Catherine Petitjean : « Un travail de longue haleine »

Dijon Bourgogne Invest est l’agence d’attractivité de la métropole. C’est dire si ce palmarès est étudié avec soin par cette structure présidée par Catherine Petitjean, à la tête de l’emblématique entreprise dijonnaise de pain d’épices…

Le Palmarès Arthur Loyd 2025 ne peut que réjouir la présidente de Dijon Bourgogne Invest…

« Nous ne pouvons que constater la progression continue ces dernières années de la métropole dijonnaise dans ce palmarès pour atteindre, cette fois-ci, la première place. C’est très bien mais il va falloir continuer de se battre pour la conserver. En tant qu’habitante de Dijon et, bien sûr, présidente de DBI, je ne peux que me réjouir de ce classement. C’est la résultante de la conjonction de plusieurs facteurs : la qualité de vie, la qualité des transports, etc. Cela n’arrive pas par hasard, c’est un travail de longue haleine et c’est le travail de tous les acteurs… Le but à DBI étant d’attirer et de conserver des entreprises, ce palmarès ne peut que nous y aider. C’est un élément en plus sur lequel nous pourrons nous appuyer. En plus, cela met en lumière la ville, pour ceux qui ne penseraient pas encore à Dijon ! »

Nous pourrions décliner les critères sur lesquels la métropole excelle dans ce palmarès, mais prenons la qualité de vie. Est-ce que c’est réellement déterminant dans le choix des entreprises ?

« Première pour la qualité de vie, c’est capital. Post-Covid, on se rend compte que c’est un élément encore plus important de choix pour les entreprises qui aspirent à ce que leurs salariés soient heureux dans une ville ».

La métropole dijonnaise monte également sur la première marche du podium en ce qui concerne l’accueil des entreprises et l’immobilier professionnel…

« C’est essentiel et nous travaillons aussi beaucoup sur ce que l’on appelle les villages d’entreprises. Nous avions fait le constat que c’était quelque chose qui manquait localement. Il était nécessaire d’avoir des structures efficientes pour, en substance, démarrer les entreprises. Cela permet d’accueillir des investisseurs et faire que Dijon dispose d’une capacité d’accueil pour toutes les entreprises, quelle que soit la taille ».

Quels sont les moyens que vous mettez en œuvre afin d’épauler celles et ceux qui font le choix de Dijon pour travailler ?

« Nous travaillons beaucoup sur les talents. Nombre d’entreprises doivent faire face à des difficultés de recrutement, aussi nous avons une action à DBI afin de les épauler. Nous aidons les salariés à s’implanter avec des prestations appelées Chouette Move. Et nous avons relancé Welcome Dijon afin que les salariés nouvellement implantés à Dijon puissent rencontrer les acteurs mais également déposer des CV pour leur conjoint. Nous nous sommes aperçus que le travail des conjoints est un sujet qui revient quasiment toujours lorsque l’on aborde la question des ressources humaines ».

Une annonce est tout de même venue noircir le tableau : celle de la fermeture d’une des entreprises emblématiques de la capitale régionale, Tetra Pak…

« La conjoncture économique n’étant pas bonne, nous ne sommes pas à l’abri de mauvaises nouvelles et la fermeture annoncée de Tetra Pak est évidemment une mauvaise nouvelle. Plus de 200 salariés sont concernés. C’est la raison pour laquelle il faut toujours continuer de travailler à l’implantation de nouvelles entreprises. Nous savons que les entreprises ont un cycle et que des disparitions peuvent intervenir. Il faut toujours aller en chercher de nouvelles afin de suppléer celles qui partent. Et ce, même si, pour ma part, je regrette toujours celles qui ferment quelles que soient leurs tailles.

Cela fait mal pour Tetra Pak, où il y a beaucoup d’emplois, installée à Dijon depuis longtemps, mais c’est aussi vrai pour de petites entreprises, car l’on peut regretter des pertes de savoir-faire. Alors que l’on nous parle de réindustrialisation, cette annonce ne va pas dans le bon sens… Dijon Métropole dispose d’un fort bassin d’emplois, avec un taux de chômage relativement bas. Il faut travailler pour que cela perdure ! »

Le lancement de la nouvelle marque « Dijon Bourgogne » le 14 janvier au siège de l’Organisation internationale de la Vigne et du Vin devrait apporter sa pierre à cet édifice…

« Nous sommes acteurs sur ce sujet. Nous portons la marque même si nous la partageons. Cela a été co-construit avec les deux autres agences (Dijon Bourgogne Events et Dijon Bourgogne Tourisme & Congrès), afin d’avoir un langage commun, une identité graphique commune… Même si les sujets des uns et des autres ne sont pas tout à fait les mêmes, quelque fois cela peut se croiser. A Dijon Bourgogne Invest, nous avons des velléités d’acquérir une notoriété internationale et cette marque commune va dans le bon sens. Lorsque l’on parle de Dijon, on va parler attractivité pour les entreprises, attractivité pour les habitants, attractivité pour les touristes, attractivité pour les congrès… Nous allons déployer cette année cette marque et nous allons mutualiser nos ressources. On le sait, les finances des uns et des autres sont limitées et il est important de mutualiser nos efforts ! »

Propos recueillis par Xavier Grizot