La première Chinatown d’Europe

Les deux premiers mois de 2024 se sont déjà écoulé, et tandis que beaucoup se préparaient assidument à célébrer la Saint-Valentin, à Liverpool, le rouge du Nouvel An chinois a surpassé de loin le rouge des petits cœurs.

Le samedi 10 février dernier, on accueillait l’année du dragon selon l’ancien calendrier lunaire chinois que les Liverpuldiens ont fêté en grande pompe. Pour comprendre cet attachement, il faut d’abord comprendre que Liverpool a une très grande communauté chinoise, et ce depuis plusieurs siècles : grâce à l’ouverture de son port au commerce international au 18e siècle et l’immigration chinoise qui s’en est suivie, Liverpool est fière d’avoir la première Chinatown d’Europe. Non loin du centre- ville, Chinatown se dote notamment d’une arche géante, d’une ribambelle de restaurants chinois et de plaques de rue sous-titrées de caractères chinois. 2024 est particulièrement spéciale pour Liverpool car l’année marque le 25e anniversaire du jumelage avec Shanghai.

Les célébrations sont diverses et variées, et ont pour la plupart lieu le week-end du Nouvel An, c’est-à-dire entre le vendredi 9 et le dimanche 11 février. Le vendredi, c’est un gala qui a ouvert les festivités. Ayant lieu au Hall St George – la grande salle de réception de la ville, dans un bâtiment aux allures de Parthénon – le gala mettait en scène des danses du lion et du dragon, des démonstrations d’arts martiaux et des chants traditionnels chinois, le tout présenté par des groupes d’enfants, d’adolescents et d’étudiants. A l’université, nous avons par exemple la présence permanente de l’Institut Confucius, qui fait le partenariat avec l’Université Jiatong de Xi’an en Chine, et qui a aidé à organiser une partie des festivités. Il y a notamment plusieurs milliers d’étudiants chinois qui viennent faire leurs études à Liverpool chaque année.

C’est le dimanche 11 février qui a clôturé les festivités. Toute la zone de Chinatown était bloquée pour accueillir un festival. Au programme : des parades, une mini fête foraine et une grande scène pour divertir les milliers de visiteurs.

Enfin, une fois que l’on s’est rempli l’estomac avec de la cuisine de rue chinoise, on peut terminer les célébrations dans le reste de la ville : l’église bombardée au centre-ville projetait un court-métrage inspiré d’un conte chinois, des illuminations à l’image du dragon rouge flottait dans les quais, et même le musée des Beatles s’était associé à la fête.

Léa Tribotté