dans la Métropole. Ce qui n’est plus le cas désormais. Cela représente quand même une économie de plus de 200 € pour une personne qui, 5 ans en arrière, payait 1 300 € d’impôt foncier. Sur une taxe foncière plus importante, avoisinant les 2 500 €, ce sont 400 € d’économie. On peut donc dire qu’il y a là un vrai coup de pouce sur le pouvoir d’achat.

A titre plus personnel, je regrette en revanche que dans notre pays, la charge fiscale repose uniquement sur les propriétaires. Ce n’est pas parce qu’on est propriétaire qu’on est riche ! La taxe d’habitation était plus juste dans la mesure où chacun contribuait également en fonction de ses revenus ».

Dans le contexte d’inflation que l’on connaît où l’Etat n’a plus la même générosité en termes de dotations, notre question est simple : comment faites-vous ?

« D’abord on se pose des questions sur les dépenses de fonctionnement. Dans une collectivité, il y a deux leviers : le fonctionnement et l’investissement. Le fonctionnement, c’est la plus grosse partie du budget. Nous effectuons chaque année un audit sur l’ensemble de nos dépenses pour mesurer leur efficacité. Avec l’argent public, tout euro dépensé doit être un euro utile. Au bout du compte, nous sommes sortis de ce que j’appelle « la facilité de l’habitude ». Cette facilité qui fait qu’on ne se pose plus la question de savoir si c’est la dépense est pertinente. Notre démarche est finalement simple : on cherche à savoir ce que rapporte une dépense en terme de service à la population. Et si on estime que le service rendu n’est plus à la hauteur des attentes de nos administrés, on va modifier la dépense ou la repositionner différemment ».

Et vous avez sorti la carte « mutalisation » ?

« Vous avez compris que l’objectif de la première étape était la maîtrise de la dépense de fonctionnement. La seconde a porté sur les demandes de subventions auprès des partenaires locaux, Conseil Départemental de la Côte-d’Or, Dijon Métropole, mais aussi l’Etat et même de l’Union Européenne. C’est une culture que nous avons souhaité inculquer à nos services. Grâce à la relation de qualité que nous entretenons avec Dijon Métropole, nous n’avons jamais eu autant de crédits voirie. Quand avec l’équipe municipale nous avons pris les manettes, en 2020, ces crédits s’élevaient à 150 000 €. Cette année, ils dépassent les 900 000€. Nous ne sommes pas des privilégiés. Nous avons tout simplement mis de l’intelligence dans les rapports que nous entretenons avec cette collectivité ! C’est un partenariat gagnant-gagnant.

La troisième étape repose comme vous le soulignez sur les mutualisations. C’est ce qu’on a fait, par exemple, sur le site culturel de L’ESCALE. On se souvient du site Brassens de l’époque où il y avait des agents d’accueil au rez de chaussée mais aussi à l’étage inférieure pour la Bibliothèque multimédia. Aujourd’hui, c’est une seule entrée, un seul agent. Les autres agents ont été redéployés sur d’autres missions. Nous avons mis en place un regroupement de services qui ne perturbe pas les usagers. Et bien là l’essentiel.

C’est cette même logique que l’on retrouvera au sein du Futur Pôle de l’Enfance à l’Espace Mennetrier dont la première pierre sera posée le 21 mai prochain. Cette structure réunira le Centre de Loisirs et la Petite Enfance aujourd’hui installés sur deux sites différents. C’est le moyen de baisser naturellement les coûts de fonctionnement. D’ailleurs, ce pôle de l’enfance coûtera 7,4 millions d’euros mais la commune n’aura à supporter que 3,8 millions après le versement de subventions par l’Etat, de la CAF de Côte-d’Or et du Département.

Je pourrais vous donner également l’exemple de la convention que nous avons passé avec notre commune voisine de Daix dans le domaine de la Petite Enfance et de la Police Municipale. Et là, ce sont des services pour lesquels nous sommes rémunérés ! ».

Ne faut-il pas craindre néanmoins que cette perte de ressources fiscales puisse, à terme, avoir un impact sur vos investissements, voire même tout simplement sur la qualité des services que propose la commune ?

« La qualité des services, nous venons de l’évoquer. Il est essentiel qu’elle soit maintenue. Et nous nous y employons. Quant aux investissements, la réponse est simple : la commune n’a jamais autant investi : sur un budget total de plus de 21 millions d’euros pour 2025, 6,1 millions sont consacrés aux investissements. C’est un budget historique. Et cela sur des domaines très divers comme le Pôle de l’Enfance, la phase II des travaux de la Cerisaie ou encore le projet Cap Ouest au Centre Commercial du Point du Jour. La sécurité reste un point fort de notre budget avec, une année de plus, le développement de la vidéo-protection. Il y aura, à la fin de l’année, 160 caméras déployées sur le territoire de la commune. 100 000 € seront à nouveau injectés en 2025.

Ce sont plus de 500 000 € depuis le début du mandat rien que sur cette question. Nous poursuivons également le plan de rénovation énergétique de nos bâtiments qui permet de réaliser de réelles économies en termes de chauffage et d’éclairage. En parlant d’éclairage et plus particulièrement d’éclairage public, nous avons également depuis 2 ans réduit entre minuit et 5 heures du matin l’intensité lumineuse de 70% sur domaine public avec l’accord des habitants. C’est un double geste, pour la planète et pour nos finances ! »

Avez-vous d’autres actions en tête pour le pouvoir d’achat des Talantais ?

« Oui, il n’y a pas que la baisse des impôts pour redonner du pouvoir d’achat à nos concitoyens. Il y a d’autres leviers et ils sont nombreux. La mise en place de la gratuité de la bibliothèque pour tous, la non augmentation des tarifs de la restauration scolaire depuis 5 ans, tout comme le tarif des animations pour les familles. En mai prochain, nous remettrons en place le chéquier commerçants pour soutenir la consommation de proximité et proposer des bons plans aux habitants… J’ai encore de nombreuses idées et je suis déterminé à porter et défendre cet enjeu du pouvoir d’achat dans les années à venir ».

Propos recueillis par Jean-Louis Pierre