Au regard des années 80 où la planète était encore toute proprette, la décennie actuelle est autrement plus glauque : Coluche faisait la « une » avec son sketch du nouvel Omo – « qui lave encore plus blanc que blanc », et les lave-linge régnaient en maître dans tous les foyers, libérant grandement la femme pour le meilleur. Aujourd’hui, on aimerait priver une Sandrine Rousseau de tout arsenal électroménager, tant on nourrit la folle envie de renvoyer la dame au lavoir du village. Elle y aurait toute sa place de cancanière et délatrice invétérée à l’encontre de plusieurs de ses frères d’armes en politique soupçonnés – à juste titre ou peut-être pas – de harcèlement sexuel ou psychologique. Demandons-nous si tout ce tohu-bohu ne masque pas un intérêt politique et une soif d’occuper la scène. Quitte à dénaturer un sujet aussi grave que la violence faite aux femmes en créant un amalgame contre-productif entre les affaires Bayou, Quatennens – bien différentes.
Malheureusement, Sandrine Rousseau fait des émules parmi d’autres lavandières débridées et cornaquées – un comble quand on revendique la liberté d’opinion !- par Mélenchon. Il suffit d’observer le récent comportement à l’Assemblée nationale des députées des Insoumis Danielle Obono ou Mathilde Panot, qui s’y entendent pour faire mousser « la parole libérée des femmes » sans élaborer le moindre programme. L’homme et la femme de bon sens ne peuvent que s’affliger de l’indigence de leur réflexion, de la réduction du débat démocratique à un vaudeville scabreux …
Heureusement, il est des intelligences lucides, bouleversées par la mort de la jeune Iranienne Mahsa Amini, qui ont hué Sandrine Rousseau and co pour avoir tenté de lancer sur le marché médiatique des contrefaçons grossières de la pensée d’une Elisabeth Badinter, d’une Rosa Bonheur ou d’une Flora Tristan. Que toute cette clique marque au moins – faute d’un véritable engagement – du respect pour les Iraniennes et Iraniens, les Afghanes qui luttent au péril de leur vie pour la liberté de penser, pour la liberté de s’habiller selon un choix personnel et non en fonction de la Charia.
Quand ces élues de la Nupes, perverties par le wokisme voire l’islamo-gauchisme rampant, dénonceront-elles le phénomène exponentiel des femmes voilées ou des jeunes lycéennes ralliées au hijab, en signe d’hostilité à notre laïcité, à nos lois françaises ? Enfin, qu’il soit permis de demander si, un jour pas trop lointain, ces mêmes députées des Insoumis ou des écolos s’intéresseront au sort de femmes de l’ombre et du silence, victimes de harcèlement sexuel au travail ou dans la vie conjugale … Nos nanties de la classe politique hésitent à braquer l’éclairage sur l’univers de simples ouvrières, d’humbles salariées dont, sans doute à leurs yeux, « l’image de marque » manque de peps pour faire le buzz sur les réseaux sociaux.
Mesdames, cessez d’amuser la galerie et faites vite le job pour lequel vous êtes élues… Et dire que les médias se sont contentés de quelques lignes pour saluer l’attribution du prix Nobel à Alain Aspect (1), pionnier de la physique quantique ! Peut-être, parce que c’est un homme « normal » qui ne semble pas appartenir à la galaxie des « mâles déconstruits ».
Marie-France Poirier
- Alain Aspert partage cette récompense avec l’Américain John F. Clauser et l’Autrichien Anton Zeilinge : leurs expériences sur l’intrication quantique traduisent la capacité de deux photons à se comporter comme un système quantique unique, même à très longue distance l’un de l’autre – dès lors qu’ils ont interagi dans le passé. C’est là une avancée majeure, ayant ouvert la voie au domaine des nouvelles technologies quantiques, qui révolutionnent aujourd’hui le traitement et la communication de l’information.





