En vert et contre tout

L'avantage avec Les Verts, c'est que, même s'ils ne servent à rien, politiquement parlant, ils nous font toujours marrer. Ils ne sont pas très nombreux mais il y a toujours un ou une volontaire pour raconter une sottise à la télé, asperger une œuvre d'art avec de la soupe, faire de Victor Hugo un chibani, coller son séant sur l'autoroute pour interpeller l'opinion publique sur le réchauffement ou exhiber ses seins pour défendre le grand hamster d'Alsace.

En ces temps troublés et anxiogènes, se taper une barre de rire à chacune des sorties médiatiques de ces Benny Hill wokistes, ça détend les zygomatiques.

Depuis la dernière présidentielle, on a appris à connaître Sandrine Rousseau, la passionaria du triptyque boulgour-quinoa-tofu, adepte de la « déconstruction » des hommes et éco-féministe revendiquée, jamais avare en inepties et autres débilités sur les réseaux sociaux. Il nous faudra désormais nous habituer à Martine Tondelier, probable successeure de Julien Bayou à la tête du parti croupion.

Samedi 26 novembre, les adhérents d'Europe Ecologie-Les Verts étaient appelés aux urnes pour désigner leurs nouveaux dirigeants. C'est Martine Tondelier, soutenue par la majorité sortante, qui paraît en bonne position pour récupérer la fève et coiffer la couronne le 10 décembre prochain. Elle a en effet recueilli un peu plus de 47% des suffrages. La candidate soutenue par Yannick Jadot et celle sponsorisée par Sandrine Rousseau se sont, elles, méchamment vautrées, avec respectivement 18% et 13,5% des voix.

47% pour Martine Tondelier, ça envoie du rêve. Gros score. Aucune ambiguïté. Elle a éparpillé ses cinq adversaires façon puzzle en ne leur laissant que des miettes.

Pourtant, il faut relativiser quand on se penche sur le détail du scrutin. Car seulement 45% des… 11 000 adhérents ont voté ! Soit 4 950 personnes. Voilà la réalité des Verts aujourd'hui : moins de 5 000 personnes ont participé à l'élection de leurs instances dirigeantes dans toute la France.

Quand Martine Tondelier se félicite d'avoir emporté la mise avec 47% des voix, c'est donc qu'elle se gargarise des 2 300 voix et des bananes qui se sont portées sur son nom. On est très loin d'un vaste mouvement populaire. Pas un tsunami dans l'océan. Plutôt une vaguelette dans un lavabo.

2 300 voix au niveau national, pour se faire une idée, c'est la population de Seurre, en Côte-d'Or. Pour un parti qui se dit « de Gouvernement », ça interpelle de s'appuyer sur un nombre d'adhérents aussi faible. A rapporter aux 48 millions d'électeurs que compte le pays.

Au moins, congrès après congrès, les Verts continuent de se ridiculiser et de nous faire rigoler. Et quand on croit qu'ils ne pourront plus nous surprendre, ils remettent une pièce dans le juke-box.

Ce même samedi 26 novembre, les 110 adhérents EELV de Franche-Comté ont également désigné leur nouvelle secrétaire régionale. A l'unanimité. Ce qui reste un exploit chez les Verts tant leur propension à se castagner et s'embrouiller pour des futilités est connue et reconnue. C'est même devenu leur marque de fabrique.

Alors la gagnante, on en parle ? Il s'agit d'une jeunette, une gamine, nouvelle venue sur la scène politique, qui va, incontestablement apporter un souffle revigorant au parti écologiste. La nouveauté, il n'y a que ça de vrai pour rebooster un parti ankylosé au sein de la NUPES. Les écolos de Franche-Comté l'ont bien compris.

L'heureuse élue s'appelle… Dominique Voynet ! Dominique Voynet, 64 ans, ancienne ministre, ancienne sénatrice, ancienne députée, ancienne députée européenne, ancienne conseillère régionale, ancienne maire, ancienne candidate à la présidentielle -deux fois-. Bref, il n'est pas un mandat que Dom n'a pas testé tout au long de ses 35 années d'engagement politique.

Faut-il que les Verts soient à ce point dépourvu de forces vives pour être obligés de se rabattre sur d'anciennes gloires pour tenter de faire -re-vivre leur parti. Mais peut-être est-ce une illustration de ce qu'est l'économie circulaire ? La volonté de tout recycler. Même les anciens élus.

Ce qui est certain, c'est que toutes ces petites tractations et combines d'appareil ne font pas rêver l'électeur. Moi, lors du prochain scrutin, je voterai pour le Père Noël. Au moins, je suis sûre d'avoir des cadeaux…

Jeanne Vernay