José Almeida : « Je passe le relais en responsabilité »

Le tract électoral de la dernière élection municipale remportée haut la main (et c’est un euphémisme !) était co-signé par le maire sortant José Almeida et par sa première adjointe Céline Tonot. C’est dire si le premier magistrat, qui avait annoncé, rappelons-le, ne pas se représenter en 2026, avait balisé le chemin de la transmission. Comme il nous l’explique dans cet entretien aux côtés de sa future successeuse (la passation de pouvoir doit se faire avant la fin du mois), l’édile socialiste a toujours voulu créer les conditions pour que « l’équipe de gauche puisse continuer d’agir collectivement au service des Longviciennes et Longviciens durant de nombreuses années encore ». A 54 ans, José Almeida quitte, avec la responsabilité et le sens de l’engagement qui ont toujours été les siens, ses fonctions de maire…

Vous venez d’annoncer que vous quittiez vos fonctions de maire de Longvic. Qu’est-ce qui a motivé cette décision qui n’est pas passée inaperçue ?

« C’est une décision mûrement réfléchie. Et cette réflexion a été partagée avec Céline Tonot, parce que c’est ma première adjointe et parce que nous avons constitué un binôme depuis 2014 et mon élection à Longvic. Je prends cette décision pour des raisons personnelles et en aucun cas pour des problèmes de santé ou pour de quelconques raisons politiques. J’arrive à la fin d’un cycle.

Nous avons pu agir collectivement avec mon équipe de 2014 à 2020 et je me suis représenté pour continuer le travail engagé, notamment dans la métamorphose de la ville, en commençant par le centre-ville. Notre souhait était de poursuivre les transformations dans tous les quartiers et c’est ce que nous avons engagé depuis 2020. Il fallait que je puisse assurer la continuité de l’équipe. Les habitants se sont prononcés sur une équipe, et mon objectif était de créer toutes les conditions pour que cette équipe puisse perdurer dans le temps.

J’ai un héritage qui date de 1995, avec l’arrivée de Michel Étiévant et de la gauche, puis de Claude Darciaux. Il était de ma responsabilité de pouvoir créer ces conditions afin de passer le relais. J’ai souhaité que cette transmission intervienne avant les élections de 2026, élections pour lesquelles j’avais déjà indiqué que je ne me représenterais pas. Pour assurer la continuité dans l’équipe, il m’est apparu nécessaire de transmettre un peu avant, dans les meilleures conditions, afin que la future maire puisse avoir une assise et que la population puisse avoir confiance en l’avenir. Je dis cela en toute modestie : je pense que c’est avoir du sens politique que de pouvoir créer ces conditions et de transmettre ».

Pour autant, vous avez décidé de rester conseiller municipal

« C’est une question de principe : j’ai été élu dans le cadre d’une liste, je reste sur cette liste et donc je demeure au conseil municipal. Je transmets la fonction de maire d’un commun accord avec Céline Tonot de manière à continuer le travail. La politique étant une passion pour moi, je reste au conseil municipal… On pourrait résumer ainsi : j’ai découvert mes fonctions en tant que 1er adjoint de Claude Darciaux de 2008 à 2014, j’ai pu agir à partir de 2014 avec toute une équipe et, à partir de 2020, j’ai souhaité mettre en place cette transmission politique. Je ne savais pas quand je le ferais pour que cela se passe dans les meilleures conditions. Aujourd’hui, c’est le cas. C’est une façon d’être responsable pour la suite. C’est aussi une façon de ne pas faire faux bond à la gauche. »

Quels sont les projets structurants dont vous êtes le plus fier : est-ce la requalification de la BA 102, avec l’arrivée de l’école de gendarmerie, la métamorphose du centre-ville ou bien encore l’avènement du centre sportif Véronique Pecqueux-Rolland… ?

« C’est le centre-ville, parce que c’était attendu et je pourrais même dire tendu également. Cela a été très compliqué. Lorsque la fermeture de la BA 102 a été annoncée, nous avons mis les bouchées doubles afin de pouvoir avancer sur ce dossier majeur pour notre ville. Nous avons réussi à ce qu’enfin la Poste et le groupe Intermarché puissent tomber d’accord. La place Nelson-Mandela avait été programmée et nous avons réussi à aller bien au-delà. Plus encore que sur la BA 102, c’est sur le centre-ville que je me suis usé. François Rebsamen a parfaitement joué son rôle pour la BA 102. Sans lui, nous n’aurions jamais eu la première école de gendarmerie de France, la zone d’activité économique autour de l’aéroport, etc.

Mais le centre-ville, c’était mon affaire et j’ai dépensé beaucoup d’énergie afin qu’il puisse réellement voir le jour. Cela me tenait particulièrement à cœur parce que c’était la meilleure des réponses au départ des soldats de l’Armée de l’Air. Nous avons tellement travaillé avec toute l’équipe sur ce sujet. Nous avons ouvert le parc du Château à toute la population, ce qui a permis de faire le lien avec le parc de l’hôtel de ville, la passerelle, l’Ouche.

