CGFL : « Un grand pas pour l’humanité ! »

Le Centre Georges François Leclerc (CGFL) na de cesse dinnover au service de ses 26 000 patients quil accueille annuellement. Mais ses recherches peuvent bénéficier à bien plus… notamment lorsque celles-ci révolutionnent le traitement de certains cancers. Gros plan sur la dernière en date dont il devrait être largement question sur la planète… médicale.

Neil Armstrong aurait, à n’en pas douter, eu le sens de la formule pour commenter l’annonce qui suit, lui qui avait su marquer, à la fois de sa marche… et de sa parole, le premier alunissage. La dernière avancée du Centre Georges-François Leclerc n’est pas loin de s’apparenter, dans l’univers de la médecine, au premier pas de l’homme sur la lune. Il faut dire que celle-ci concerne les résultats plus qu’encourageants d’une nouvelle approche d’immunothérapie dans le traitement du cancer colorectal métastatique.

Le professeur Charles Coutant, directeur général de cet établissement référence dans la lutte contre le fléau du siècle (et du siècle précédent au demeurant), a ce qualificatif pour caractériser le travail de l’équipe pilotée par le Pr François Ghiringhelli, oncologue et directeur de l’unité Inserm 1231, et Marion Thibaudin, chercheuse sur la Plateforme de transfert en biologie du cancer : « Exceptionnel ! » « Globalement, à quelques exceptions près, on dit qu’un cancer métastasé est incurable. Les traitements sont là pour prolonger et rendent la maladie la plus chronique possible. Et, grâce à cette idée géniale, on va pouvoir se dire que l’on pourra guérir des cancers métastasés ! », prophétise le pilote de cet hôpital qui ne consacre pas moins de 12 M€ par an à la recherche.

La prestigieuse revue Nature Medecine (l’une des 3 plus importantes revues médicales au monde) ne s’y est pas trompée puisqu’elle vient de publier cette étude de phase 2, un bel exemple de collaboration française regroupant 8 centres de l’Hexagone ayant bénéficié du soutien financier du laboratoire Astra-Zeneca.

Une lueur despoir

Cet essai clinique, appelé MEDITREME, a consisté à combiner l’immunothérapie et la chimiothérapie en utilisant 2 anticorps activant le système immunitaire. « Et cette combinaison a montré son efficacité. 57 malades ont été inclus dans cette étude qui s’est déroulée entre 2017 et 2020 et cette combinaison a permis des régressions de la maladie sur 65% des patients. Et 15% des patients ont eu une rémission complète de la maladie sans rechute, ce qui n’arrive pas normalement avec un traitement de chimiothérapie seule », détaille le Pr François Ghiringhelli, non sans se projeter : « En collaboration avec les industriels, nous sommes en train d’essayer de monter une étude de phase 3 (celle-ci concernera 500 patients) qui comparera sur des malades la chimiothérapie versus un protocole d’immunothérapie et de chimiothérapie comme nous venons de le faire ».

Si celle-ci s’avère concluante, ne doutons pas qu’elle devrait faire l’objet d’une présentation « présidentielle » au célèbre Congrès de l’ASCO à Chicago, réunissant les plus grands chercheurs du monde entier œuvrant contre le cancer, après y avoir, déjà, en 2020, occupé le devant de la scène.

Une chose est sûre : cette annonce représente déjà une véritable lueur d’espoir pour ceux qui se battent aujourd’hui contre le cancer colorectal métastatique qui, avec 17 000 décès, représente le 3e cancer le plus mortel chaque année en France. Et cette annonce illustre également à quel point le CGFL , qui a accueilli environ 26 000 patients en 2022, est à la pointe que ce soit en recherche fondamentale ou en recherche clinique. Fort de 972 salariés, dont 162 médecins et 115 chercheurs, le CGFL est, dans le domaine de la lutte contre le cancer, capable de décrocher… la lune !

Camille Gablo