Comment donner du sens à ses placements ?

Investir en tenant compte du respect de l’individu, de la société et de la bonne gouvernance de l’entreprise et de notre environnement peuvent être des objectifs importants et même centraux pour de nombreux épargnants.

Depuis quelques années l’Investissement Socialement Responsable (ISR) restait dans l’environnement financier très marginal. Aujourd’hui cette manière d’investir s’est banalisée.

Mais lorsque l’on parle ISR de quoi parle-t-on ?

L’ISR applique les principes du développement durable à l’investissement. Avant d’investir dans une société, les gérants des fonds ne regardent pas uniquement les données financières (les bilans, les résultats, les dividendes…) mais comment et de quelle manière l’entreprise gagne de l’argent : toutes les décisions prises relatives à l’environnement, au social et à la gouvernance.

Ce sont les critères « extra-financiers ».

Parmi les critères environnementaux, les investisseurs regardent le niveau des émissions de carbone liées à l’activité de l’entreprise dont le chiffre évolue dans le temps. Du coté social, les critères comme le taux d’accident du travail, parité hommes-femmes, le turnover des salariés ou encore comment l’entreprise protège ses données clients, la sécurité des produits.

Pour la gouvernance, les critères comme la rémunération des dirigeants ou l’indépendance du Conseil d’Administration.

Depuis la COP21 en 2015, l’urgence climatique a fait de l’empreinte carbone une donnée importante par les investisseurs. Trois périmètres ont été retenus :

- Le 1er concerne les émissions directement intervenues dans le cadre de l’activité de l’entreprise chauffage, ou carburant pour faire rouler un véhicule)

- Le 2e concerne les émissions indirectes liées à la consommation d’énergie de l’entreprise (électricité).

- Le 3e, plus difficile à quantifier, concerne toutes les émissions en amont ou en aval de l’entreprise : celles des fournisseurs et des clients. Pour les entreprises de l’automobile, ce critère est crucial.

Compte tenu de ces critères, des labels sont attribués aux fonds d’investissement. Le label ISR est décerné par des organismes accrédités et indépendants mais reste encore peu sélectif.

D’autres Labels comme GRENNFIN est dirigé par le Ministère de la Transition Écologique. Il est plus radical. Il cible essentiellement les fonds finançant la transition énergétique.

Le Label Relance récompense des fonds s’engageant à soutenir des PME françaises cotées ou non cotées.

Le Label FINANSOL se consacre à l’Économie solidaire. Il existe depuis 25 ans.

Face à l’engouement des épargnants pour ce type de fonds, les pouvoirs publics et les professionnels de la Finance sont en train de redéfinir les Labels pour que l’on puisse plus facilement s’y retrouver.

Outre les critères ISR, ces fonds sont-ils plus ou moins performants que l’ensemble des fonds disponibles sur le Marché ?

Une étude de 2020 produite par le forum de l’investissement responsable prouve le contraire. Il est affirmé que 59 % des fonds ISR investis en Actions font mieux que les fonds Actions dits « traditionnels ». Cette proportion monte à 82 % pour les fonds diversifiés (avec des actions et des obligations).

Investir dans des fonds qui ont des thématiques environnementales et qui se soucient du bien être des salariés et de la planète tout en dégageant de meilleures rentabilité est certainement un moyen donner du sens à son argent et d’orienter son épargne dans des secteurs et des entreprises d’avenir.