Du 1er au 13 novembre, la Foire internationale et gastronomique de Dijon vous attend une nouvelle fois nombreux. Pour sa 92e édition, l’invité d’honneur n’est autre que… le vin. Et notamment ceux élaborés à base de nos cépages bourguignons, le Chardonnay et le Pinot noir. C’est dire si cet événement dijonnais par excellence (et ce, depuis 1921 !) est à déguster…
« J’adore… regarder danser les gens… J’adore, j’adore, j’adore, J’adooooore… » Vous penserez, qui sait, aux paroles de la chanson de Philippe Katherine en découvrant l’affiche de la Foire internationale et gastronomique de Dijon ! À ce tube de l’artiste le plus loufoque de la chanson française qui eut les honneurs des Victoires de la Musique… Certes, celui-ci louait « le bar du Louxor » et non la Foire de Dijon mais son côté burlesque, et, de facto, déraisonnable, n’est pas sans rappeler les premières affiches de la Foire où l’on voyait Gargantua (s’il y a bien un ogre déraisonnable, c’est lui !) porter un plateau avec toutes les spécialités de Dijon, et notamment sa sainte Trinité : la moutarde, le cassis et le pain d’épices. Sachez que, deux ans après la première – en 1923 plus précisément – le char de Gargantua arpenta les rues de Dijon et la foule nombreuse s’enthousiasma devant les chevaux blancs tirant ce personnage haut en couleurs. Surtout son visage… rubicond !
Cent et un ans après la première (eh oui, la guerre et le Covid ont fait que nous n’en sommes qu’à la 92e édition), la Foire continue d’écrire l’histoire de Dijon, et si nous regroupions ses morceaux de vie, souvent plus appétissants les uns que les autres, s’y déroulant depuis l’origine, ils occuperaient certainement autant que les 5 volumes de l’œuvre pantagruélique de François Rabelais. Il faut dire qu’elle est le témoin de son époque et de ses mœurs. La Foire représente toujours un moment privilégié, que ce soit en famille, entre amis ou entre collègues. Au sein des palais des Congrès et des Expositions de Dijon, dans cet univers sous cloche (ce qui n’est pas sans rappeler les plats servis dans les bons restaurants), elle représente « un événement populaire et convivial par excellence », comme le souligne Jean Battault, président de l’organisateur Dijon Congrexpo. Un événement qui a perpétuellement réussi à conjuguer tradition et innovation.
La substantifique moelle
Ainsi, du 1er au 13 novembre, vous retrouverez tout ce qui fait la substantifique moelle (merci encore Rabelais) de la Foire : ses 450 exposants (20% de nouveaux), ses dégustations, ses spécialités, ses démonstrations de chefs… Dès le premier jour, place ainsi à la nouvelle génération de chefs, de plus en plus représentative de la gastronomie locale : Maxime Victorin, Hugo Schneider et Charlélie Clerget, à la tête respectivement du Malto, de la Betterave et de la Musarde.
Mais le monument de la gastronomie côte-d’orienne – et française ! – sera lui aussi au rendez-vous : la Maison Bernard Loiseau sera encore de la fête avec une journée également dédiée le 2 novembre. Ses meilleurs ambassadeurs, Louis-Philippe Vigilant, chef adjoint du restaurant La Côte-d’Or à Saulieu, Jean-Bruno Gosse, nouveau chef de Loiseau des Ducs et Xavier Jacquin, chef pâtissier, brûleront, ensemble, les planches de la Scène des Chefs. Sans pour autant brûler leurs délicieuses préparations…
L’Amicale des Cuisiniers de Côte-d’Or, dorénavant présidée par Daniel Blanchard, sera toujours omniprésente. Que ce soit lors de la Journée Chasse (le 10 novembre) dont l’objectif est de faire découvrir ou redécouvrir toutes les vertus de la venaison, cette viande authentique de nos terroirs. Une journée au cours de laquelle l’Amicale organisera un concours qui lui tient particulièrement à cœur : les Rencontres féminines hôtelières, où les jeunes étudiantes des lycées de la région travailleront, elles aussi, le gibier.
Que les adeptes inconditionnels du traditionnel Concours du Jambon Persillé, organisé par la Confrérie de Saint-Antoine, se rassurent, il ne manquera pas à l’appel (le 4 novembre).
Celles et ceux qui préfèrent les légumes (nous sommes à une époque où la viande et les barbecues sont susceptibles de faire polémique, ce qui ferait, sans conteste, se retourner Rabelais dans sa tombe !) apprécieront l’une des nouveautés durables de cette année : le jeudi 3 novembre, dans le cadre d’une journée « Cuisine responsable », une maraîchère de la région, « éducatrice à l’environnement », montrera comment cuisiner en produisant 0 déchets.
Lucullus aurait apprécié
Les temps forts seront multiples (1) à l’occasion de cette Foire qui remettra au goût du jour, après quatre ans d’absence, Vinidivio (du 10 au 13 novembre), le salon très prisé des visiteurs leur permettant de découvrir des vins étrangers. Cette fois-ci, pas de pays invité mais des domaines originaires de France comme de l’étranger qui excellent avec les cépages qui ont fait la renommée de la Bourgogne à travers le monde : le Chardonnay et le Pinot noir. Car l’invité d’honneur de cette Foire 2022 n’est autre que… le vin !
Une façon, comme l’année dernière avec la Gastronomie, de rendre à César ce qui lui appartient : sans le rayonnement du bourgogne, la Foire n’aurait certainement jamais vu le jour, enfin tout du moins elle n’aurait jamais connu un tel succès ! Le général romain Lucullus, premier des gastronomes, dont la Table retrouve sa typicité d’antan, après la version numérique de l’année dernière qui ne fut pas de l’aval des visiteurs, aurait apprécié, sans conteste, que les nectars chers à Bacchus aient, en 2022, le statut d’invités d’honneur !
Et, là aussi, une nouveauté est de mise, avec le Concours des chardonnays et pinots noirs (premier du nom) qui départagera 126 domaines originaires pour 56 % de l’Hexagone, les autres de tous les continents. Pour ce faire, 150 dégustateurs œuvreront, sous la férule du chef sommelier exécutif du Groupe Bernard Loiseau, Eric Goettelmann, le 7 novembre. A noter qu’un trophée spécial sera destiné aux représentants de la Bourgogne et que celui-ci sera remis lors de la Paulée de Dijon le 12 novembre au sein du Château de Marsannay (la Paulée de Meursault n’est ainsi plus la seule à faire d’elle !)
Tout en jouant à nouveau la carte hybride, avec une présence On line (signe de nos temps modernes), parfaite pour organiser sa visite au demeurant, la Foire, la vraie comme ne manqueront pas de commenter certains, ancrée dans l’ADN de Dijon et des Dijonnais depuis plusieurs générations, vous attend. Avec, notamment, ses cinq nocturnes (les 4, 5, 10, 11 et 12 novembre) qui, n’en doutons pas, seront toujours autant dégustées… L’invité vedette n’est pas le chanteur Philippe Katherine mais l’actrice Laëtitia Milot. Cette artiste qui cuisinera aux côtés du chef étoilé Stéphane Derbord le 6 novembre, a, notamment, joué dans la série « Plus belle la vie ». Nous pourrions ainsi, en guise de dessert de cet article, conclure par cette formule « Plus belle la Foire ! ». Vous comprenez mieux pourquoi, comme nous l’avons glissé en entrée, « la Foire de Dijon… nous adoroooons ! »
Camille Gablo





