Découvrez Le Clairon. L’édito qui secoue l’actualité pour vous tenir informé. Des analyses percutantes pour rester au cœur de l’info.
« Maison de retraite 2 », c’est le titre de la suite d’un film actuellement en salle qui raconte les péripéties de petits vieux dynamiques et roublards dans un EHPAD. Mais ça pourrait également être le titre de la prochaine élection présidentielle américaine.
En novembre, les électeurs américains seront appelés aux urnes pour désigner les 538 membres du collège électoral des États-Unis. Ceux qu’on appelle les « grands électeurs » éliront leur Président dans la foulée. Même si rien n’est encore définitif, la séquence des « primaires » n’en étant qu’à ses prémices, tout porte à croire que le scrutin de l’automne mettra en scène une revanche de l’élection de 2020, quand Biden l’avait emporté face à Trump, le Président sortant.
À ma gauche, le Démocrate Joe Biden, 82 ans. À ma droite, le Républicain Donald Trump, 78 ans. Un papy largement octogénaire qui n’a visiblement plus toute sa tête à ma gauche. Un vieux monsieur presqu’octogénaire mais totalement borderline, tendance affabulateur, fervent partisan de la réalité alternative à ma gauche.
Tant pis si une écrasante majorité des Américains ne veut pas du match retour du scrutin de 2020, les deux grands-pères sont persuadés d’être l’homme de la situation. Rien ne semble pouvoir enrayer cette fuite en avant.
Qu’importe si Trump collectionne les affaires de mœurs, les provocations et les inculpations judiciaires. Plus il multiplie les comparutions devant les juges, plus il raconte n’importe quoi, plus il invente des histoires et plus il monte dans les sondages. S’appuyant sur un noyau d’afficionados extrêmement puissants dans le Grand Old Party, le milliardaire new-yorkais a fait le vide autour de lui, éliminant un à un tous ceux qui lui contestaient son autorité.
Qu’importe si Biden a des absences de plus en plus évidentes et s’il demande régulièrement et publiquement des nouvelles d’individus décédés depuis des lustres. D’une part, personne n’a le courage de le débrancher et, d’autre part, aucun leader potentiel n’émerge au sein du parti démocrate pour prendre la relève.
L’un des deux a donc toutes les chances de devenir Président du plus puissant état de la planète à la fin de l’année. Donc, potentiellement, l’homme le plus puissant du monde. Cette perspective est extrêmement inquiétante, à la fois pour les États-Unis -mais après tout, c’est leur affaire- mais également pour les équilibres diplomatiques internationaux -et là, nous sommes tous concernés-.
Si la reconduction de Biden serait un moindre mal, l’élection de Trump pourrait avoir des répercussions mondiales catastrophiques. La guerre en Ukraine, le conflit israélien, la situation en Iran et en Corée du Nord, les velléités chinoises sur Taïwan, le fonctionnement de l’OTAN, tous les points chauds géopolitiques seraient directement impactés par un nouveau mandat de Trump. D’autant plus que le sociopathe à la chevelure incertaine, animé par un sentiment de revanche depuis 2020 et une élection que le système lui aurait « volée », a eu quatre ans pour ruminer sa vengeance et n’aurait, selon l’aveu même de ses proches, aucune limite pour laisser libre cours à ses pulsions.
C’est l’avenir de l’humanité qui pourrait se jouer dans moins de dix mois. Rien que ça. Croisons donc les doigts pour que les Américains aient un minimum de lucidité pour envoyer définitivement Trump à la retraite.





