Rémi Détang : « Un lieu de partage »

Quetigny ouvre la Parenthèse. Et quelle Parenthèse ! Ce tiers-lieu implanté en plein cœur de ville sera le premier du genre à l’échelle métropolitaine. Le maire Rémi Détang nous détaille cette réalisation de taille qui lui tient tant à cœur.

La Parenthèse représente le plus gros investissement jamais porté par la Ville de Quetigny. C’est dire à quel point cet équipement vous tient à cœur ?

« La Parenthèse, c’est 5,5 millions d’euros d’investissement. Avec 70 % de taux de subvention de l’État, du Département de la Côte-d’Or et de la CAF de Côte-d’Or. C’est aussi un projet que l’on porte depuis 2013. Cet établissement socioculturel et éducatif était une intuition, un pari d’avenir, au moment de l’émergence des tiers-lieux en France. En 10 ans, le projet à évolué. Les habitants et les associations locales ont été associées aux réflexions et 3 axes prioritaires ont été identifiés pour assoir l’identité de la Parenthèse : le lien social, l’égalité des chances, l’environnement et le patrimoine ».

Le nom a été choisi par les habitants. Mais vous avez aussi souhaité associer vos administrés de façon encore plus prégnante à l’avènement de cet équipement…

« Oui, ce sont les habitants qui ont proposé des noms et voté pour celui de la Parenthèse, voulu comme un trait d’union entre le travail et son domicile. Une parenthèse conviviale. Les élus de la Ville et les associations locales ont, une première fois, planché sur l’âme de cet équipement à travers des ateliers pour écrire le Projet Culturel, Scientifique, Educatif et Social de la Parenthèse, puis de nouveau en 2023 avec des ateliers de concertations citoyennes pour imaginer les activités et animations qui seraient proposées. Nous savions d’ores et déjà que la médiathèque serait centrale mais cela ne suffisait pas à lui donner le rôle de tiers-lieu. C’est pourquoi nous avons concerté, intégré une dose de transversalité et d’intelligence collective pour que cet espace de 1 000 m² reflète les aspirations et les envies de chacun ».

La démocratie participative représente votre marque de fabrique ?

« Il est vrai qu’à Quetigny la participation citoyenne est une volonté politique forte de notre majorité. On imagine les projets d’avenir ensemble et on joue collectif. Il y a la Parenthèse mais également le bilan de mi-mandat qui a été participatif, le projet sportif, le réaménagement urbain d’une coulée verte, la construction d’un verger conservatoire… Ce n’est pas toujours simple de mobiliser les citoyens et de recueillir leurs avis et idées. Il faut trouver le bon tempo, les bons canaux, une mixité de public… Certains vous reprocheront de ne pas associer assez de monde. Et d’autres de suivre l’avis de la majorité lorsque cette réponse majoritaire ne leur convient pas… La démocratie participative est mouvante et fragile, nous devons la construire chaque jour ».

Pouvez-vous nous détailler ce que recèlera cette Parenthèse ?

« Je l’ai dit, le cœur de la Parenthèse sera la médiathèque nouvelle génération. Elle sera dans tous les espaces. Il y’aura également une ludothèque, un lieu d’accueil Enfant-Parent, un café solidaire, une salle de spectacles, deux salles de création avec un FabLab, un espace numérique et des jeux vidéos et un patio central végétalisé. Nous avons veillé à nous adresser à tous les âges. La programmation du lieu sera imaginée en transversalité entre les services municipaux, les associations partenaires, les associations qui voudraient organiser des actions plus ponctuelles et également les citoyens. La Parenthèse est un tiers-lieu, il s’adresse à tous et chacun pourra se l’approprier ».

Vous voulez en faire un véritable « catalyseur des mixités et un accélérateur de l’action citoyenne ». Pouvez-vous nous en dire plus ?

« Effectivement, ce lieu est porteur d’une vision politique : celle de transformer un établissement public en un lieu des communs. C’est-à-dire, un lieu de partage des savoirs, d’éveil aux arts, d’éducation populaire et citoyenne. Le partenariat avec des associations telles que la CSF, le centre social la Passerelle, le Théâtre de l’Escalier et des associations de solidarité permettra d’attirer un large public. La gratuité des activités proposées lèvera également les freins pour les foyers modestes. Le café solidaire qui proposera des tarifs abordables aura pour vocation de créer du lien social, d’accueillir des temps d’échanges.

Nous souhaitons que les citoyens et les associations s’emparent de la Parenthèse, viennent proposer des actions, des ateliers, des débats et fassent vivre ce lieu. La Parenthèse se situe en pleine centralité et en plein cœur du nouveau quartier prioritaire de la Ville. Nous voulons en faire une chance pour les habitants des quartiers souvent dits « défavorisés ».

Le rayonnement de cette structure dépassera les frontières quetignoises. Vous souhaitez en faire un véritable équipement métropolitain ?

« J’ai la faiblesse de croire que la Parenthèse aura un rayonnement métropolitain car elle répond aux aspirations de notre époque. Et qu’aucun tiers-lieu de ce genre n’existe au sein de notre agglomération. Les tiers-lieux animés de façon transversale entre collectivités et milieu associatif sont, à mon avis, une grande innovation sociale. Innover est dans l’ADN de Quetigny. Une ville que ne change pas, qui n’évolue pas, meurt. Alors nous continuons de créer pour notre jeunesse. J’invite d’ailleurs tous les habitants de Dijon Métropole à venir fêter l’ouverture de la Parenthèse le samedi 16 mars dès 10 h 30 ! »