Et, aujourd’hui, les habitants me disent : le centre-ville a amené une attractivité très forte pour notre ville. Pour preuve, les prix de l’immobilier se sont envolés à l’issue de sa réalisation. Tout a changé pour Longvic à partir de ce moment-là ! Et on l’a vu aussi avec la croissance démographique que l’on a pu retrouver. Cela a eu un véritable effet levier… et cela se poursuit avec le quartier Valentin, l’éco-quartier des Pommerets. Nous devrions avoir aussi une belle opération d’Orvitis dans les 2 à 3 ans qui viennent au bout de l’avenue Guynemer… Le tout en concertation avec les riverains, la dimension participative étant inscrite dans notre démarche. Nous sommes très attachés ici à Longvic à avoir des liens privilégiés avec la population, que ce soit Céline ou moi- même, mais aussi tous les membres de l’équipe municipale.

Je l’ai toujours dit : mes habitants, ce sont mes patrons. Il faut leur rendre compte et pas seulement tous les 6 ans ! C’est ce que nous faisons avec toutes les opérations participatives que nous menons ».

Vous vous êtes illustré par le maintien de la qualité des services publics sur Longvic…

« C’est vrai que nous les avons particulièrement défendus. Nous avons le souci de maintenir des services de qualité pour tous les habitants. Il faut aller au plus près des gens et répondre au mieux à leurs attentes ».

Lors de la dernière élection, les habitants vous ont réélu avec votre liste Longvic Avance dès le 1er tour avec 80,18%. J’imagine que cette victoire de taille restera comme un souvenir mémorable… «

L’équipe avait très bien travaillé et les habitants l’ont reconnu avec ce score que je peux qualifier d’énorme. Je remercie encore tous les soutiens apportés par les habitants, les partenaires de notre ville, la métropole. C’est grâce à eux, grâce à tous ceux qui nous ont accompagnés, à toutes les aides que nous avons obtenues, que nous avons pu accomplir tout ce travail. Il ne faut pas l’oublier… Et je n’oublie pas de remercier le parti socialiste, sans lequel je ne serais pas là… Sans le soutien permanent de la section PS de Longvic, je n’aurais jamais occupé de telles fonctions. C’est un collectif à qui je dois aussi beaucoup ».

Le maire et président de Dijon Métropole, François Rebsamen, aux côtés de qui vous avez été particulièrement actif, comme vice-président en charge des finances jusqu’en juillet 2021 notamment, a salué en vous « un maire proche des habitants, un maire accessible et efficace, fier de ses convictions d’homme de gauche progressiste ». Il a salué votre engagement qu’il a qualifié d’« exceptionnel ». Ces mots ont dû vous toucher au cœur…

« Bien sûr cela m’a touché. Nous avons toujours été proches. Il faut se souvenir qu’en 2002 je rentre à son service au Grand Dijon. C’est quelqu’un que j’apprécie beaucoup et il n’y a pas beaucoup d’hommes politiques locaux que j’apprécie… J’ai vraiment aimé de pouvoir l’accompagner dans la marche communautaire. Cela a été un énorme travail mais cela fut enthousiasmant de développer le Grand Dijon. A mon niveau bien évidemment, j’ai apporté ma pierre, avec d’autres, à cette belle aventure qui a abouti à la métropole et je le dois à François Rebsamen ».

Lors d’une cérémonie de vœux (en 2017 et alors que la France avait été frappée en son cœur par l’attentat du 14 juillet à Nice), vous aviez fait référence à une formule de Vincent Van Gogh : « Avancer, avancer toujours, quoi qu’il advienne ! » Que dites-vous de celle de l’écrivain humaniste Saint-Exupéry, qui, au demeurant, s’est posé sur l’ancienne base Guynemer : « Pour chaque fin, il y a toujours un nouveau départ ! » 

« Oui c’est un nouveau départ dans le sens où je vais pouvoir me concentrer sur mon activité professionnelle et ma vie personnelle. Je vais prendre du temps pour moi et pour mes proches. Je vais pouvoir réaliser des passions que je n’ai jamais pu encore vivre, parce que j’étais à 100%, voire 200%, dans mes fonctions précédentes… C’est une autre vie et cela va me faire du bien ! »

Propos recueillis par Xavier Grizot

 

Céline Tonot : « Une nouvelle énergie »

« C’est une belle marque de confiance. Nous avons toujours travaillé main dans la main et ce n’est pas, bien évidemment, une surprise. Dans ma collaboration avec José Almeida, la seule fois où j’ai été surprise, c’est en 2013 lorsqu’il m’a proposé d’être sa première adjointe. Nous avions déjà travaillé ensemble l’Agenda 21 et, après avoir été sa directrice de campagne, je ne m’attendais pas à me voir proposer ce poste… Dès cet instant, la confiance était totale et nous avons toujours travaillé dans l’écoute et dans l’échange.

Aucun désaccord n’est apparu dans notre travail en commun. Je peux dire que nous avons une véritable complicité. Aujourd’hui c’est la traduction de ce qu’il a toujours dit. Si vous me permettez l’expression, José Almeida n’a pas la maladie du pouvoir et seul l’intérêt général pour les Longviciens prime à ses yeux… », a commenté, à ses côtés, Céline Tonot, non sans ajouter : « Pour moi, ce n’est pas un nouveau départ… Nous sommes dans une année olympique et, pour moi, le 4 x 100 m représente la plus belle des courses. Il y a un passage de relais et cela rebooste. Cela donne une nouvelle énergie à l’équipe, auquel José Almeida appartiendra toujours. Il y a des engagements à mener jusqu’au bout et il faut aussi envisager les prochains… L’envie est bien là ! »

 

Crédit photo : Vincent Arbelet